Affiche française
Night - The | Night - The | 2020
Affiche originale
Night - The | Night - The | 2020
Un film de
Date de sortie
Pays
Genre
Couleur ?
oui
Musique de

Night - The

Night - The

Alors qu’ils reviennent d’une soirée arrosée chez des amis à eux, un couple d’Iraniens vivant ensemble depuis peu aux Etats-Unis décident de passer la nuit dans un hôtel. Une sage décision car notre homme a semble-t-il un peu trop bu pour prendre la route et leur GPS les a perdus dans Los Angeles.
Un hôtel dans lequel notre couple va se retrouver piégé et harcelé par des occupants de l’établissement…

Night - The | Night - The | 2020

L'AVIS:

Co-production iranienne et américaine, intégralement tournée aux Etats-Unis en farsi et en anglais, "The night" est un thriller mêlant psychologie et surnaturel qui a la particularité, peut-on lire sur le Web, d’être le premier film américain ayant pu être exploité dans les salles obscures iraniennes depuis la révolution islamique de 1979.

Avec son faible budget, "The night" montre de bien belles qualités scénaristiques et une réalisation soignée que nous allons décortiquer dans cette chronique en évitant de spoiler le film à votre insu (la toute fin de la critique tentant de donner une explication au film sera entourée de balises [SPOILER] pour éviter toute mauvaise surprise si vous n’avez pas vu le long-métrage de Kourosh Ahari).

Quand on regarde "The night", on pense inévitablement à "Shining" en raison de l’action qui prend place dans un hôtel visiblement hanté pendant quasi tout le métrage (si on retire l’introduction présentant une soirée entre amis). Mais la comparaison avec l’œuvre de Stanley Kubrick s’arrêtera là car le film prend une toute autre trajectoire dans son intrigue.

Pour autant, le film n’en demeure pas moins inquiétant et immersif. Plongés dans ce vieil hôtel sombre aux couloirs paraissant parfois sans fin, éclairés par quelques lumières plafonnières, l’ambiance est parfaite pour tenir en haleine un spectateur désireux de savoir ce qui va arriver à ce couple d’iraniens et leur bébé ayant franchi le seuil de cet endroit manifestement hanté.

Des bruits de pas à l’étage supérieur, des voix étrangères entendues à de nombreuses reprises, des ombres souvent aperçues sous la porte d’entrée de la chambre, sans oublier les apparitions énigmatiques d’une femme, d’un enfant et d’un chat noir dans l’hôtel sans oublier cet individu des plus louches qui campe dehors devant l’hôtel ou encore notre réceptionniste mystérieux et quelque peu flippant quand ce dernier se lance dans un monologue mortuaire… L’atmosphère est angoissante à souhait (on retiendra notamment une ambiance sonore remarquable et quelques jumpscares soignés, sans jamais tomber dans la facilité) et le mystère total pendant une longue partie du métrage avant que l’intrigue ne s’ouvre sur quelques vérités sur nos protagonistes (je n’en dirai pas plus rassurez-vous).

D’ailleurs, les deux personnages principaux sont fort bien interprétés et parviennent à retranscrire de nombreuses émotions de par le jeu d’acteurs de très bonne facture de Shahab Hosseini et Niousha Noor.

Fantômes ? Malédiction ? Rêve/cauchemars ? Hallucinations ?
Tant de questions se posent devant "The night" qui prend un malin plaisir à nous faire douter de ce qui est vrai et de ce qui est faux.
D’ailleurs, même au moment des révélations finales, chacun se fera sa propre interprétation de ce qu’il a vécu pendant près d’1h40. Le film a en effet plusieurs niveaux de lecture et il n’est pas évident d’en choisir un plus qu’un autre tellement le film fourmille de petits détails et d’éléments vus ou entendus que nous avons envie de garder à l’esprit pour reconstituer ce puzzle scénaristique proposé.

Paranoïa, doutes, confusions et angoisse s’emparent du spectateur qui perd ses repères et demeure alors attentif à tout élément qui pourrait donner son lot d’informations pour comprendre le film de bout en bout. Ce qui n’est pas chose aisée tellement le film regorge de rebondissements et de séquences soudaines de réveil qui nous replacent automatiquement dans un autre moment du récit, voire même dans une autre dimension…

Je vais de ce fait vous donner ma propre interprétation du film dans le spoiler qui suit :

[DEBUT SPOILER] Los Angeles incarne symboliquement une sorte de Paradis sur Terre, d’où son surnom de « Cité des Anges », mais ici ce sont plutôt les Enfers, ou plutôt même une sorte d’entre-deux (nous pouvons parler de Purgatoire) où il est temps à présent d’avouer/laver ses pêchés et d’expier les conséquences de ceux-ci. Cet hôtel fait donc office de lieu où se tient le fameux Jugement dernier et que nos deux amants et leur bébé ont rejoint après un accident de voiture sous l’emprise d’alcool au retour de cette fameuse soirée chez leurs amis. S’ensuit alors la révélation de leurs pêchés (un avortement pour la jeune femme et une tromperie pour son compagnon) : des choses pouvant paraître banales au pays de l’Oncle Sam mais qui ont une toute autre importance en Iran. L’évolution des tatouages qu’ils se sont faits mutuellement marque en quelque sorte un indicateur relatif au Pardon, à la Grâce de Dieu. Plus ils avouent leur pêché à leur conjoint et plus ils avancent vers la lumière et potentiellement vers un Paradis… Ce qui ne sera manifestement pas le cas pour notre homme qui a bien du mal à avouer sa tromperie, s’enlise dans son malheur (la fameuse métaphore des sables mouvants et la symbolisation du chat noir porteur de malheur) et qui ne parvient même plus à se regarder dans une glace, son reflet lui tournant le dos en toute fin de film…[FIN SPOILER]

Alors oui, on pourra toujours reprocher quelques lenteurs dans le scénario (la dernière partie notamment) ainsi qu’une intrigue finalement assez simple mais la réalisation soignée (avec ces différents niveaux de lecture et son ambiance anxiogène fort bien retranscrite) qui nous est proposée ici fait oublier ces quelques petits défauts.
Un film à découvrir même si ce dernier ne restera pas dans toutes les mémoires de cinéphiles. Je ne peux par contre que conseiller un second visionnage pour tenter de percevoir un maximum de détails et de se forger sa propre interprétation…

Night - The | Night - The | 2020
Night - The | Night - The | 2020
Bande-annonce
Note
4
Average: 4 (1 vote)
David Maurice