FRIGHTVISION
FRIGHTVISION
Préparez-vous à cinq histoires terrifiantes et tordues, animées par la sinistre succube préférée de tous, le Dr Boobenstein. Avec des renardes vicieuses, une brume carnivore, des dieux aztèques vengeurs, des cadavres parlants, un Père Noël sinistre et bien plus encore. Alors, installez-vous confortablement, éteignez les lumières et préparez-vous à vivre vos pires cauchemars !
L'AVIS :
Je dois admettre que je n'avais aucune attente réelle en ce qui concerne l'anthologie d'horreur Frightvision de 2020 lorsque je me suis assis pour la visionner il y a peu. Etant tombé dessus par hasard et au vu de sa jaquette, je me disais que cette œuvre avait l'air suffisamment ringarde pour y prêter attention. Et comme je suis assez fan des films à sketches horrifiques, j'ai bien sûr choisi de lui donner sa chance. Erreur fatale ! Et même si j’aime bien les métrages à petit budget faits maison, quand ils sont agréables à regarder et réalisés avec soin et amour, ici c’en était trop pour moi ! Effets spéciaux horribles dignes des meilleurs jeux vidéo des années 90, hyper mauvais jeu d'acteurs sélectionnés aléatoirement au PMU du coin ou dans un bouge rue Saint-Denis tellement ils sont tous laids, décors cheap au possible, histoires atroces parfois sans réelle fin mais pourtant écrites à plusieurs mains, non vraiment tout est à jeter ici ! Le pire étant qu’ils n'ont même pas réussi à trouver un décor suffisamment décent pour leur Elvira du pauvre, le Dr Boobenstein (sic) qui semble assise devant un rideau en débitant son texte comme lu sur un prompteur avec un accent digne du pire imitateur qui soit ou pareil au tonton beauf gênant qu’on a tous et qui a décidé de se lancer dans les imitations quand il est un peu bourré…
Vous l’aurez compris, Frightvision est présenté et entrecoupé d’interludes mettant en scène le Dr Boobenstein annonçant chaque court-métrage, celle-ci est interprétée par la reine du cinéma indépendant, Rebecca Rinehart, qui ne gagne pas à être connue et reconnue, mais pourtant seule « star » du film, c’est dire !
On commencera ainsi notre train des horreurs par Inanis qui nous présente l’histoire de deux jeunes femmes vendant leur corps aux hommes et qui vont même se lancer dans l’industrie pornographique, en attendant mieux. Et elles peuvent attendre longtemps vu leur physique, les donzelles ! Où sont-ils aller les chercher ? Tout ce que l’on peut dire c’est que ce récit était bien inutile ! Il n'avait aucun sens. Étaient-ce des femmes démoniaques, des vampires, des succubes ? Quel était leur but ? On finit par un homme qui a fait un cauchemar avec des femmes qui s'enlacent. WTF ?
Dans Skelevil, la chute d’une mystérieuse météorite sur Terre va libérer une brume verte s’avérant mortelle à tous ceux qui y restent trop longtemps exposés. Cette deuxième histoire était un peu meilleure que la précédente, enfin moins pire, avec une trame s’apparentant à un épisode de la série "La quatrième dimension". Cependant, la comparaison s’arrête là car avec un jeu d'acteur vraiment nul et surtout des SFX aussi pathétiques, ce segment au scénario pourtant viable était bien vain ! C’est bien simple, après le passage du brouillard verdâtre meurtrier, les personnages sont simplement remplacés par des squelettes après que la caméra ait fait un panoramique ! Que dire ?
C’est ensuite au tour de Chewed qui met en images le récit d’une femme d’affaires opposée, dans un bureau avec des preuves à l’appui, à des hommes a priori responsables de maux divers et qui vont payer le prix fort de leurs exactions diverses touchant tous les secteurs d’activité. Ce troisième récit avait un peu plus de valeur scénaristique, mais était lui aussi accompagné d’effets spéciaux bon marché, toutefois pas si catastrophiques que cela pour un si petit budget. Mais quel était vraiment son but ? Celui de montrer une misogynie belliqueuse qui se transforme en bad trip parce que l’homme est vil et les Dieux veulent donc se venger qu’ils maltraitent autant la planète Terre ? Qui s’en soucie ?
Alan Has Some Time To Kill narre, quant à lui, le récit d’Alan, un pauvre type se payant une escorte pour la première fois de sa vie mais qui va la tuer sans faire exprès. Ce n’était pas le plus mauvais segment et il pouvait même prêter à sourire car sa fin est relativement bien réussie et en plus on voit pendant quelques minutes la ravissante poitrine de Cat Mattis ! Toutefois, côté gente masculine, ce n’est pas la joie ! Notamment chez Rick Jermain, également scénariste et interprétant Alan ! Le pauvre, il a failli être beau !
On conclura ce charmant tour des ignominies avec Axemas 2: Blood Slay, un segment dans lequel un Père Noel meurtrier va s’en prendre à de pauvres hères vivant dans des box de location. Hormis un meurtre au sapin sympathique et quelques plans rappelant mais de très loin le classique "Douce nuit sanglante nuit", ce récit était assez confus au niveau des protagonistes et de son histoire tout court ! Heureusement, c’était le dernier sketch !
En résumé, cette tentative de divertissement à l’investissement malingre est pitoyable et même pas attendrissante. Le jeu des acteurs était infect, l'image dégueulasse au possible et le scénario bien mauvais. Bref, c'est l'un des pires métrages de tous les temps tellement c'est pathétique même si ça se veut généreux car amateur ! La seule véritable horreur, c'est le film lui-même ! Alors faites-vous plaisir et ne perdez pas 103 minutes avec cette œuvre indigeste !