Affiche française
Violent Shit 4 - Karl the butcher vs Axe | Violent shit 4.0 | 2010
Affiche originale
Violent Shit 4 - Karl the butcher vs Axe | Violent shit 4.0 | 2010
Date de sortie
Pays
Couleur ?
oui

Violent Shit 4 - Karl the butcher vs Axe

Violent Shit 4.0 - Karl the butcher vs Axe

Dans un univers post-apocalyptique, Karl the Butcher est ramené sur terre pour tuer Axe, mais il va vite devoir se frotter aux diverses factions qui se font la guerre pour survivre...

Violent Shit 4 - Karl the butcher vs Axe | Violent shit 4.0 | 2010

Suite aux terribles événements de Violent Shit 3, qui faisait lui-même suite aux terrifiants événements de Violent Shit 2, qui lui aussi faisait suite aux incroyables événements de Violent Shit 1, Violent Shit 4 n'a rien à voir.

Aaaaaah !

Andreas Schnaas ! Si comme moi vous êtes un fan de gore underground, ce nom ne peut que raviver des souvenirs émus. Des souvenirs à base de colonne vertébrale extraite par un crochet dans le rectum, ou bien d'un vagin agrafé façon atelier cours-moyen voire d'un ninja coupé en deux dans le sens de la largeur pendant un coup de pied sauté.
De bons souvenirs quoi ! Et ces souvenirs portent un nom : "Violent Shit". Etendards du gore artisanal et amateur des années 90, ces films ont eu un impact conséquent dans les milieux autorisés, avec comme heure de gloire chez nous, l'édition de "Infantry of Doom" en VHS chez l'éditeur culte Uncut Movies que votre serviteur possédait, et qui a été poncée par les trois têtes de lecture de son magnétoscope de l'époque.

Bref, en 2025, tout cela fait juste vibrer la corde nostalgique des vieux cons comme moi tant notre époque est saturée de gore pas du tout underground qui éclaboussent avec brio les écrans de cinéma (et c'est tant mieux). Mais n'oublions pas d'où l'on vient ! C'est pourquoi j'ai craqué quand j'ai eu vent de l'existence d'un coffret DVD (pas blu-ray, faut pas déconner non plus) regroupant toute la série des "Violent Shit". Toute ? Non. Il manque en effet la dernière entrée de la série "Violent Shit : The Movie" mais bon, n'étant pas réalisée par Andy Schnaas, on va dire que c’est pas trop grave.

Mais l'intérêt de la chose c'est bien le reste, à savoir la trilogie originelle, dont je n'avais vu que le 3ème volet susmentionné. Et quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'il existait un QUATRIEME volet !! Dans quelle grotte ai-je donc vécu pendant 20 ans pour avoir raté cette information essentielle à toute vie accomplie ??
Voici donc le compte-rendu de cette découverte inespérée, j'ai nommé "Violent Shit 4.0 - Karl the Butcher VS Axe".

Le film sort en 2010, soit 11 ans après le 3ème opus, et premier fait marquant : il n'est pas uniquement réalisé par Schnaas, mais co-réalisé en compagnie de Timo Rose.
Ce dernier est un honnête contributeur à l'autel du gore allemand, avec des films sympathiques comme "Barricade", ou "Game Over".
Tout cela est donc de fort bon augure ! Hélas, la déception n'en sera que plus grande. Car oui, spoiler alert, "Violent Shit 4" est mauvais. Très mauvais.

Je vois d'ici certaines mauvaises langues : ouais, enfin c'est pas comme si les autres étaient des chefs d'oeuvre loooool. C'est vrai, mais il y a mauvais et mauvais. Il existe même cinquante nuances de... Oh putain, qu'est-ce que j'allais dire ! Tous les amateurs d'underground comprendront où je veux en venir. Le mauvais fait partie de notre quotidien. On a appris à l'aimer, à le chérir, et à le défendre. Mais parfois, même le mauvais est trop mauvais. (Vous me suivez ?)

