Loic Bugnon

Loic Bugnon

Loïc Bugnon, un nom qui parle à la majorité d’entre vous. Créateur de la Convention annuelle intitulé « Bloody Week-End » pour les fantasticophiles et toutes personnes désireuses de se plonger dans ce Monde que l’on aime tant, il est également le gérant d’une boutique en ligne spécialisée dans les produits dérivés issus du Cinéma Fantastique. Son nom ? La Quatrième Dimension !

David Maurice : Salut Loïc !
Content de te retrouver sur Horreur.Com après une première interview en 2017 axée sur ta Convention Bloody Week-End qui continue de cartonner dans le cœur des fantasticophiles, véritable lieu de rencontre devenu incontournable pour se retrouver autour d’une bière et d’animations.
Tout d’abord comment vas-tu ?

Loïc Bugnon : Écoute, je vais bien malgré quelques petits soucis de santé ces derniers temps, mais rien de grave. Hé oui, la passion, ça use parfois un peu, mais je crois aussi qu’elle préserve notre cerveau, nous maintient en éveil et surtout nous donne de l’énergie au quotidien.

DM : Alors aujourd’hui, on se retrouve pour discuter cette fois-ci de ta seconde activité : la vente de produits dérivés avec le site de La Quatrième Dimension (nos lecteurs/trices trouveront le lien tout en-dessous de l’interview bien évidemment).
Tu t’es lancé en 2018 dans cette nouvelle aventure et 8 ans après (purée le temps passe vite mon ami) je te propose de revenir sur ces premières années dans cette nouvelle peau de commercial.
Tout d’abord, comment va La Quatrième Dimension après ces 8 premières années ?

LB : Concernant ma petite entreprise, La Quatrième Dimension, elle se porte plutôt bien, même si la conjoncture actuelle n’épargne personne. Les augmentations, notamment les charges et les différents coûts, ne cessent de partir en flèche et rendent les choses de plus en plus compliquées pour les petites structures. Mais je tiens bon ! Je continue avant tout grâce à ma passion, mais aussi avec une énergie débordante et l’envie de faire vivre ce beau projet. Il y a des périodes plus difficiles que d’autres, c’est certain, mais je préfère rester positif et continuer à avancer. Il faut positiver, croire en ce que l’on fait et ne jamais abandonner ses passions ! La Quatrième Dimension continue son petit bonhomme de chemin… et tant que la passion sera là, je serai là aussi !

DM : J’imagine, la conjoncture actuelle fait beaucoup de mal aux petits commerçants… Tu t’es tout de même lancé dans une affaire sans savoir qu’en début 2020 le Monde serait paralysé en grande partie par la crise sanitaire du Coronavirus, un évènement inattendu qui a changé la vie de beaucoup de Français et notamment leurs habitudes de consommations. Alors que certains ont décidé de revoir leurs priorités en privilégiant la nourriture, le vestimentaire et les vacances en reléguant loin derrière la « geekerie », d’autres au contraire ont fait explosé les statistiques de ventes des sites d’achats sur Internet, coincés à la maison par le chômage partiel et dans l’incapacité de fréquenter des magasins physiques fermés pendant plusieurs mois.
Comment La Quatrième Dimension a-t-elle traversé cette crise sanitaire ?

LB : Pour moi, la crise sanitaire a été, si je peux me permettre de l’appeler ainsi, une véritable « bénédiction » professionnelle, même si le contexte, lui, était évidemment dramatique. Le fait que les gens aient été confinés a considérablement changé leurs habitudes, notamment avec les achats en ligne. Et, paradoxalement, c’est à cette période que mon site Internet n’a jamais aussi bien fonctionné. J’ai réalisé un excellent chiffre d’affaires, ce qui m’a permis de dégager un bénéfice et surtout de réinvestir dans mon activité. Mais au-delà de l’aspect financier, cette période m’a également permis de me faire connaître auprès d’un public beaucoup plus large. C’est assez paradoxal de le dire, car cette crise a été difficile pour énormément de personnes et de petites entreprises. Mais pour La Quatrième Dimension, elle a finalement constitué un véritable accélérateur. Comme quoi, même dans les périodes les plus compliquées, il faut parfois savoir saisir les opportunités qui se présentent… et surtout continuer à y croire.

