Circle

Circle

Cinquante personnes se réveillent dans une pièce close et sombre, sans se souvenir de comment elles y sont arrivées mais surtout de qui les y a enfermées. Là, chacune d’elles est debout, à l'intérieur d'un cercle dont elle ne peut sortir sous peine d'être tuée. En effet, un compte à rebours s'enclenche et toutes les deux minutes, un individu est tué par un rayon puis son corps est automatiquement évacué de la pièce. Les captifs réalisent ainsi rapidement qu'ils peuvent et doivent voter durant ce décompte, et que la personne ayant récolté le plus de voix est exécutée, et ce, probablement jusqu'à ce qu'il n’en reste plus qu'une seule. Mais est-on vraiment sûr de ce dernier fait ?

CIRCLE | CIRCLE | 2015

L'AVIS :

Dans Circle de 2015, tout part d’une idée assez simple : vous vous réveillez avec quarante-neuf autres individus dans une salle obscure sans savoir comment vous y êtes arrivé, vous ne connaissez personne puis un décompte se déclenche et quelqu’un est foudroyé. S’en suivent alors des tentatives d’évasions diverses, des actions heureuses ou pas mais surtout des discussions entre les survivants, rythmées par les foudroiements réguliers des malheureux qui ont reçu le plus de votes, avec la question qui sera le fil conducteur du film : qui mérite de vivre ?

Cette petite production apparue discrètement sur Netflix, s’apparente donc à un huis clos à petit budget très bien ficelé qui vous gardera captivé du début jusqu'à la fin. Si le pitch paraît minimaliste et pourra rappeler les grandes heures de "Saw" ou encore "Cube", deux très bons « films-concepts » s’il en est, le décor l’est également avec : des cercles rouges au sol, une demi-boule noire au milieu et un ensemble de projecteurs sphériques au plafond, tout le reste étant plongé dans le noir. En même temps, a-t-on besoin de plus ? Non, car c’est simple, mais efficace.

Côté casting, les acteurs, hormis Julie Benz (vue dans les séries "Buffy contre les vampires", "Angel", "Roswell", "Dexter" ou encore dans "Saw V") et Carter Jenkins (l’éphémère série « Surface » ou encore la comédie horrifique « Les zintrus »), sont méconnus, mais pour la plupart paraissent crédibles dans leurs rôles respectifs (à quelques exceptions près, mais les mauvais interprètes meurent assez vite ici, fort heureusement !). Le grand nombre de personnages fait qu'aucun n'occupe totalement l'espace. Ils prennent tour à tour leur importance, chacun avec sa personnalité, on s'attache à certains, on en déteste d'autres et c'est fort plaisant à suivre. Alors mêmes si certains protagonistes sont très stéréotypés, le panel des gens est très représentatif car il y en a de toutes les communautés et de tous horizons, mais surtout, les critères choisis pour éliminer son prochain semblent assez pertinents : la religion, l’âge, la richesse, la situation maritale, les étrangers, les préférences sexuelles et seront donc abordés des thèmes comme : les inégalités de salaires, le sexisme, l’homosexualité, la guerre ou encore le racisme, très en vogue actuellement. Psychologique dans son approche, le métrage montre à quel point l'être humain et ce, peu importe ses origines, ses considérations diverses ou sa catégorie socioprofessionnelle, peut être malveillant envers ses semblables lorsque sa propre survie est en jeu.

De prime abord, on pouvait imaginer quelque chose de répétitif, mais en fait non, on se prend même au jeu pour savoir qui sera le survivant. Si le suspense est donc assez bien maîtrisé et qu’on ne s’ennuie pas une seconde, certains acteurs en font cependant un peu trop et quelques protagonistes ont des réactions prévisibles les conduisant à leur perte un peu trop facilement, ce qui nuit à l’ensemble. Mais, la fin ouverte peut laisser libre court à diverses interprétations, ce qui n’est pas négligeable plutôt que d’avoir un dénouement raté. Alors certes, quelques morts ne semblent pas logiques à première vue, certaines questions restent sans réponses, toutefois, avoir des théories plutôt que des certitudes vaut peut-être mieux dans ce cas-ci et sort un peu du lot des films hollywoodiens standardisés et prévisibles !

De fait, même si Circle ressemble parfois à un téléfilm sorti de nulle part et destiné aux insomniaques du dimanche soir, il peut néanmoins se targuer, grâce à un rythme soutenu et une écriture suffisamment originale pour ne pas être répétitive voire pesante, d'être un film à petit budget qui nous offre une expérience divertissante et un regard sans concession sur l'humanité. Cela lui conférera donc l’aura d’un film-concept bien fichu, qui n’est pas sans rappeler les œuvres séminales susmentionnées de Vincenzo Natali ou encore James Wan, avec un aspect certes fauché, mais un amour immodéré pour le cinéma fantastique au service d'un scénario rafraichissant.

CIRCLE | CIRCLE | 2015
CIRCLE | CIRCLE | 2015
CIRCLE | CIRCLE | 2015
Note
3
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Vincent Duménil