Commençons par le commencement !
Le film commence avec une scène montrant la réssurection de Karl le boucher, dormant tranquillement en enfer, et réveillé par une femme nue (vous verrez souvent ces deux mots associés, je vous préviens). Le diable apprend à Karl qu'il a décidé de le renvoyer sur terre pour tuer un mystérieux personnage du nom de Axe.
Pourquoi ? On s’en fout. Après s'être dégourdi la hache en massacrant la femme nue (et pourquoi pas ?) hop, Karl se retrouve sur terre, dans un monde post-apocalyptique (en fait, un monde en grève des éboueurs, appelons ça un monde post-détritulyptique) où s'affrontent diverses factions de survivants, dont Axe et sa fille.
A partir de là, oubliez tout semblant d'histoire. Le film ne sera grosso-modo qu'une succession de combats où de scènes d'exposition des dites factions, avec à CHAQUE FOIS, le nom de chaque personnage affiché à l'écran, comme s'ils étaient tous primordiaux, alors qu'à l’heure où j'écris, je serais incapable de me rappeler d'un seul nom.
On aura donc (merci wikipédia) droit aux "Gang Loco", "Black Monks" et la faction des femmes avec leur reine "Queen Scara" entre autres...

Tout ce beau monde va donc se faire la guerre, avec au milieu de tout ça, Karl qui cherche Axe, et qui va vite le trouver, pour finalement s'allier à lui car... SPOILERS !! C'est son fils.
Axe. Enfin donc Karl c’est son père. De Axe. Suivez car c’est le truc le plus complexe du film. Bon, un pitch totalement anecdotique et prétexte, mais on est habitué à cela, et ça fait presque partie du charme. D'ailleurs, je serais bien incapable de vous résumer l'histoire de "Violent Shit 3" comme ça, de tête.

Comme on peut s'y attendre, le budget est ridicule, et cela se voit. Les décors sont de simples terrains vagues ou décharges, et les intérieurs sont de magnifiques pièces vides affublées de rideaux, avec des décorations sûrement peintes par une classe de primaire. Qu'à cela ne tienne, on est là pour le gore !

Ah oui, aussi, les acteurs sont affligeants. Attention, c'est quelqu'un qui ne trouve jamais rien à redire à des acteurs sortis des pires séries Z qui vous dit ça.
On touche ici à un niveau abyssal du cabotinage, ça en devient gênant. Mais qu'à cela ne tienne, on est là pour quoi ?? POUR LE GORE ! Merci public.

Je vais vous faire un aveu. Le film fait illusion pendant 20 minutes environ.

Passés les déconvenues décrites un peu plus haut, on a le droit à quelques scènes sympathiques, dans la lignée de la série. Par exemple, une femme nue (je vous avais prévenu) massacrée (ET POURQUOI PAS ??) par Karl avec des effets gores pas trop mal, et surtout une scène d'exposition de la faction des femmes (je n'ai pas d'autre nom, elles ne méritent pas d'être appelées amazones) qui est malheureusement le meilleur passage du film, et qui nous montre la reine en train de s'abreuver de semence masculine via un appareil appelé "Sperminator" posé sur le sexe d'un pauvre esclave, et qui finira émasculé une fois la donzelle rassasiée, dans ce qui est le meilleur effet gore du film.

A ce moment du film, je me dis "ooooh prometteur tout ça ! Du gore, et du malsain craspec, encore !!!". Eh bien non mesdames et messieurs. C'est terminé.

A partir de ce moment, le film va se noyer dans les abysses de la nullité, et à tous les niveaux. Comme si les réalisateurs avaient tout donné dans ces 20 premières minutes.
T'as l'impression de jouer à un vieux jeu d'arcade de l'époque des salles enfumées, où les jeux mettaient tout dans le 1er niveau pour attirer les joueurs, et ensuite plus rien.
D'ailleurs, la comparaison avec les jeux vidéos n'est pas fortuite tant le film essaie de s'en approprier les codes. J'ai déjà parlé de la présentation systématique de TOUS les personnages, façon boss de fin de niveau. Mais on aura aussi le droit à des incrustations de type “Fight !” style Street Fighters et enfin une parodie pathétique de "Mortal Kombat" et son "Finish Him" qui a le comble d'être moins gore que le jeu d'origine.