DM : Et aujourd’hui, avec les inflations et ces histoires de taxes douanières qui touchent les flux de marchandises, te voilà confronté à de nouveaux obstacles j’imagine. Certaines boutiques spécialisées implantées dans des grandes villes ont baissé le rideau face à la conjoncture mais pas toi.
Comment réagis-tu face à cela ? Comment t’es-tu adapté à ces changements dans le Marché d’aujourd’hui ?

LB : C’est vrai que la conjoncture actuelle n’est pas facile pour tout le monde. De mon côté, j’ai dû m’adapter à la situation et prendre une grande décision : baisser les tarifs de mes figurines afin de rester compétitif face à la concurrence chinoise et aux différents sites concurrents. Je constate effectivement une baisse d’activité depuis quelque temps, mais je ne baisse pas les bras pour autant. Je continue à me battre, à avancer et à croire en mon entreprise.
J’ai fait le choix de proposer des tarifs plus bas que certains de mes concurrents, avec l’objectif de permettre à mes clients de continuer à se faire plaisir malgré le contexte économique difficile.
Ce n’est pas toujours simple, mais je préfère m’adapter, positiver et continuer à avancer plutôt que de subir. La passion est toujours là, et tant qu’elle sera là, je continuerai à me battre pour faire vivre La Quatrième Dimension.

DM : Oui, il est vrai que niveau tarif sur les figurines PVC 18cm notamment tu fais partie des moins chers sur le Web. Un bel effort financier qu’il est bon de souligner en effet.
La boutique La Quatrième Dimension est en ligne et je me souviens que tu avais parlé par un temps d’un projet de boutique physique qui finalement n’aura pas vu le jour.
As-tu renoncé à cela ?

LB : Concernant la boutique physique, oui, j’y ai renoncé pour l’instant. Vu les taxes, les charges et le coût général en France, ouvrir une boutique physique dans le contexte actuel est malheureusement devenu quasiment impossible pour une petite entreprise comme la mienne. Je préfère donc rester prudent et continuer à développer mon activité en ligne. On verra plus tard, si la situation économique se décante et devient un peu plus favorable. Il ne faut jamais dire jamais…

DM : Je m’attendais un peu à ce genre de réponse il est vrai. Toutefois, on te voit parfois avec un stand sur des manifestations depuis pas mal d’années maintenant. Au Bloody Week-End bien évidemment on voit ton stand bien garni de produits dérivés mais aussi par exemple au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.
Que t’apporte ce canal de vente ? Prévois-tu de continuer cette hybridation boutique en ligne et stands physiques éphémères ?

LB : Pour moi, il est essentiel d’être présent sur les festivals, notamment sur des événements comme le Festival de Gérardmer, où se retrouvent tous les passionnés de cinéma fantastique et d’horreur. C’est là que se trouve une grande partie de ma clientèle, et il est donc important pour moi d’être présent, de montrer mes produits, mais aussi de faire vivre ma passion au contact du public.
Les festivals représentent un chiffre d’affaires non négligeable pour mon entreprise, c’est une réalité. Mais au-delà de l’aspect commercial, il y a quelque chose de beaucoup plus important à mes yeux : le contact humain. Pouvoir rencontrer mes clients en vrai, échanger avec eux, discuter cinéma, partager des souvenirs, découvrir de nouvelles personnes et parfois même revoir des habitués que je connais depuis des années… tout cela n’a pas de prix. Internet permet de vendre, bien sûr, mais rien ne remplacera jamais une rencontre, une poignée de main et un sourire.
C’est aussi pour cela que je continuerai à faire des festivals : pour le commerce, certes, mais surtout pour l’humain, les rencontres et cette passion du fantastique et de l’horreur qui nous rassemble tous.

