CREEPSHOW (SAISON 4)
CREEPSHOW (SEASON 4)
Creepshow, la série d'anthologie inspirée du classique de 1982, vous promet des frissons garantis ! Avec des histoires de bandes dessinées qui prennent vie, impossible de prédire ce qui vous attend à la page suivante ou plutôt dès l’épisode suivant !
L'AVIS :
Après une petite pause de deux ans due à un après Covid mal géré, la quatrième saison du show développé par Greg Nicotero est finalement sortie sur la plateforme Shudder pour la fête d’Halloween de 2023. Au programme, on a toujours des contes moraux inspirés des publications EC Comics des années 50 avec à chaque fois un double programme nanti de deux épisodes souvent macabres et présentés, mais aussi conclus, par le fameux Creeper qui adore voir ses protagonistes corrompus châtiés par un retour de karma bien mérité !
Episode 1 : 20 minutes avec Cassandra / Souriez !
Twenty Minutes with Cassandra : Comme tous les soirs, Lorna rentre seule chez elle, quand soudain une certaine Cassandra frappe à sa porte en l'implorant de lui sauver la vie et de l’accueillir chez elle. La jeune femme serait pourchassée par un monstre…
Ce premier segment n'est clairement pas pour tout le monde. Il commence de manière intense et intrigante, même si on sent bien que Cassandra cache évidemment quelque chose, puis bascule dans l'humour noir pour finalement aboutir à une réflexion psychologique voire métaphysique sur la peur. Je l'ai apprécié, notamment lors de certaines scènes dont une avec le livreur de pizzas ou encore celle du dialogue avec le monstre sur le canapé. Les deux actrices principales jouent très bien, toutefois la fin s’éternise un petit peu, ce qui gâchera un peu notre plaisir même si c’était, pour le coup, fort original !
Smile : James et Sarah passent une excellente soirée à fêter la distinction que James vient de recevoir pour une de ses photos. Cependant, des événements perturbants se produisent au cours de la soirée, et quand ils rentrent chez eux, leur fils a disparu…
Cet épisode met en scène un photographe primé, spécialisé dans les clichés saisissants et les rencontres sordides entre la vie et la mort. Après avoir célébré son succès, sa culpabilité, ses peurs, les fantômes de son passé et sa conscience le rattrapent cruellement. Même si la fin est attendue, ce segment s’en sort bien car le rythme est bon et haletant avec ce stalker semblant à chaque fois avoir une longueur d’avance sur ce couple, mais il sera toutefois plombé par une scène complètement débile dans une piscine avec une mère qui assiste à une noyade sans rien faire, quel dommage !
Episode 2 : La rançon de la gloire / La faim justifie les moyens
The Hat : L’agent d’un romancier d’horreur qui connaît l’angoisse de la page blanche lui prête le chapeau porte-bonheur que portait un célèbre écrivain lorsqu’il rédigea ses chefs-d’œuvre. L’auteur en difficultés n’y résiste pas, le succès a toutefois un coût…
Bien évidemment, on se doute bien que dès qu’il aura le couvre-chef sur la tête, notre écrivain en manque d’inspiration va voir son écriture s'accélérer et qu’il va se mettre à écrire livre après livre dont certains best sellers. Mais voilà, comme cela était peu ou prou prévisible, c'est une malédiction dont il s’agit : le chapeau (celui qu’un certain Stephen Bachman qui écrivait 2 livres par an portait lui-même, belle référence et beau clin d’œil à notre ami King !) est hanté par une faim insatiable qui le dévore ! Bien scénarisé, bien interprété, ce segment aux faux-airs de "Le festin nu" de Cronenberg avec ses bestioles peu avenantes reste fidèle à l'esprit de "Creepshow" notamment sa conclusion et plaira aux fans de la série dont moi le premier !
