Tour - La

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À leur réveil, les habitants d'un immeuble d’une cité lambda ont la désagréable surprise d’apprendre qu'ils sont coupés du monde. En effet, de leur fenêtre ils ne peuvent pas voir à un mètre car une matière noire obstruant toutes les issues et dévorant tout ce qui tente de la traverser les entoure. Très vite, les différents étages vont s'organiser pour survivre, mais pour assurer leur survie, ils succomberont peu à peu à leurs instincts les plus primitifs...

Tour - La | Tour - La | 2023

L'AVIS :

Si le début du métrage est bon ou plutôt a un certain potentiel avec ces gens qui tentent de se rationner en eau et en nourriture et avec les premiers clans et les premières tensions qui apparaissent, on remarque très vite qu'il n'y a pas de réel scénario derrière. En effet, même si concernant le déroulement, nous n’avons pas de doute sur le fait que ça se passerait certainement de la même manière si un tel événement se produisait réellement, car comme disait Plaute déjà en 195 avant Jésus-Christ, « Homo homini lupus est » (« L’homme est un loup pour l’homme »), on sent qu’il y avait largement de quoi mieux faire ! Effectivement, le script ou plutôt son réalisateur Guillaume Nicloux (également scénariste) se paie notre tête en nous assurant un concept original ! Il n’a pas dû voir le High-rise de 2016 de sinistre mémoire et très critiqué avec son discours sur la lutte des classes sociales coincées dans un immeuble ! Ici, non seulement les étages sont séparés par castes mais également par races voire couleurs de peau ! Pas très novateur ce concept, dites-moi !

Rappelant également "La horde" et "The mist" par le décorum utilisé, le design voire les thèmes qu'il brasse, La tour est un film de genre français où le fantastique n’est juste qu’un prétexte pour développer certaines situations, notamment celles de la survie dans un immeuble dont on ne peut sortir et d'où aucune communication vers l'extérieur n'est possible, car jamais nous n’apprendrons ce qu'était ce voile noir ! Pourquoi est-il apparu ici et à ce moment précis ? Jamais nous ne le saurons et c’est fort dommage !

En outre, si le scénario propose deux, trois bonnes idées (dont celle de la secte), l'ensemble est malheureusement assemblé maladroitement. Nous avons ainsi la désagréable impression de voir des scènes de vie quotidienne s'accumuler de manière décousue plutôt que d'avoir une vraie continuité, tout comme les incohérences sont nombreuses, notamment l'histoire avec les bébés qui est improbable si on y réfléchit bien quand on sait combien mange une mère enceinte, et surtout les nombreuses ellipses temporelles de plusieurs années (huit exactement) étant difficilement crédibles quand on considère que la nourriture des frigos et quelques chiens du voisinage ne peuvent subvenir à tous ces gens. Il y a plus de 150 habitants tout de même !

Nous pourrions également déplorer que le film n'aille pas plus loin dans la violence, la barbarie et autres conflits entre les divers gangs qui peuplent cet immeuble. Tout comme on pourrait ajouter qu'aucun personnage ne dégage de l'empathie et ne mérite qu'on s'attache vraiment à son sort. En effet, sorti de la série Validé, Hatik n’est pas un acteur terrible, alors qu’Angèle Mac aurait pu sortir son épingle du jeu si elle ne faisait pas tout le temps la gueule !

De plus, on reste dans un classicisme absolu quant aux thèmes qu’un tel film de genre peut proposer, à savoir que les femmes sont vues comme des objets sexuels servant de monnaie d'échange, tandis que les hommes luttent et prennent les décisions en groupes. Bref, pas très nouveau tout ça ! Les plus forts et les plus riches s’en sortiront toujours !

Ainsi, à part des sauts dans le temps, il n'y a aucun développement côté script. On ne sait pas grand-chose du nouveau mode de vie des habitants. Il y a des tensions qui naissent ici et là certes, mais les actions apparaissent comme sorties de nulle part, d’autant que côté violence, on n’a rien de notable à se mettre sous les mirettes ! Au final, ce long-métrage d'une noirceur exacerbée avec son idée fantastique pas du tout exploitée jette un regard plus que critique sur le genre humain, et prend la forme d'une allégorie misanthropique désespérée sur la survie en espace clos, mais malheureusement n'apporte rien de nouveau qu'on ne connaissait déjà sur la nature humaine !

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Bande-annonce
Note
2
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Vincent Duménil