Couverture française
Village des damnés - le | Midwich cuckoos - the | 1957
Auteur
Editeur
Date de parution (France)
Pages

288

Langue

français

Village des damnés - le

Midwich cuckoos - the

Une nuit, la paisible bourgade britannique de Midwich est coupée du monde, et tous ceux qui y vivent perdent conscience. Pourtant, dès le lendemain, le champ de force invisible qui régnait sur le village disparaît, et la vie quotidienne reprend, comme si rien ne s’était passé. Jusqu’au jour où toutes les femmes découvrent qu’elles sont enceintes… Neuf mois plus tard, elles donnent naissance à trente garçons et trente filles aux yeux dorés. Sont-ils une bénédiction ou un danger ?

L'AVIS :

Si vous êtes amateur de cinéma fantastique et de science-fiction, il est impossible que vous n'ayez pas vu ce classique anglais de 1960 qu'est "Le Village des damnés" de Wolf Rilla, dont John Carpenter fera un remake assez anecdotique pour le coup en 1995. Cette histoire d'enfants extra-terrestres est d'une grande maturité et faisait entrer la science-fiction et l'épouvante au cinéma dans un cadre plus adulte pourrait-on dire, plus ancré dans la réalité que les films de vampires ou autre monstre de Frankenstein.

Pour réaliser son film, Wolf Rilla s'est donc servi d'un roman de 1957, écrit par John Wyndham, que Stephen King qualifie de meilleur auteur de S-F que l'Angleterre ait jamais produit ! Eh ben ! Les éditions J'ai Lu nous ont offert il y a quelques mois le roman Le Jour des Triffides, dont vous pouvez retrouver la chronique sur notre site bien sûr. Ils récidivent donc avec Le Village des Damnés et on ne pourra que les remercier de nous permettre de (re)découvrir le roman originel, qui plus est dôté d'une très belle couverture, comme c'était déjà le cas avec le roman précité dans ce paragraphe.

Tout le début du roman est assez fidèle à son adaptation de 1960 et 1995. Il se déroule un curieux phénomène à Midwich, petit village anglais toujours très calme, où il n'arrive jamais rien de spectaculaire. Sauf que là, il semblerait qu'un engin spatial se soit posé avant de disparaître. Et qu'un périmètre invisible à l'oeil nu plonge quiconque pénètre à l'intérieur dans une sorte de sommeil prolongé, qu'il soit humain ou animal. Face à cet événement incongru, les pontes de l'armée et les forces de l'ordre arrivent en renfort pour tenter de déterminer la cause de ce phénomène et la taille du périmètre de danger. Un danger qui se voit annihiler dès le lendemain et la vie reprend alors son cours normal pour les habitants de Midwich, qui ne se souviennent de rien. Tout est rentré dans l'ordre, du moins en apparence puisqu'on découvre que les femmes de Midwich sont toutes tombées enceinte et ce, sans forcément avoir eu de rapport sexuel auparavant, même les vierges étant touchées par ce nouveau phénomène incompréhensible.

Arrive alors la grosse différence entre le roman et ses adaptations à l'écran. Chez Wyndham, neuf mois plus tard, c'est 60 enfants qui naissent suite à ces maternités imposées alors que dans les deux films, on dénombre environ entre 6 à 9 enfants au total. Une différence numéraire peu impactante au final puisque le romancier n'utilise jamais sa soixantaine d'enfants en même temps. Ces derniers possèdent bien l'apparence affichée dans les films : blond comme les blés, yeux brillants et don de télépathie et de suggestion accrue. Le récit fait assez flipper quand on découvre qu'apprendre une chose à un seul enfant permet au 59 autres d'acquérir le même savoir, même s'ils n'étaient pas sur place. 60 enfants, un seul esprit commun.

L'épouvante monte progressivement au fil des pages, quand les principaux protagonistes, différents de ceux des films d'ailleurs, comprennent les mécanismes qui opèrent chez ces enfants ainsi que le danger potentiel qu'ils représentent. Plus ils grandissent, plus ils imposent leur volonté aux habitants, les empêchant de quitter le village ou se vengeant de manière assez brutale envers ceux qui tenteraient de leur faire du mal, même si l'intention n'y était pas.

Si le rythme du roman est assez posé, tout s'accélère avec les derniers chapitres, qui prennent une tournure assez philosophique sur le rapport de force entre deux races vivants sur une même planète. Les enfants expliquent pourquoi l'affrontement sera inévitable dans le temps, ayant tout à fait cosncience de la menace qu'ils font peser sur l'Humanité toute entière. La longue discussion entre un enfant et un des héros du roman est particulièrement soignée par John Wyndham, discussion qui fait courir un doux frisson sur notre échine.

En somme, ce roman est un parfait complément aux deux films car il explique plus de choses, nous donnant plus d'information sur cette menace bien réelle que sont ces curieux enfants de Midwich.

Encore un vrai classique de la littérature de S-F pour John Wyndham, un auteur à redécouvrir séance tenante.

https://www.jailu.com/le-village-des-damnes/9782290414446

Note
4
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Stéphane Erbisti