Grieving Process : L’épouse de Richard, un chef cuisinier, est attaquée dans la rue et ne s’en remet pas à tel point qu’elle devient la coquille vide de la femme qu’il avait aimée. Prêt à tout pour l’aider à se retrouver, il ira jusqu’à commettre l’impensable…
On voit là un homme marié et amoureux dont la vie paisible change drastiquement lorsque sa femme se fait agresser. Sa vie bascule alors à jamais car son épouse semble prendre plaisir à se nourrir de sang et de chair humaine, mais la situation se complique lorsqu'on découvre l'origine de son désir et de sa contamination ! En résumé, cette histoire est relativement bien écrite, assez riche en rebondissements et le gore et la violence sont à la hauteur des standards de la série. Que demander de plus ?
Episode 3 : Spectre familial / La veuve noire
Parent Death Trap : Lyle est un garçon riche mais protégé par des parents très exigeants qui veulent contrôler sa vie et tout choisir pour lui. Il décide de leur faire payer cher leur ingérence dans ses affaires. Lorsqu’il trouve enfin le bonheur auprès de Violet, la fille de ses rêves, tout semble aller pour le mieux, mais les fantômes du passé menacent de tout gâcher pour Lyle, car il n'a jamais pu échapper à ses géniteurs !
Ce segment, même si le résumé ci-avant ne le mentionne pas très clairement, ressemble à pas mal de métrages (comme "Ghost" ou "Fantômes contre fantômes") dans lesquels des spectres vont plus ou moins aider des proches ou descendants de leur famille. Ce qui sera le cas ici avec Lyle qu’on pense être un enfant bien sage voire un peu coincé mais qui a tout de même occis ses parents trop despotiques ! Autrement dit, on est en terrain connu et vous l’aurez compris, les scénaristes ont voulu faire de l'humour, mais l'équilibre entre horreur et comédie n'est pas toujours bon, et la plupart des blagues tombent à plat, mais même si cet épisode est le pire jusqu'à présent de cette saison 4, il n’est pas non plus vraiment mauvais.
To Grandmother’s House We Go : Ce deuxième court met en scène Marcia, une femme séduisante et vénale devant emmener sa belle-fille rendre visite à sa grand-mère afin de lui réclamer son héritage. Le périple de la marâtre avide d’argent va évidemment les mener vers un endroit insolite, ici une forêt inquiétante où semble habiter une étrange créature velue très active les soirs de pleine lune…
Agrémenté d'une touche d'horreur divertissante, ce récit réserve une fin surprenante et inattendue. Voilà donc une adaptation originale et décalée du « Petit Chaperon rouge ». Un épisode distrayant et sanglant, en accord avec la série.
Episode 4 : Pas de pitié pour les vampires / Game Over
Meet the Belaskos : Les Belaskos, une famille de vampires pacifiques, emménagent dans une petite ville a priori paisible, mais c’était sans compter sur un voisin qui déteste les êtres aux longues canines...
Cette première histoire est vraiment pas mal. Elle n'est pas axée sur l'horreur, mais elle est très bien interprétée, avec une écriture et un jeu d'acteur de bonne facture. L'histoire est divertissante, avec quelques scènes et moments angoissants, mais elle se situe plutôt dans une veine romance/horreur avec ces deux êtres que tout oppose mais qui vont s’aimer malgré tout. Et contrairement à certains épisodes, elle minimise considérablement l'aspect burlesque qui pourrait gâcher plusieurs séquences. La fin est également satisfaisante et réussie, pouvant rappeler certains métrages comme "Warm bodies".
Cheat Code : Un père et son fils recréent des liens en jouant ensemble à un jeu vidéo, mais découvrent rapidement pourquoi il avait été abandonné dans un vieux carton…
Ce deuxième segment est également très bon. Bien qu'il rappelle certains films d'horreur ou de malédiction, le jeu des acteurs est convaincant et l'histoire captivante de bout en bout. Pas de véritables moments d'épouvante ici non plus, mais au moins, les scénaristes n'essaient pas de compenser par un humour douteux. Ce court, comme le premier, est davantage axé sur le drame et les personnages, et cela fonctionne plutôt bien. Il rappellera à tous les fans des années 80/90 les vieux jeux NES, Sega ou Nintendo quasi impossibles à terminer, et que certains tentent encore de finir aujourd'hui. En résumé, c'est un récit sans gore ni véritables frayeurs, mais bien plaisant à visionner d’autant que l’on retrouve au casting Lochlyn Munro, un acteur canadien abonné aux seconds rôles mais au faciès sympa et déjà vu dans "Le bazar de l’épouvante", "Scary movie", "Freddy contre Jason" ou encore "The Predator", rien que ça !
