Resident Evil (2026)
Resident Evil (2026)
Bryan, coursier médical, s'engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu'autour de lui le monde s'enfonce dans un chaos total.
L'Avis :
On se retrouve parfois devant des films au sujet desquels on ne sait pas vraiment quoi raconter. Enième adaptation de la saga de jeux vidéo du même nom, "Resident Evil (2026)" est de ceux-là : en sortant de la séance, impossible de véritablement savoir si j'ai aimé ou détesté. J'ai beaucoup aimé certains éléments, d'autres pas du tout. Mais surtout : j'ai à la fois aimé et détesté l'une des principales caractéristiques du film de Zach Cregger, à qui l'on doit "Barbare" et le catastrophique "Evanouis".
Mon intérêt pour ce nouveau Resident Evil étant assez réduit, je ne me suis pas du tout renseigné en amont, je n'ai vu aucune image ou bande-annonce avant de m'asseoir dans la salle, ce qui explique peut-être ma surprise : loin des blockbusters d'action des "Resident Evil" produits par Paul W.S. Anderson avec Milla Jovovich, cette nouvelle version est en fait une comédie horrifique. On rit beaucoup plus que l'on ne frissonne, Cregger assumant pleinement de détourner en dérision l'univers de la saga. C'est parfois un peu frustrant, car on sent que le réalisateur sait installer une ambiance, jouant sur les cadres, sur le hors-champs, mais choisit de systématiquement les ponctuer d'une petite blague par-ci, d'une réaction grotesque par-là, ou encore d'un jump-scare idiot. Mais finalement, ne ressent-on pas exactement devant le film ce que pourrait ressentir un ami nous regardant jouer aux jeux ?
La saga vidéoludique n'a en effet que rarement brillé par sa finesse, nous plongeant constamment dans une espèce de série B un peu grotesque si on l'observe en tant que spectateur et non en tant que joueur. Les mécanismes de jeu, les réactions des personnages, les ficelles scénaristiques ne fonctionnent que manette en main. Et j'ai eu l'impression que c'est exactement ce qu'a voulu retranscrire Zach Eggert. Le personnage principal est un gamer, sans compétence particulière, maladroit, paniquant devant chaque situation, dont les réactions semblent parfois davantage dictées par une vie à jouer à des jeux vidéo que par la logique. Un cadenas bloque une porte ? Son premier réflexe sera de tirer dessus pour essayer de le détruire. Un portail métallique est fermé ? Il foncera dessus à tombeau ouvert. Tout le film est rythmé par ce rapport entre réalité et jeu vidéo, et je dois bien admettre avoir trouvé cet anti-héros crédible... et très drôle, souvent à son insu. La ressemblance troublante entre Austin Abrams (que l'on retrouvera prochainement dans "Englouti") et Martin Short ("L'Aventure intérieure", "Mars Attacks") n'est sans doute pas étrangère à la sympathie qu'il dégage.
On pourra néanmoins regretter l'omniprésence de ce côté humoristique, notamment lorsqu'ils conduisent Bryan à systématiquement effectuer les mauvais choix. Dommage également, comme je le disais plus tôt, qu'il prenne le pas sur l'horreur, car le film réserve quelques passages assez glauques et malsains (le passage de la maternité par exemple), et Cregger sait installer un véritable malaise : les vingt premières minutes du film sont à ce titre assez remarquables. Enfin, le film se montre assez violent et sanglant, même si certains effets numériques sont assez ratés.
"Resident Evil (2026)" n'est franchement pas le film auquel je m'attendais. Pourtant, à bien y regarder, c'est sans doute l'adaptation qui se rapproche le plus de la saga de jeux vidéos, et notamment des premiers épisodes, avec un vrai aspect survival et une vraie approche de série B un peu grotesque, sans trop forcer sur les clins d'oeil (le film est bourré de petites références, sans éprouver le besoin de nous les roter à la tronche comme le faisait "Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City"). J'imagine que l'on pourra râler parce que les zombies et créatures du film n'ont pas grand chose en commun avec ceux des jeux, mais à choisir, je préfère largement ça aux lickers et au Nemesis ratés que l'on a déjà pu voir sur grand écran. Reste à voir si l'aspect "comédie horrifique" et très... "méta" vous plaira. Pour ma part, je ne sais pas vraiment, mais je ne me suis pas ennuyé une seconde.