Apex
Apex
Sasha, une jeune femme férue de sports extrêmes ayant perdu dernièrement son compagnon dans l’ascension d’une montagne norvégienne, se rend en Australie pour faire du kayak et déposer les cendres de son défunt conjoint dans la nature.
Mais elle va malheureusement croiser le chemin d’un homme qui va la prendre en chasse dans l’outback australien, désireux de lui faire la peau…
L'AVIS:
Disponible sur Netflix depuis le 24 Avril 2026, "Apex" a fait un démarrage remarqué sur la plateforme en se classant N°1 des films les plus vus sur cette période. Très attendu par les cinéphiles (et pas que…), ce long-métrage mêlant action et survival avec Charlize Theron et Taron Egerton (Eggsy dans la saga des "Kingsman") est réalisé par le cinéaste islandais Baltasar Kormakur à qui l’on doit déjà les films "Everest" (un survival montagneux justement, tiens tiens…) et "A la dérive" notamment.
En raison de ses plans vertigineux et de ses paysages magnifiques, le film aurait dû sortir en salles sur grand écran pour profiter pleinement de la nature australienne mais Netflix, co-producteur du long-métrage, en a voulu autrement. Notre réalisateur d’ailleurs ne cache pas sa déception mais qu’importe : le principal selon lui est que les gens puissent voir le film, quelqu’en soit les conditions ("Je fais un film, quelle que soit la façon dont il est projeté", "Heureusement, beaucoup de gens ont de grands téléviseurs ou de grands écrans").
Notre réalisateur nous propose avec "Apex" un film qui n’est pas sans rappeler "Vertical limit" ou bien évidemment "Cliffhanger" pour l’aspect « escalade en milieu naturel (alpinisme) » avec un peu/beaucoup de kayak en prime et un tueur qui ne nous lâche pas d’une semelle pendant plus d’une heure (Survival et alpinisme ? Tiens, on pourrait penser à un certain film français intitulé "Vertige", réalisé en 2009 par Abel Ferry, sympathique long-métrage soit dit en passant…).
Alors oui, il est vrai, le film met un peu de temps avant de nous plonger dans son aspect « survival » mais en attendant nous ne pouvons pas dire que l’ennui pointe le bout de son nez. L’introduction dans les montagnes norvégiennes est très immersive (ces alpinistes chevronnés en ont vraiment « dans l’slibard ») et nous dépeint rapidement le caractère de notre héroïne (du genre très sportive et surtout quelque peu tête de mule et ne reculant devant rien, un courage à toute épreuve), histoire de nous mettre directement dans le bain de ce qui suivra ensuite en Australie : un jeu du chat et de la souris durant lequel la souris est loin d’être une proie facile !
Une fois le pied posé sur les terres australiennes, passée la fameuse séquence durant laquelle on « vous déconseille d’aller à cet endroit seul » car « de nombreuses personnes sont portées disparues », l’aspect survival que nous attendions toutes et tous en parfaits amateurs/fans de cinéma de genre prend place dans l’intrigue.
Comme dit avant, nous voilà plongés dans un jeu du prédateur et de la proie en pleine nature, dans l’outback australien qui dévoile les falaises vertigineuses des Blue Mountains et les torrents déchainés de Nouvelle-Galles du Sud. Sur ce « terrain de jeux » naturel et sauvage, inutile de vous dire que notre chère Charlize Theron se retrouve face à deux ennemis coriaces : notre chasseur sadique à souhait qui représente évidemment la principale menace dans notre film et les éléments naturels qui forment de parfaits obstacles pour la pauvre Sasha. Une nature pouvant donc être vue comme un personnage à part entière dans ce casting assez réduit mais ô combien talentueux.
En effet, notre actrice américaine est remarquable dans le film de Baltasar Kormakur. Energique quand il s’agit de dévaler des torrents dans un kayak (bien que certains passages aient été réalisés par sa doublure confie-t-elle, trois mois ne permettant pas d’être une experte en kayak), sauter et voltiger de rocher en rocher, faire des rouler bouler dans la terre et des plongeons en veux-tu en voilà, elle n’a pas pour habitude de beaucoup se faire doubler dans les films et cela lui vaut d’ailleurs régulièrement des blessures lors des tournages (deux opérations du coude et un orteil fracturé pour "Apex").
Une femme forte comme on en voit régulièrement dans les survival et les rape and revenge (on pourra citer entre autres Sarah dans "The descent", Erin dans "You’re next", Azraël dans "Azrael" ou encore les Jennifer dans "I spit on your grave" et "Revenge" pour ne citer que ce petit échantillon représentatif…) et qui va donner du fil à retorde à notre homme qui a eu le « malheur » de la prendre en chasse.
D’ailleurs, notre Taron Egerton est très bon dans son rôle de chasseur dégénéré, ou pourrait-on même dire de « Comte Zaroff des temps modernes ». Sadique, joueur et très athlétique lui-aussi, cet expert en chasse et en survie connait parfaitement la région qu’il sillonne depuis des années et va traquer sans relâche la malheureuse Sasha qu’il a laissée volontairement partir avec un petit peu d’avance, le temps d’une musique balancée sur le smartphone qu’il lui a confisqué, histoire de bien isoler cette dernière du monde extérieur et de rendre le jeu bien plus équilibré quand les garde-forestiers et les policiers ne sont pas de la partie.
D’ailleurs, le titre-même du film, "Apex", vient du latin et signifie « sommet, point culminant » : il s’agit aussi bien du point culminant d’une montagne par exemple (une première définition qui n’est pas étrangère au film donc) mais également d’une lignée hiérarchique ou d’une chaîne alimentaire (notre fameux prédateur qui chasse sa proie humaine). "Apex" désigne donc les deux obstacles qui se dressent face à notre chère Charlize Theron : la montagne (aussi bien dans l’introduction que dans la toute fin du film…mais chut !) et le chasseur. Un titre fort intelligent, vous en conviendrez.
Dommage que cette chasse à l’homme, bien que rythmée, perde un peu de son intensité en raison d’une angoisse peu distillée et d’un côté répétitif et prévisible bien trop marqué.
Autre chose qui pourra déranger certains d’entre vous (ce fut mon cas) : cette facilité scénaristique dans laquelle s’engouffre notre scénariste quand il s’agit de faire se rencontrer avec trop d’aisance notre chat et notre souris (il suffit de monter sur un rocher surélevé et de prendre une paire de jumelle pour tomber pile sur son poursuivant, ou encore d’attendre tranquillement dans un petit campement de fortune que notre proie pointe le bout de son nez… Alors que notre région est parsemée de rochers, de falaises, de torrents, d’arbres à perte de vue…). Une facilité scénaristique doublée d’une exagération que l’on retrouve également quand il s’agit de faire gravir à Sasha une falaise des plus difficiles avec en plus un « handicap » bien gênant (je n’en dis pas plus, regardez donc le film !).
Toutefois, malgré ses défauts apparents, "Apex" se suit plutôt bien. Le jeu d’acteurs, les paysages magnifiques, les scènes d’action et les confrontations étant de très sympathiques atouts au film de Baltasar Kormakur qui vous fera passer un moment agréable sans grande prise de tête.
Voilà un survival en pleine nature de bonne facture, honnête et finalement qui ne trompe pas le téléspectateur avec son synopsis.
« Ca fait l’taf’ » comme on dit alors ne boudons pas notre plaisir !