HELL HOUSE LLC II : THE ABADDON HOTEL
HELL HOUSE LLC II: THE ABADDON HOTEL
Huit ans après la tragédie de l'ouverture du Hell House LLC, une maison hantée d'Halloween, plusieurs questions restent sans réponse. Grâce à un appel anonyme, la journaliste d'investigation Jessica Fox est convaincue que la clé du mystère de l'hôtel Abaddon se trouve à l'intérieur. Elle recrute alors une équipe avec un seul but en tête : rentrer par effraction dans l'hôtel et découvrir la vérité coûte que coûte…
L'AVIS :
Hell House LLC II : The Abaddon Hotel avait une mission difficile : celle de succéder à un premier film ayant obtenu un relatif succès d’estime auprès d’une certaine communauté d’amateurs de found footage horrifique. Là où "Hell House LLC" surprenait par son ambiance oppressante, son sens du mystère et sa montée progressive de la tension, cette suite choisit d’élargir son univers…au risque de perdre ce qui faisait justement la force de l’original !
L’histoire se déroule plusieurs années après la tragédie de l’hôtel Abaddon. Une journaliste d’investigation, Jessica Fox, convaincue qu’il reste des vérités cachées derrière les événements du premier film, rassemble une équipe afin de pénétrer dans l’hôtel abandonné. Entre reportages télévisés, témoignages et exploration paranormale, le métrage tente d’approfondir la mythologie autour d’Andrew Tully et des disparitions liées aux lieux. Rappelons pour ceux qui auraient oublié, que Andrew Tully est l’antagoniste principal de la franchise et accessoirement chef de secte attirant des personnes à l'hôtel Abaddon où il les torture mentalement et physiquement avant de les tuer. En gros, c’est le chef des clowns maléfiques !
Malheureusement, cette volonté d’expliquer l’inexplicable devient rapidement le principal défaut de ce second métrage. Le premier opus excellait justement parce qu’il laissait planer le doute. Les créatures (notamment ces fameux clowns mutiques bien stressants) restaient tapies dans l’ombre, les motivations demeuraient obscures, et le spectateur était constamment laissé dans l’incertitude. Ici, Hell House LLC II : The Abaddon Hotel choisit au contraire de tout montrer et de tout expliquer. Andrew Tully, sorte de caricature grotesque de l’inénarrable Vincent Price, perd alors une grande partie de son aura inquiétante à travers des dialogues explicatifs et un monologue final beaucoup trop démonstratif. Le mystère se dissipe, et avec lui une bonne partie de la peur !
Le film souffre également de personnages peu mémorables. Là où l’équipe du premier métrage semblait naturelle et crédible, les nouveaux protagonistes donnent souvent l’impression d’être de simples archétypes. Jessica et Molly manquent de profondeur, tandis que certaines performances paraissent forcées, notamment durant les séquences de « Morning Mysteries » avec Arnold Tasselman, fonctionnaire de la ville d’Abaddon, Mitchell Cavanaugh, seul survivant du documentaire et Brock Davies, un médium bonimenteur risible, qui cassent régulièrement le rythme du récit. Ces passages télévisés (notamment la séquence ridicule d’un youtubeur qui suit une auto-stoppeuse flippante dans une cave lugubre ! Superbe idée !), censés enrichir l’enquête, deviennent rapidement pesants à cause d’un jeu d’acteur inégal et d’une mise en scène parfois maladroite voire d’un apport comique involontaire malvenu.
En outre, ce volet imparfait repose beaucoup trop sur des jumpscares prévisibles et une surenchère d’explications. Le found footage paraît moins naturel, plus artificiel, avec un montage parfois confus qui nuit à l’immersion. Là où le premier opus jouait habilement avec l’horreur suggestive, cette suite préfère montrer frontalement ses monstres et ses révélations, perdant ainsi une grande partie de son efficacité.
Pourtant, tout n’est pas à jeter ici. L’hôtel Abaddon conserve toujours cette présence inquiétante qui faisait le charme du premier film. Certaines scènes parviennent encore à créer un malaise efficace, notamment grâce à l’utilisation des clowns et des couloirs labyrinthiques de l’établissement semblant sans fin. Quelques séquences au milieu du long-métrage rappellent même brièvement la tension sourde du premier volet. Le twist final, bien qu’imparfait, apporte également une conclusion suffisamment intrigante pour maintenir l’intérêt envers la suite de la trilogie que dis-je de la saga de cinq œuvres désormais !
Au final, Hell House LLC II : The Abaddon Hotel est une suite décevante mais pas totalement ratée. Le film restera regardable pour les fans du premier opus grâce à son univers et à l’atmosphère unique de l’hôtel Abaddon, mais pour les plus exigeants comme nous, il peinera à retrouver la subtilité et l’impact émotionnel de son prédécesseur. Une suite de transition donc qui divertit par moments, sans jamais retrouver la maîtrise du premier "Hell House LLC" parce qu’elle montre trop et qu’elle paraît plus bavarde !