DM : C’est vrai qu’on papote toujours un peu sur Gérardmer chaque année (lol). Alors bien évidemment tu n’es pas le seul en France à vendre des produits dérivés. Nous parlions tout à l’heure de boutiques physiques dans les grandes villes mais les confrères sont aussi sur le Net. Face à toute cette concurrence, il convient parfois d’innover afin de se démarquer et faire la différence.
Quelle est ta stratégie pour rester aujourd’hui parmi les premiers choix des acheteurs ? Comment te différencies-tu de tes concurrents ?

LB : Je propose avant tout des figurines à tirage limité et des produits que l’on ne trouve pas forcément chez mes concurrents, le tout avec des prix que j’essaie de maintenir aussi attractifs que possible.
Je fais surtout le choix de rester dans mon domaine de prédilection : l’horreur et le fantastique, sans trop me disperser. C’est important pour moi de conserver cette identité et cette spécialisation qui font partie de l’ADN de La Quatrième Dimension. Et forcément, cette stratégie fonctionne plutôt bien ! Elle me permet surtout de fidéliser ma clientèle, de proposer régulièrement des produits originaux et de conserver cette relation de confiance avec mes clients, qui restent au cœur de mon activité.

DM : Alors une question me brûle les lèvres : comment t’organises-tu pour travailler sur ces deux activités que sont le site de vente en ligne La Quatrième Dimension et la Convention Bloody Week-End ? Car mine de rien tu n’as pas de salarié à ma connaissance et c’est du taf de gérer tout cela, et encore plus notamment quand on est à l’approche du festival…
Ta femme est très présente à tes côtés et te soutient depuis le début dans tes projets. Quelle place occupe-t-elle au sein de ta boutique en ligne (je la vois chaque année notamment sur ton stand à Gérardmer) ? Elle t’aide dans cette activité au même titre que pour le Bloody Week-End ?

LB : Mon épouse m’aide énormément lors des conventions et des festivals. C’est véritablement un travail à deux. Sans elle, je ne pourrais tout simplement pas participer à autant de manifestations, car cela représente énormément de logistique, d’organisation et d’heures passées à tenir le stand. Nous devons être présents, disponibles et assurer ensemble toute la gestion sur place. C’est également le cas pour le Bloody Week-end. Ce festival représente une année entière de travail, avec énormément d’heures consacrées bénévolement à son organisation. Il faut être impliqué au quotidien, penser à une multitude de détails, anticiper les problèmes et faire avancer les choses pendant des mois. C’est particulièrement usant, aussi bien physiquement que moralement, mais malgré tout, nous continuons. Cette passion dévorante pour le cinéma fantastique et horrifique nous tient profondément à cœur. C’est une aventure que nous vivons ensemble, avec ses difficultés, ses sacrifices, mais aussi énormément de bonheur et de belles rencontres. Et finalement, c’est aussi cela qui nous donne la force de continuer.

DM : Alors justement, en parlant du Bloody Week-end, y’a-t-il un ou des lien(s) entre ces deux activités ? L’une finance-t-elle en partie l’autre par exemple ?

LB : Il est important de préciser que La Quatrième Dimension et le Bloody Week-end sont deux entités totalement indépendantes. Mon entreprise ne finance pas le festival. Le Bloody Week-end possède son propre fonctionnement et son propre budget, avec notamment le soutien financier de la Région, du Département et de la mairie, à travers différentes subventions. De son côté, La Quatrième Dimension est une entreprise indépendante, qui évolue dans son propre domaine et assume ses propres charges et investissements. Même si je suis personnellement impliqué dans le festival et que mon entreprise peut être présente sur certains événements, il ne faut pas confondre les deux activités : les finances, le fonctionnement et les responsabilités de chacune sont distincts.

