ULTRASOUND

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Après une panne de voiture alors qu’il revient d’un mariage, Glen passe une nuit étrange avec un couple, dont le mari semble n’avoir rien contre le fait que Glen couche avec sa femme, la charmante Cyndi. Mais cet épiphénomène en apparence déclenchera une série d'événements qui modifieront la vie des protagonistes suscités ainsi que celle de plusieurs inconnus, comme Katie, une jeune femme qui est dans une relation étrange avec un homme semblant marié ou encore Shannon, une scientifique qui participe à une étude pour le moins singulière...

ULTRASOUND | ULTRASOUND | 2021

L'AVIS :

Avec Ultrasound, Rob Schroeder signe un film de science-fiction indépendant particulièrement original, qui préfère les idées et la manipulation du spectateur aux effets spectaculaires. Le film commence de manière volontairement déstabilisante : après une panne de voiture en pleine nuit, Glen est recueilli par Art et Cyndi, un couple dont l’hospitalité, trop parfaite pour être honnête, finit rapidement par susciter le malaise. À partir de là, le récit se fragmente et introduit d’autres personnages, notamment Katie et Shannon, dont les histoires semblent d’abord totalement indépendantes.

C’est justement cette construction qui fait à la fois la force et la faiblesse du film. Ultrasound nous manipule autant que ses personnages, en distillant progressivement des indices et en brouillant constamment la frontière entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Les révélations successives permettent finalement de remettre en place les différentes pièces du puzzle et donnent une certaine satisfaction au spectateur. On pense parfois à du David Lynch pour l’étrangeté de l’ambiance et la difficulté à tout comprendre du premier coup (rappelez-vous des biens surprenants "Lost Highway" et "Mulholland Drive" !), puis davantage à la série Black Mirror lorsque le métrage dévoile son concept de manipulation mentale par les ultrasons. Le tout évoque également, par sa construction et ses jeux avec la perception, un Christopher Nolan en version beaucoup plus modeste avouons-le.

Côté acteur, on retiendra surtout la partition de Vincent Kartheiser (vu dans "Time Out", ainsi que dans les séries Mad Men et Angel) impeccable en mec complètement dépassé par les événements, ainsi que Bob Stephenson dans un rôle bien flippant d’hypnotiseur/mentaliste aussi fort que Messmer, c’est dire !

Le concept est sans doute l’élément le plus intéressant du film. En s’appuyant sur l’hypnose, la suggestion mentale et l’idée d’une manipulation constante des individus, Ultrasound développe une réflexion assez fascinante sur notre capacité à distinguer nos propres choix de ceux qui nous sont imposés.

Tout n’est cependant pas parfaitement maîtrisé. Le rythme est assez lent et certaines longueurs se font sentir, tandis que l’introduction de nouvelles histoires et de nouveaux personnages peut rendre l’ensemble franchement confus. Le traitement manque parfois de fluidité et l’exécution n’est pas toujours à la hauteur d’un concept pourtant particulièrement séduisant. Heureusement, les révélations finissent par donner du sens à une bonne partie de cette confusion et permettent au film de conserver son intérêt jusqu’à la fin.

Malgré ses quelques défauts mentionnés ci-avant, Ultrasound constitue une belle découverte. C’est le genre de petit film indépendant dont l’ambition et l’originalité dépassent largement les moyens. Une expérience intrigante, parfois maladroite mais suffisamment inventive pour retenir l’attention et donner envie de suivre le travail de son réalisateur. Reste à espérer qu’il pourra un jour disposer de moyens plus importants pour développer des idées aussi stimulantes avec une mise en scène à leur hauteur.

ULTRASOUND | ULTRASOUND | 2021
ULTRASOUND | ULTRASOUND | 2021
Bande-annonce
Note
3
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Vincent Duménil