STARRY EYES
STARRY EYES
Sarah Walker a un petit boulot de serveuse sans grand avenir dans un fastfood de Los Angeles avec un patron qui la prend de haut et force ses employées à porter des tenues plus que moulantes. Elle entretient, de plus, des amitiés superficielles avec des actrices rivales et côtoie également d’autres personnes voulant percer dans le cinéma. Pour couronner le tout, elle participe à des castings qui n’aboutissent à rien. Après plusieurs auditions humiliantes face à un duo pour le moins singulier, elle décroche enfin un rôle principal dans le nouveau film « The Silver Scream », dernière production en date des studios Astraeus Pictures ayant connu leur heure de gloire par le passé. Bien qu’on lui demande de faire des choses de plus en plus étranges, Sarah semble prête à tout pour réussir, aveuglée par son fantasme de célébrité. Jusqu’où ira-t-elle alors afin de réaliser son rêve ?
L'AVIS :
Vous l’aurez compris à la lecture du synopsis ci-avant, Starry eyes raconte l’histoire d’une jeune femme qui, pour décrocher le rôle de sa vie, va accepter l’inadmissible, ce qui lui fera perdre les pédales, mais aura également un impact conséquent sur son état physique. Ainsi, au fil des jours et un peu comme la malheureuse héroïne du sympathique "Contracted" sorti un an avant, l’organisme de Sarah va se dégrader progressivement : des tâches vont apparaître à différents endroits de son anatomie, ses dents vont jaunir, elle va perdre ses cheveux et ses ongles se détacheront très facilement. Comme dans l’excellent "La mouche", sa santé va se détériorer peu à peu, et comme suggéré par le producteur libidineux lui demandant de quitter son corps pour renaître sous une autre forme, Sarah va devoir tout sacrifier quitte à commettre l’irréparable, se mettre tout le monde à dos et littéralement sombrer dans un véritable cauchemar. Sera-ce pour aboutir sur quelque chose de meilleur ?
Entièrement financé par crowdfunding (à peine 50.000 $ de budget) Starry eyes se révèle être un body horror movie satisfaisant qui a le mérite d’essayer de proposer quelque chose de différent et de fournir un maquillage assez bluffant pour ce type de productions ! Par ailleurs, le script est assez bien écrit et démontre bien le narcissisme des actrices combattives prêtes à absolument tout pour connaître le succès, ce qui est bien soutenu à l’écran par une ambiance réussie, bercée par une bande son électro envoutante et fascinante. Enfin, l’actrice principale (la sublime Alex Essoe d’origine Canadienne et Saoudienne vue dans "L’exorciste du Vatican", "Tales of Halloween", la série "Sermons de minuit" ou encore "Doctor Sleep") séduit par sa simplicité et son naturel. Son interprétation est brillante et elle porte véritablement sur ses frêles épaules ce personnage féminin complexe qui est rongé par la schizophrénie, la maladie et dont les changements de comportement vont peu à peu l’anéantir elle et son entourage. Ah, quelle belle métaphore du monde ô combien cruel d’Hollywood, détruisant petit à petit ceux qui espèrent décrocher du travail dans une société capitaliste et inégalitaire où seuls les plus forts ou les plus compromis survivent !
Ce qui est en revanche légèrement dommageable, c'est que le scénario entier repose sur Sarah et ce qui lui arrive ! En effet, on n’apprendra pas grand-chose sur le groupuscule marqué d’un pentacle qu’on entrevoit très peu. On ne cesse alors de s’interroger sur le pourquoi du comment, ainsi que sur le but de cette évolution : quel est réellement ce culte ? Au final nous n’avons que très peu d’éléments pour comprendre tout ça, et la dernière partie du film va peiner à nous donner des réponses claires et c’est d’ailleurs le seul et unique point faible du scénario.
Car même si les personnages secondaires sont très peu brossés, ce n’est pas dérangeant et va bien avec le discours du métrage sur ces actrices à la petite semaine qui vont de petit rôle en petit rôle, comme Erin, incarnée par Fabianne Therese (vue dans "666 road") l’insupportable concurrente de Sarah pour les castings ou encore la colocataire Tracy, jouée par Amanda Fuller (entraperçue dans "Cheap thrills") : elles sont toutes remplaçables ! Hormis Alex Essoe, on retiendra deux seconds rôles marquants : Maria Olsen campant la directrice de casting et ayant participé également à "All the creatures were stirring", "Scare package II : Rad Chad’s revenge", véritablement horrible et sans pitié, mais surtout celui interprétant son ignominieux assistant, le génialement mauvais Marc Senter (l’incroyable Ray Pye de "The lost"). C’est bien simple, on a envie de les frapper tant ils sont détestables et ce, malgré un temps de jeu limité à l’écran !
Comme dans "The neon demon" sorti deux ans après mais ici dans le milieu du cinéma, Sarah, une jeune fille en quête de réussite, va passer des castings à Los Angeles qui vont changer sa vie à tout jamais car le prix à payer n'est pas sans conséquences. Starry eyes raconte donc cette histoire, mais se veut aussi comme une critique du monde impitoyable d'Hollywood où il faut se donner corps et âme pour réussir à décrocher un rôle pour ces starlettes qui se jalousent toutes et aux emplois souvent précaires pour subsister (ici serveuse dans un fastfood) et dont très peu finalement réussiront à décrocher la timbale ! Cruelle réalité et descente aux enfers paranoïaque seront donc au rendez-vous pour Sarah qui va tomber dans une curieuse spirale et nous avec. C'est bien joué (Alex Essoe est formidable en papillon qui se transforme et va finir par sortir de sa chrysalide), gore ce qu'il faut et surtout, dérangeant et captivant à la fois grâce à son scénario subtile qui n'en fait pas des caisses, même si on aurait aimé en savoir un petit peu plus sur les motivations des studios Astraeus Pictures. Quoi qu’il en soit, Starry eyes est un bon film de genre qui gagne à être connu et surtout, qui mériterait d’être vu par un plus grand nombre !