DM : Rentrons à présent dans le vif du sujet et parlons un peu plus du contenu de ton site. Que trouve-t-on exactement sur La Quatrième Dimension ? Car on n’y trouve pas que de la figurine mais aussi plein d’autres goodies.

LB : J’ai aussi beaucoup évolué par rapport à avant concernant mon stock et les produits que je propose sur mon site. Aujourd’hui, je travaille essentiellement avec la marque NECA, en fonction des périodes. Mais je ne me limite pas uniquement aux figurines. Je propose également, selon les arrivages, différents produits dérivés autour du cinéma d’horreur : porte-clés, chaussettes, T-shirts, mugs et plein d’autres goodies. L’idée est de rester dans mon domaine de prédilection, le cinéma fantastique et horrifique, tout en proposant régulièrement de nouvelles choses à mes clients.

DM : Et quels sont les best sellers de ta boutique ? Vers quoi les gens se tournent-ils le plus ?

LB : Il n’y a pas forcément de « best-sellers » qui fonctionnent en permanence dans ma boutique en ligne. Les ventes évoluent beaucoup en fonction des périodes, de l’actualité et surtout des sorties de films. Par exemple, à certaines périodes, je vais vendre beaucoup de figurines de Michael Myers, puis la demande va se déplacer vers les Gremlins ou d’autres personnages. C’est un marché qui fonctionne énormément au gré des envies des collectionneurs. C’est également le cas lorsqu’un nouveau film d’horreur sort au cinéma et qu’un fabricant commercialise une figurine dans la foulée. Cela peut immédiatement créer une forte demande. Je l’ai notamment constaté avec « Terrifier » de Damien Leone : la sortie des produits autour du film a rapidement suscité l’intérêt des collectionneurs. Je dois donc constamment m’adapter aux tendances, aux sorties de films et aux demandes de mes clients, plutôt que de miser uniquement sur quelques produits qui seraient des best-sellers permanents.

DM : Oui c’est vrai que NECA est en train de miser pas mal sur la saga de Damien Leone ! Nous voyons également sur ta boutique en ligne ce que tu appelles des « boxes ». Un produit justement qui te différencie des autres sites en ligne et qui attise la curiosité de nombreux acheteurs. Peux-tu nous en dire plus au sujet de ce produit bien spécifique ?

LB : Alors les box, c’est une idée qui m’est venue pendant la période du Covid. Au départ, cela me permettait surtout de valoriser et d’écouler certains produits de mon stock qui se vendaient moins bien, ou que mes fournisseurs ne proposaient plus.
Aujourd’hui, le concept fonctionne vraiment très bien puisque j’ai déjà vendu plus de 850 box. C’est devenu un produit assez confortable à gérer et surtout, mes clients en sont très contents.
J’ai d’ailleurs mis en place un système assez simple mais efficace : je tiens un fichier Excel pour chaque client, ce qui me permet de suivre les produits déjà envoyés et d’éviter au maximum qu’un client reçoive des doublons.
Le principe de la box a donc vraiment trouvé son public. C’est une formule qui fonctionne très bien et, jusqu’à présent, je n’ai eu que des retours positifs de la part de mes clients. C’est forcément très encourageant et cela me conforte dans l’idée de continuer à développer ce concept.

DM : Ah oui, top de conserver un historique des contenus des box pour éviter qu’un client reçoive deux fois les mêmes choses !
La figurine POP, petite figurine en vinyle à l’effigie de nombreux personnages de la pop culture et facilement abordable financièrement (compter une quinzaine d’euros) qui a connu un véritable essor il y a une poignée d’années, connait aujourd’hui une période assez compliquée, Funko ayant dû changer toute sa stratégie après une énorme baisse du chiffre d’affaires. Est-ce aujourd’hui encore un produit très demandé sur le Marché ?