Episode 5 : Le Minhocáo / Sombres desseins
Something Burrowed, Something Blue : Sentant sa fin approcher, Frank veut renouer avec sa fille Allison, à qui il n'a pas parlé depuis des années. Arrivera-t-il à lui transmettre ce secret familial si singulier ?
Cette première histoire met en scène Frank (Tom Atkins, vu dans le film original de 1982, "Fog", "New York 1997", "Halloween 3: Le Sang du sorcier"), un vieil homme riche qui souhaite renouer avec sa fille oubliée et son compagnon, tous deux attirés finalement par l’héritage conséquent du vieillard en fin de vie. Seulement voilà, il fait faire une bien insolite promesse à son futur gendre : celle de garder une sorte de gouffre renfermant un monstre terrible, Le Minhocáo, en sacrifiant de temps à autre une personne de son choix. Mais il faut agir vite et trouver quelqu’un parmi les convives du mariage avant que la bête ne sorte de son trou !
Encore une fois, c’est relativement sympa pour qu’on s’y intéresse car c’est intrigant, assez sanglant et le retour de bâton envers les êtres vénaux est toujours fort appréciable !
Doodles : Angela se retrouve à Seattle où elle rêve de percer comme dessinatrice de bandes dessinées et de se faire publier dans un célèbre magazine. Mais rien ne se passe comme prévu. Elle découvre bientôt que ses gribouillages se transforment en œuvres sanglantes semblant même prémonitoires…
Même si on aura l’impression d’assister là à un « Death Note » du pauvre, cet épisode mettant en exergue un talent macabre semant la mort, paraît réussi, avec du gore et un rebondissement à la hauteur de l'esprit de la série.
Episode 6 : Tuer ou être tué / Dents de lait
George Romero in 3D : Ce segment au titre sympa met en scène une mère célibataire et son fils qui peinent à payer leur loyer car ils ne vendent pas en ligne alors que leur librairie périclite. Leur chance tourne lorsqu'ils découvrent une boîte de vieux comics inédits de George Romero, mais des zombies invisibles à l’œil nu semblent sortir des BD maudites…
La découverte de ce jeune homme et de sa mère va vite se transformer en une véritable épreuve avec pour seule solution celle d’enfiler des lunettes 3D pour pouvoir voir les morts-vivants et agir ! Voici un divertissement gore et haletant, digne d'un film de zombies, pour le plus grand plaisir du vieux George !
Baby Teeth : Shelby doit se faire arracher les dents de sagesse et découvre alors que, depuis son enfance, sa mère a gardé toutes ses quenottes de lait dans une étrange boîte. Aurait-elle du mal à accepter que son bébé grandisse pour rester accrochée ainsi aux reliques de son enfance ou est-ce qu’il n’y aurait pas une autre raison plus inavouable ?
Ce récit mettant en images une bien étrange fée des dents rappellera à certains un grand épisode de "Les contes de la crypte VOL 4", La dernière mission (The New Arrival), avec du gore, une bonne dose de terreur, un côté malsain, de l'humour noir et un twist final très surprenant, que vouloir de plus ?
Ainsi, les six doubles épisodes de cette quatrième saison de Creepshow explorent un large éventail de thèmes proposant, pour la grande majorité d’entre eux, des intrigues tout à fait intéressantes et relativement bien réalisées malgré un budget restreint obligeant parfois les producteurs à limiter les effets spéciaux et à engager plutôt des acteurs de second plan. Mais c’est peut-être grâce à cela qu’ils sont allés à l’essentiel car cette saison est, je trouve, de meilleure qualité que les deux précédentes avec très peu d’épisodes ratés comme on peut en rencontrer d’habitude dans ce format. Au final, trois segments sont moins bons que les autres sans être pour autant inregardables. Pour les autres justement, vous pouvez foncer la tête baissée, promis !