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Companion | Companion | 2025
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Companion | Companion | 2025
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Companion

Companion

Josh et Iris se rencontrent au rayon fruits et légumes d’un supermarché. Un coup de foudre immédiat, et depuis, leur relation semble idyllique. Mais tout bascule lors d’un week-end entre amis dans une maison isolée...

Companion | Companion | 2025

L'AVIS :

ATTENTION SPOILERS

Difficile d’évoquer Companion sans révéler son principal twist, qui constitue à la fois son plus grand atout et sa principale faiblesse. Ce n’est pas tant la révélation en elle-même qui pose problème, mais plutôt la manière dont ses implications sont gérées.

Si l’on prend le film comme un simple divertissement, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher. La mise en scène est soignée, le rythme soutenu, et on ne s’ennuie pas une seconde sur la durée d’1h30. Les acteurs sont convaincants, en particulier Sophie Thatcher, qui navigue habilement entre la petite amie parfaite et la « victime » en pleine crise existentielle.
Le film nous embarque dans une machination où le groupe d’amis se retrouve piégé dans un jeu de massacre jubilatoire, avec en toile de fond un discours féministe. Jusqu’ici, tout fonctionne et l’expérience reste plaisante. Du moins, jusqu’à ce que certaines incohérences commencent à s’accumuler et que l’ensemble perde en crédibilité.

Pour aller plus loin, impossible d’éviter le spoiler : environ vingt minutes après le début du film, on découvre qu’Iris est en réalité un robot ultra-réaliste, inconsciente de sa nature, louée par Josh pour être sa compagne idéale et, accessoirement, son esclave sexuelle. Un concept qui, dans un film plus audacieux, aurait pu ouvrir la porte à une exploration bien plus poussée des dérives et perversions possibles. Ici, tout reste relativement soft, tant dans le discours que dans la mise en scène, même si le propos reste clair.

Si cette révélation fonctionne dans un premier temps, elle devient de plus en plus bancale à mesure que le film élargit son univers. On découvre ainsi qu’Iris n’est pas un cas isolé et que ces robots sont en réalité monnaie courante. Dès lors, comment a-t-elle pu ignorer l’existence de ses semblables ? N’a-t-elle jamais vu de publicités ? Entendu parler du sujet ?

Admettons qu’elle ait été programmée pour ne pas se poser de questions. Pourtant, lorsque Josh lui révèle la vérité, il ne lui faut que quelques arguments pour la croire, ce qui paraît peu crédible.

D’autres incohérences surgissent : pourquoi Iris ne s’est-elle jamais interrogée sur certaines différences fondamentales ? Lorsqu’elle apprend sa véritable nature, elle fond en larmes… avant que Josh ne lui explique que ces pleurs sont artificiels et que ses larmes proviennent d’un réservoir qu’il remplit lors de ses révisions. Ce détail la bouleverse au point de lui donner la nausée, mais Josh lui rappelle qu’elle ne peut pas vomir, car cette fonction n’existe pas chez elle. Ce qui soulève une question essentielle : comment gère-t-elle ses besoins physiologiques ? Si elle n’en a pas, comment ne s’est-elle jamais aperçue qu’elle était différente ? Et si elle possède un système digestif et urinaire identique à celui d’un humain, pourquoi ne pourrait-elle pas vomir ?

Tout au long du film, ce genre de problème se répète. Peu importe la manière dont on essaie de justifier les choses, il y a toujours une incohérence qui rend l’ensemble fragile. On sent bien que le réalisateur et son scénariste tentent de masquer ces failles par des raccourcis scénaristiques parfois maladroits, mais qui suffisent à brouiller les pistes pour le spectateur.

Le dernier acte du film souffre aussi de facilités scénaristiques. Un exemple frappant : Josh peut désactiver Iris d’un simple mot. Pourquoi ne le fait-il pas immédiatement après lui avoir avoué la vérité ? Son oubli (très pratique pour le scénario) conduit directement à l’échec de son plan et permet aux événements de s’enchaîner… au prix de la cohérence.
Alors, Companion, bon ou mauvais ?

Objectivement, le film n’est pas particulièrement réussi, mais paradoxalement, il reste plaisant.
Si l’on accepte de ne pas trop réfléchir (ce qui est dommage pour un film qui veut soulever des thématiques profondes), on passe un bon moment : le casting est investi, l’ambiance est immersive, le rythme ne faiblit jamais, les scènes de violence sont efficaces et le mélange horreur/humour fonctionne bien. Drew Hancock livre un divertissement solide, à défaut d’être irréprochable.

En somme, Companion est une bonne surprise, ternie par une écriture parfois paresseuse et surtout par le fait que son twist est largement éventé par l’affiche, la bande-annonce et les discussions en ligne (y compris cet article). Heureux ceux qui découvriront le film sans rien savoir !

Companion | Companion | 2025
Companion | Companion | 2025
Bande-annonce
Note
3
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Sylvain Gib