LB : La Funko Pop a clairement connu ses années de gloire. J’ai moi-même été collectionneur et j’avais une importante collection, mais j’ai finalement tout vendu car cela prenait énormément de place. Aujourd’hui, je ne propose plus de Funko Pop sur mon site. On en trouve désormais très facilement dans de nombreux magasins de déstockage, mais également sur Internet, souvent à des prix extrêmement bas. Pour moi, Funko a peut-être voulu aller trop loin en multipliant les licences, les personnages, les variantes et les éditions, avec finalement un choix devenu beaucoup trop important pour le client. Je pense que cette surabondance a forcément eu un impact sur le marché et sur l’intérêt des collectionneurs. De mon côté, j’ai progressivement arrêté d’en proposer sur mon site, d’autant plus que je n’avais quasiment plus aucune demande. Il n’y avait donc plus vraiment de raison de continuer à immobiliser du stock sur cette gamme.

DM : Oui et quand tu parles de « variantes » il est vrai que beaucoup trop de figurines issues de séries télé se ressemblent énormément et font perdre beaucoup d’intérêt…
En termes de figurines, fais-tu pour tous les portefeuilles ? De la figurine PVC de type NECA à quelques dizaines d’euros à la figurine en résine de collection à plusieurs centaines d’euros ? Qu’est-ce qui marche le mieux aujourd’hui ?

LB : En termes de ventes, ce qui fonctionne le mieux chez moi reste avant tout les figurines de la marque NECA. Ils ont vraiment beaucoup évolué, notamment au niveau du packaging et de la qualité des figurines. On retrouve énormément d’accessoires, des détails très travaillés et une belle boîte vitrine qui met parfaitement le produit en valeur. Ce que j’apprécie particulièrement chez NECA, c’est aussi leur capacité à proposer régulièrement des personnages et des pièces issus de films connus, mais également de films plus méconnus ou plus confidentiels, qui parlent davantage aux vrais cinéphiles et aux passionnés de cinéma de genre. C’est justement ce côté parfois rare et original qui fait la différence auprès de ma clientèle.

DM : Oui, NECA est très fort à ce sujet. Et parmi les autres types de produits vendus dans La Quatrième Dimension, vers quoi les internautes sont-ils le plus attirés ?

LB : La plupart de mes clients recherchent avant tout des pièces uniques ou des figurines en tirage limité. C’est vraiment ce qui fait la différence pour un collectionneur : trouver des pièces rares, originales et que l’on ne voit pas partout. Prochainement, je vais d’ailleurs sortir un beau serre livre de Terminator en résine, et je suis déjà complet sur les précommandes : toutes les pièces disponibles ont été réservées. Cela montre bien qu’il existe une véritable demande pour ce type de produits rares et de qualité. Encore une fois, je reviens sur les figurines NECA, qui représentent aujourd’hui environ 80 % de mon activité de vente. C’est clairement mon marché principal, car la marque propose régulièrement des pièces recherchées par les collectionneurs, notamment avec des personnages issus de films connus mais aussi des références beaucoup plus rares.

DM : Noël 2026 approche à grands pas. Qu’est-ce qui selon toi va bien marcher dans le milieu de la figurine et du goodies pour cette fin d’année ? As-tu déjà quelques nouveautés à nous annoncer ? Des best-sellers à venir ?

LB : Concernant les nouveautés, j’ai beaucoup de choses qui vont arriver prochainement. Parmi elles, le pack Terrifier, la figurine de Chucky tirée du film « Chucky 2 », la figurine du Fisherman dans « Souviens-toi… l’été dernier », ainsi que L’Homme invisible et Malthus the Demon de The Conjuring Universe, tous de la marque NECA bien entendu ! Et ce n’est qu’une partie de ce qui est prévu, car j’ai encore beaucoup d’autres surprises à proposer aux collectionneurs dans les prochains mois

DM : Purée, mon compte bancaire va encore prendre cher si je comprends bien (lol). As-tu déjà fait une étude relative à la typologie de clients ? Quel est le profil de client qui revient le plus souvent ? Sont-ce les 30-45 ans comme nous pourrions le penser ?

