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Creep | Creep | 2014
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Creep | Creep | 2014
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oui

Creep (2014)

Creep (2014)

Aaron, un caméraman cherchant à gagner un peu d'argent, répond à une annonce « Craigslist », l’équivalent américain de « leboncoin », qui lui propose 1000 $ pour une journée de travail à filmer la vie de Josef chez lui, pendant quelques jours. Lors du tournage, Aaron se rend donc dans le chalet familial de l’individu en question situé dans une région de montagne isolée. Très vite, Aaron et les spectateurs sentent qu’il y a quelque chose d’anormal dans le comportement de Josef qui se montre tour à tour farfelu, émouvant mais également bien inquiétant. Aaron arrivera-t-il alors à percer le mystère de cette troublante personnalité ?

Creep | Creep | 2014

Financé par Blumhouse - la société qu’on ne présente plus et qui a déjà produit plusieurs franchises prolifiques – ce Creep (2014) donne pourtant la sensation minimaliste du long-métrage à petit budget qui fonctionne si bien pour l'horreur. On commence avec Aaron révélant à sa caméra qu'il a été embauché pour un travail vidéo consistant à suivre Josef pendant une journée, car ce dernier est atteint d'une tumeur au cerveau et veut laisser un témoignage pour son fils à naître avant de trépasser. Et si Josef semble très sympathique de prime abord, il est aussi plutôt excentrique ! Il se mettra ainsi à nu face à la caméra en prenant son bain et en entonnant une chanson pour son futur enfant en berçant une poupée (le surprenant « tubby time »), ou encore s’affublera d’un masque de loup en restant mutique pendant quelques instants, ou bien serrera Aaron dans ses bras pour un gros câlin, puis essayera à plusieurs reprises d’effrayer ce dernier en criant le visage collé à l’objectif ! Si ça ce n’est pas du bon bipolaire des familles mes amis, qu’est-ce que c’est, je vous le demande !?

Patrick Brice et Mark Duplass (scénaristes et également acteurs principaux) ont ainsi trouvé une bonne raison pour justifier le found footage : le documentaire posthume qu’un père veut laisser à son fils. Tout cela génère alors ces images exécutées presque par eux-mêmes, improvisant une grande partie des dialogues à partir de leurs propres histoires. Ils empilent ainsi toutes les blagues qu'ils peuvent d'une manière à la fois comique et dérangeante. Creep (2014) est en fait un film d’horreur assez drôle, toutefois, quand il commence à entrer dans un territoire plus inquiétant, les blagues se font beaucoup plus troublantes…

Avant toute chose, la grande force de ce film est la performance de Mark Duplass, se glissant dans le rôle de Josef comme s'il était fait pour cela, souriant de manière ingrate avec le visage familier et réconfortant du garçon d'à côté ou du vieux copain d’université qu’il utilise pour endormir continuellement votre méfiance. Il est ainsi toujours capable de revenir à une sorte de générosité innocente, même après avoir fait quelque chose de bizarre voire de sinistre. Félicitations à lui pour la création d'un personnage qui est complètement terrifiant mais suffisamment sympathique pour maintenir de manière crédible Aaron dans une situation qui devient de plus en plus étrange et dangereuse pour lui.

Toutefois, la fin que l’on ne va pas trop détailler vous fera tout de même dire : « tu aurais dû appeler les flics plus tôt ! », mais elle n’empêchera pourtant pas de ressentir l'ambiance inquiétante qui imprègne Creep (2014). Tout comme pourrait être gênant le fait que le détenteur de la caméra portative dans un found footage ne voit que ce que montre l'objectif. Ainsi, quand dans une pièce ouverte la caméra se déplace vers la gauche, la vision du personnage fait de même, ce qui le surprend tout autant que nous, alors que tout ce que le protagoniste aurait à faire serait de bouger sa propre tête d'avant en arrière pour rester informé de ce qu’il se passe autour ! On éviterait ainsi les jump scares inhérents aux productions Blumhouse et dont sera victime Aaron un peu trop souvent ! D’aucuns diront également que le plan final pourra rappeler ceux des très bons "The Poughkeepsie tapes" et "388 Arletta Avenue" mais à un moment donné, il faut arrêter de faire la fine bouche car ce qu’ont réussi à faire à deux Patrick Brice et Mark Duplass relève du véritable tour de force !

Pour ceux qui auront visionné une quantité incroyable de found footage movies, ils classeront celui-ci un peu au-dessus du lot parce que même s’il n’invente rien de nouveau, il est relativement efficace car : il est assez minimaliste, n’abuse pas des effets de « shaky cam » à outrance et se base avant toute chose sur l’angoisse psychologique en suggérant plus qu’il ne montre. Il n’échappera pas cependant à quelques écueils propres à son genre : les sempiternels jump scares et le manque de réaction voire l’incohérence des actes du personnage principal face à des événements singuliers. En revanche, on soulignera néanmoins la superbe interprétation de Mark Duplass, le « Creep » du titre, formidable en personnage ambigu et imprévisible à souhait qu’on ne voudrait pas avoir pour voisin !

Creep | Creep | 2014
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Bande-annonce
Note
3
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Vincent Duménil