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Des vampires dans le Bronx | Vampires vs The Bronx | 2020
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Des vampires dans le Bronx | Vampires vs The Bronx | 2020
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Des vampires dans le Bronx

Vampires vs The Bronx

Miguel, Bobby et Luis sont trois adolescents vivant dans le Bronx à New York. Alors que le quartier est en pleine gentrification, une société immobilière répondant au nom de Murnau Properties rachète de nombreux établissements et commerces. Une société qui est tenue par un homme blanc qui, étonnamment, ne sort qu'une fois la nuit tombée, ce qui intrigue les trois jeunes amis qui vont alors enquêter car ils sont persuadés que notre homme et ses acolytes sont des vampires. Rapidement des gens disparaissent dans le Bronx et les inquiétudes de notre trio d'adolescents sont de plus en plus fondées…

Des vampires dans le Bronx | Vampires vs The Bronx | 2020

L'AVIS:

Après "Un vampire à Brooklyn" en 1995 avec Eddie Murphy, nos célèbres créatures s’attaquent à un autre gros quartier de New York en choisissant un Bronx alors en pleine mutation.
Production Netflix sortie en 2020, "Des vampires dans le Bronx" est une comédie horrifique lorgnant du côté du teen movie qui vous rappellera un film culte du cinéma fantastique des années 80, à savoir un certain "Vampire vous avez dit vampire ?" sur bien des aspects.

Alors certes, le film d’Osmany Rodriguez n’arrivera jamais à la cheville du classique de 1985 mais parvient toutefois à réussir le pari d’être un sympathique divertissement pour les plus jeunes d’entre nous, pouvant faire office de gentille première incursion dans le sous-genre du film de vampires pour ces derniers.
Un film qui, à la manière de la série à succès "Stranger things", rappelle ce qui se faisait dans les années 80 avec ces bandes de jeunes enfants intrépides qui allaient se retrouver en quête de vérité dans une histoire fantastique (on pense bien évidemment aux films "Les Goonies", "Génération perdue" ou encore "Vampire vous avez dit vampire ?" comme cité juste avant).

Peu effrayant, non sanguinolent, simple à comprendre et plutôt rythmé, voilà un film de vampires pour toute la famille (quand je dis « pour toute la famille », je veux bien évidemment dire pour les 12 ans et plus : je ne veux pas de problème avec les parents hein !).
L’occasion pour les non-initiés au mythe du vampire de découvrir les principales spécificités de nos créatures si présentes dans le cinéma fantastique depuis ses débuts (on se rappelle bien évidemment de films comme "Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau en 1922, "Dracula" de Tod Browning en 1931 ou encore "Vampyr ou l’étrange aventure de David Gray" de Carl Theodore Dreyer en 1932) : qu’il s’agisse de la façon de les éliminer (pieu en bois, ail, crucifix, eau bénite ou rayons du soleil) ou tout simplement de quelques particularités pour les reconnaitre (l’absence de reflet dans le miroir ou sur un écran, l’impossibilité d’entrer dans un lieu sans y avoir été invité au préalable, le cercueil en guise de lit douillet à défaut de dormir perché la tête en bas ou encore la quête de sang frais…).

Alors certes le film est loin d’être parfait, ce qui explique notamment pourquoi il s’adressera donc plus volontiers aux jeunes amateurs de cinéma fantastique qui seront alors plus tolérants avec le long-métrage d’Osmany Rodriguez.
C’est certes souvent enfantin dans son intrigue, le film ne fait guère frissonner, les personnages de second plan sont guère intéressants pour ne pas dire parfois bêtes (à l’inverse du trio de jeunes héros qui tient la route) et nos vilains vampires ne représentent pas une grande menace pour nous les spectateurs qui attendions d’eux un peu plus de virulence et de ténacité (ils sont mous du genou, peinent à éliminer leurs proies et notamment nos héros qui s’en sortent étrangement bien à chaque confrontation…).

Mais pourtant "Des vampires dans le Bronx" contient ce petit « je ne sais quoi » qui fait que même les plus habitués au cinéma vampirique pourront y trouver un intérêt plus ou moins important. Les clins d’œil à ce sous-genre horrifique sont notamment nombreux dans le film (le nom de la société immobilière qui renvoie au géniteur de "Nosferatu le vampire" et son emblème qui est le portrait d’un certain Vlad III L’Empaleur, le nom de l’un des méchants qui s’appelle Frank Polidori et qui n’est pas sans rappeler l’écrivain John William Polidori dont la nouvelle "Le vampire" parue en 1819 popularisa le thème du vampirisme dans la littérature, le livre "Salem" de Stephen King qui est lu par l’un des personnages, sans oublier bien évidemment les séquences du film "Blade" visionné dans une épicerie de quartier…) et on prend plaisir à les chercher tout au long du film.

L’humour fonctionne également dans cette petite série B. Avec ses jeunes héros tiraillés entre la menace grandissante des vampires dans leur quartier d’une part et l’autorité de leurs mères d’autre part, on s’amuse à suivre les périples de ce trio d’amis essayant de convaincre les adultes de la nocivité de la société immobilière Murnau Properties tout en résistant aux vampires qui les ont pris en chasse. Entre combines, artilleries fait-maison et plans parfois foireux, on se prête à sourire assez régulièrement, à défaut de rire certes mais bon nombre de séquences demeurent sympathiques et plaisantes à suivre.

De même, le scénario soulève ce phénomène de gentrification de certains quartiers défavorisés, véritable sujet social dans lequel le vampire est le riche caucasien venu métamorphoser ces zones pauvres et délocaliser sa population parfois gangrénée par le trafic de drogues ou d’armes sans oublier la prostitution par exemple. Des quartiers dans lesquels les jeunes ne semblent trouver comme issues possibles que le fait de percer dans le sport (principalement le basket ball), de briller dans le rap, de devenir influenceur ou encore d’appartenir à un gang. Une jeunesse que même l’Eglise ne parvient plus à retenir comme le prouve cette longue scène de messe où ce cher Method Man, dans la peau d’un Homme d’Eglise, semble galérer avec cette jeunesse incontrôlable.

Dommage que cette satire sociale ne soit pas plus développée encore (nous aurions peut-être aimé une plus grande immersion dans les quartiers, dans la vie de tous les jours dans le Bronx), le film restant ancrée dans cette enveloppe de comédie horrifique pour adolescents avec cette intrigue quelque peu minimaliste bien qu’elle se suive sans grand déplaisir jusqu’à un final malheureusement décevant qui tire sur la longueur, propose des facilités déconcertantes dans l’élimination de nos créatures assoiffées de sang et vire un peu à la gaminerie… Dommage de finir le film de cette façon bien puérile et fainéante.

Aucun doute : "Des vampires dans le Bronx" est une gentille entrée en matière dans le monde de nos créatures aux dents pointues (d’ailleurs les maquillages et prothèses sont de très bonne facture) pour les plus jeunes ! Pour les amateurs et amatrices de cinéma fantastique plus aguerris, ce long-métrage d’Osmany Rodriguez restera purement anecdotique bien que non déplaisant à voir.

Des vampires dans le Bronx | Vampires vs The Bronx | 2020
Des vampires dans le Bronx | Vampires vs The Bronx | 2020
Bande-annonce
Note
3
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David Maurice