LB : Concernant l’âge de ma clientèle, il s’agit essentiellement de personnes âgées de 30 à 50 ans. Mais, de manière générale, cela varie beaucoup. Depuis deux ou trois ans, je constate également l’arrivée de jeunes collectionneurs, notamment dans la tranche des 20-30 ans. C’est quelque chose que je trouve particulièrement appréciable, car cela me permet aussi de me faire connaître auprès d’un public plus jeune. Savoir qu’il y a aujourd’hui des jeunes qui commencent à collectionner des personnages emblématiques du cinéma d’horreur me fait vraiment plaisir. Cela montre que la passion pour ce cinéma et pour les figurines se transmet et que la relève est bien présente.

DM : Top ! Et la note que tu obtiens dans les avis Google est remarquable (à l’heure où j’écris nous avons une note de 5/5 avec 444 avis) et souligne ton professionnalisme dans ce secteur d’activité. Quels sont les secrets de cette belle réussite ?

LB : Le secret de ma réussite est finalement assez simple : j’accorde énormément d’importance aux détails. Il y a souvent un petit cadeau ou une attention glissée dans les colis, mais surtout, je veille particulièrement à la qualité de mes emballages. Pour un collectionneur, recevoir une figurine cassée peut être un véritable drame, et je le comprends parfaitement puisque je suis moi-même collectionneur. C’est pourquoi je prends énormément de précautions lors de chaque expédition afin que les pièces arrivent en parfait état chez leur destinataire. Cette attention portée aux expéditions fait aussi partie de mon identité et de mon service. Je pense que cela explique en partie le nombre important d’avis positifs que je reçois. Et, très sincèrement, cela me fait chaud au cœur lorsque mes clients prennent le temps de m’envoyer des messages pour me remercier et souligner la qualité de mes emballages. Pour moi, vendre une figurine ne s’arrête pas au moment où le client passe commande : l’expérience doit rester positive jusqu’à l’ouverture du colis.

DM : C’est vrai qu’à ce sujet je n’ai jamais été déçu de la qualité et du soin portés à l’emballage de tes marchandises. En parlant de clientèle, as-tu 2-3 anecdotes à nous donner au sujet de clients qui t’auraient marqué positivement, aussi bien sur un stand qu’en ligne ? Ce genre de chose qui te pousse à continuer et à ne rien lâcher !

LB : J’ai un client qui me prend une box chaque mois depuis plusieurs années, mais aujourd’hui le problème est qu’il possède pratiquement tout ce que je peux lui proposer. Mon fichier Excel de suivi est donc quasiment « sold out » pour lui ! J’ai malheureusement dû lui envoyer un message pour lui expliquer que je ne pourrais plus lui préparer de box pour le moment, car je ne sais tout simplement plus quoi y mettre. Le but de la box reste avant tout de faire découvrir ou redécouvrir des produits intéressants, et non d’y intégrer systématiquement des nouveautés récentes simplement pour écouler du stock.

DM : Alors justement en parlant de stock, j’y viens ! Quelle est la surface de stockage dont tu disposes et comment gères-tu tes approvisionnements/stockages ? As-tu des livraisons régulières ?

LB : J’ai également un stock relativement important, ce qui me permet d’avoir un choix assez large et une quantité de produits conséquente, pour le stockage tout est stocké dans mon sous-sol, c’est un peu le sous-sol de la peur de Wes Craven ! J’ai quand même une belle surface. Concernant les livraisons, je reçois généralement trois livraisons par mois, en fonction des nouveautés et des précommandes, mais globalement, cela représente environ une livraison par semaine. Cette fréquence augmente notamment pendant les périodes de fêtes, Halloween et Noël, où les arrivages sont beaucoup plus nombreux.