S'ensuit donc un amoncellement de combat sans queue ni tête, et surtout ni gore. Car voilà le problème du film. Passé la scène du “Sperminator”, le gore est quasiment au abonné absent. On aura sans arrêt la sempiternelle exécution vu de dos, avec juste un geyser de sang qui dépasse. Mais pardon ? Depuis quand c’est gore ça ? On voit pire dans le moindre film Netflix ! De la décapitation de bas étage également. Des trucs vus et revus. N’espérez surtout pas des trucs du niveau de “Infantry of Doom” ou même “Violent Shit 2”, pourtant tournés plus de 10 ans avant. Quelle régression… Quelle déception. Où est la passion du gore qui tâche et qui choque ? Comment ces deux artisans respectables ont pu croire que ça allait suffire pour combler les attentes des fans ?

Oh, on aura bien quelques effets vers la fin, mais encore une fois, très en deçà des anciens travaux des deux compères.

Et parlons un peu de la circonstance aggravante. L’humour. Mon traitement de texte vient de surligner en rouge le mot “humour” associé avec ce film, c’est dire. On ne peut pas appeler ça de l’humour. On est dans le lourdingue absolu. Même au 1000ème degré, c’est affligeant. Vous voulez un exemple ? Quand un combattant tape un autre, et qu’il s’envole (sans aucune raison) comme un romain dans Astérix, avec en plus un effet digital dégueulasse. Hilarant. Attention, le meilleur pour la fin (SPOILER !!!) : Karl révèle finalement qu’il n’est pas le père d’Axe, mais… SA MÈRE. Désolpilant. (C’est un mélange de désopilant et désolant)

Autre truc affligeant : le traitement de la nudité. Je suis pourtant TRÈS tolérant sur la nudité féminine au cinéma d’exploitation (bah ouais, c’est même un des ingrédients essentiels, on se refait pas, j’irais en enfer). Mais là, même moi j’ai soufflé du nez tant les scènes de nudité sont gratuites. J’ai déjà parlé des femmes nues massacrées au début, mais comment réagir face à cette complaisance des scènes de la tribu des femmes ? 3 guerrières ensemble, il faut FORCÉMENT qu’elles se lèchent le corps. Elles vont partir combattre ? Hop, on se fout seins nus. C’est vraiment abusé. Est-ce partie intégrante de la dimension comique du film. Impossible à dire avec certitude, mais dans tous les cas, c’est plus le malaise qu’autre chose (et ce même si les actrices sont charmantes, sauf leur respect).

Bref, au final, tout est raté. Gore ? Raté (hormis une scène ou deux). Humour ? Raté. Érotisme ? Raté. Film ? Raté.

Voilà la conclusion assez simple de tout cela. “Violent Shit 4” est raté. Indigne de ses prédécesseurs. Si vous êtes vraiment un passionné comme moi, matez jusqu’à la scène du “sperminator”, mais épargnez-vous le reste et revoyez plutôt le 3ème opus. Schnaas n’est plus que l’ombre de lui-même ici, et en lisant une interview de Timo Rose, il apparaît d’ailleurs qu’il voulait arrêter le cinéma mais qu’il aurait été convaincu finalement de revenir derrière la caméra par son collègue. Il y a parfois des choses qu’il faut laisser mortes Timo.

Pour la petite histoire, j’ai enchaîné ce film avec “Bone Sickness” (chroniqué aussi sur le site) et la différence est flagrante. On a d’un côté un film paresseux et dépourvu de qualités, et de l’autre une passion qui dépasse ses moyens limités.

Andreas Schnaas est mort, vive Brian Paulin !

Violent Shit 4 - Karl the butcher vs Axe | Violent shit 4.0 | 2010
Violent Shit 4 - Karl the butcher vs Axe | Violent shit 4.0 | 2010
Bande-annonce
Note
1
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Manard Ultravomit