DM : Tu es toi-même un grand collectionneur de figurines et j’ai envie de dire « Tu es même ton premier client » ! Nous avons parlé de tes produits phare mais toi quels sont tes produits préférés ? Tes marques préférées ?

LB : Concernant mes produits préférés, c’est essentiellement la marque NECA. C’est une marque qui me tient particulièrement à cœur puisque je la collectionne depuis mon enfance. Je n’ai pas réellement de produits phares même si je craque souvent sur Michael Myers mon boogeymann préféré !

DM : Je te rejoins sur Myers. On voit souvent sur les réseaux sociaux ta collection de figurines Neca dans des vitrines dans lesquelles ces dernières sont aussi serrées que des clients américains attendant devant les portes encore fermées d’un hypermarché en plein démarrage de Black Friday (lol). Combien as-tu de figurines à l’heure d’aujourd’hui ?

LB : Aujourd’hui, je possède environ 1 850 figurines NECA à la maison, ce qui représente déjà une collection particulièrement importante ! Il est donc assez logique que NECA soit également la marque que je privilégie dans mon activité professionnelle.
Mais ma collection ne s’arrête pas aux figurines : je possède également près de 25 pièces grandeur nature, avec notamment des personnages emblématiques comme les Gremlins, Pennywise, Chucky ou encore Tiffany. J’ai même récemment fait l’acquisition d’un Bouffe-Tout grandeur nature, qui vient compléter cette impressionnante collection.
Bien évidemment, tout cela représente un certain investissement financier, car les pièces grandeur nature ont un coût important. Mais lorsqu’on est véritablement passionné, le plaisir de posséder ces personnages et de faire vivre cet univers n’a pas de prix !

DM : Purée, 1850 pièces, c’est dingue !
Sur ce nombre stratosphérique, notre interview touche à sa fin. Nous avons été contents de te recevoir une fois de plus à Horreur.Com et te remercions pour le temps que tu nous as consacré pour parler cette fois-ci de ta boutique en ligne La Quatrième Dimension dont l’adresse figure à la fin de cette interview.
Que peut-on te souhaiter pour ces prochaines années ?

LB : Pour l’avenir, je souhaite avant tout que mon entreprise puisse continuer à se développer et à perdurer dans le temps. C’est vraiment mon principal objectif.
J’aimerais également que les prix des figurines puissent se stabiliser, voire diminuer un peu. Depuis quelque temps, les augmentations sont devenues assez importantes et je trouve que cela commence à peser sérieusement sur le budget des collectionneurs. Je le constate aussi dans mon activité : le portefeuille des clients ne suit pas forcément ces hausses de prix, et c’est assez dommage.
Pour moi, collectionner des figurines doit avant tout rester un plaisir et une passion, et non devenir un gouffre financier. Il faut pouvoir continuer à se faire plaisir, découvrir de nouvelles pièces et enrichir sa collection sans avoir le sentiment que chaque nouvelle figurine représente un investissement de plus en plus lourd.
J’espère donc que les fabricants sauront trouver un meilleur équilibre entre la qualité des produits, leurs coûts de fabrication et le prix final pour le collectionneur. Cela permettrait à notre passion de rester accessible au plus grand nombre et surtout de continuer à faire rêver les collectionneurs.

Merci à toi mon ami fidèle collectionneur et merci à toute l’équipe de horreur.com pour cette interview ! Longue vie à tous !

DM : Merci Loïc pour ton soutien également ! Merci pour cette interview et pour le Jeu Concours qui y est associé cette année pour Halloween 2026 ! A bientôt !
Et voici donc l’adresse Internet de la fameuse caverne d’Ali Baba de Loïc :
https://laquatriemedimension.fr/
Venez-y nombreux(euses) !

David Maurice