Compte-rendu festival Ciné Interdit 3

Par Steeve Raoult


Pour la troisième année consécutive, le youtubeur Azz l'épouvantail a posé ses valises au Club de l'Etoile à Paris (théâtre du regretté Paris Shark Fest / Week) pour un weekend consacré aux déviances cinématographiques que l'on aura peu de chances de voir ailleurs sur grand écran.

Pour rappel, les édition précédentes nous avaient offert leur lot de bobines dérangées et de rencontres privilégiées : nous avions notamment pu y voir Megalomaniac, Thanatomorphose, The Human Centipede 2, Visitor Q, 13 notes en rouge, Murder set pieces, Samouraï ninja Onimanji ou encore Meatball machine, et y croiser entre autres Laurence R. Harvey, François Gaillard, Yoshihiro Nishimura, Karim Ouelhaj ou Katsumi Sasaki.

Cette année, lundi de Pentecôte aidant, le festival s'est étalé sur 4 jours, du 6 au 9 juin 2025. L'occasion d'y voir treize longs-métrages et deux courts.

Enfin, comme l'an dernier, le Festival propose une compétition entre les films, avec un prix du public et un prix du jury. Ce dernier est cette année composé d'Amélie Lopez, programmatrice du festival Lyonnais "On vous ment" et chroniqueuse chez Jump Scare ; de Paul-Elie Schoumann, membre de Sens Critique, partenaire de cette édition ; de Frédéric Burlet, organisateur de l'Aaaargh Retro Festival à Namur ; de l'autrice Violaine de Charnage, spécialisée dans l'horreur, le gore, le body horror (vous pouvez retrouver son interview par Stéphane ici : https://horreur.com/fr/violaine-de-charnage-interview ) et plusieurs chroniques de ses romans sur notre site) ; et enfin du réalisateur Quarxx, à qui l'on doit notamment Tous les Dieux du ciel et Pandemonium. Du très beau monde donc !

Vendredi 6 juin 2025 :

THE THINGY : CONFESSIONS OF A TEENAGE PLACENTE (2013) – JOËL RABIJNS & YVES SONDERMEIER
Belgique / Compétition / Première française

L’histoire déchirante d’un placenta vivant élevé comme un être humain, un chrétien puis un soldat.

C'est la coutume au Festival Cinéma Interdit : Azz étant belge, le weekend s'ouvre sur une œuvre belge. Après l'excellent Megalomaniac en 2023 et le tétanisant Animals en 2024, c'est le Tromesque The Thingy qui nous accueille, précédé par le court-métrage Éloge du capitalisme sauvage de Julien Cescotto. Si ce dernier parvient souvent à faire mouche dans le malaise et l'humour noir, "Confessions of a teenage placenta" va plutôt nous laisser circonspects.

De son postulat de base pourtant bien perché (une bodybuildeuse élève son placenta, que l'on va suivre jusqu'à l'adolescence), le film ne tire rien, ou pas grand chose, et semble constamment hésiter entre l'humour potache, le drame, le cradingue. Résultat, à ne jamais se décider, le film se plante totalement sur tous ces aspects : on ne s'amuse pas beaucoup, on s'émeut encore moins, on sera rarement dégoutés. Pire encore, le film semble interminable. Peut-être le plus mauvais film que j'ai vu en 3 ans de Cinéma Interdit, dans une séance parasitée par l'immonde qualité des sous-titres de la Troma, en mode google trad d'il y a 10 ans.

CANNIBAL GIRL (2025) – NOBORU IGUCHI
Japon / Compétition / Première mondiale

Deux jeunes filles qui souffrent du même mal, une difficulté à manger, se rencontrent et se lient d’amitié.

Après une telle entrée en matière, on espérait que le tout nouveau film de Noboru Iguchi, diffusé en présence des deux actrices du film, Kokoro Tachibana et Brazil (qui répondront rapidement aux questions de Azz, et se plieront à l'issue du film à une séance de dédicaces et photos - ancienne Idol, Brazil nous gratifiera même d'un numéro de danse avant le film), relèverait le niveau.

De la part du réalisateur de The Machine girl et Zombie Ass : toilet of the dead, on ne s'attendait pas à un spectacle d'une grande finesse, mais plutôt à un bon gros délire partant dans tous les sens. Et si le film met un peu de temps à démarrer , cette histoire d'amour cannibale sur fond de flatulences m'a beaucoup amusé, notamment grâce à la complémentarité entre les deux actrices. Le sourire de Brazil est d'ailleurs tellement terrifiant !

LES NÉGRIERS (1971) – GUALTIERO JACOPETTI & FRANCO PROSPERI
Italie / Rétrospective

Deux documentaristes retournent dans l’Amérique pré-guerre civile pour filmer l’esclavage.
J'avoue ne pas être resté pour cette séance, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'horaire tardif, rendant le retour en transports en commun compliqué. Ensuite, parce que je connais le film, depuis l'édition du Chat qui Fume. Enfin et surtout, parce que ce documentaire n'est pas une oeuvre que l'on regarde par plaisir, tant les images peuvent y être difficiles, et le sous-texte... discutable, pour rester courtois.

Samedi 7 juin 2025

DELETED (2023) – SEIJI CHIBA
Japon / Compétition / Première Internationale

Une assistante monteuse et un assistant producteur découvrent un fantôme mystérieux qui apparaît dans les rushes d’un projet de film. D’étranges événements vont alors survenir.

Pour débuter cette deuxième journée, on retourne au Japon avec un J-Horror classique et à faible budget. Exploitant le motif classique du fantôme vengeur aux longs cheveux noirs, Deleted marche clairement dans les pas de Ring ou Ju-On (la malédiction, l'utilisation de l'image vidéo), en ayant malheureusement recours à des jump-scares un peu trop artificiels (les personnages ont tous réglé le volume de la sonnerie de leur smartphone et la vibration au maximum). On appréciera néanmoins l'explication autour de cette malédiction, très moderne, et l'apparition progressive du fantôme lors des séquences de montage.

(PR)ISONS (2024) – ESA JUSSILA
Finlande / Compétition

Quand le quartier général d’activités illégales est assiégé par des assassins impitoyables, un groupe de criminels doit se serrer les coudes pour survivre.

Direction la Finlande avec une proposition bien différente du film précédent. (Pr)isons est un film d'action ultra-violent, où deux groupes de criminels s'affrontent dans des effusions de sang extrêmement stylisées. Quelques séquences très spectaculaires (la mise à mort avec la tête d'une statue et celle avec le fil barbelé remportant largement la palme) surnagent dans une mise en scène très travaillée et clipesque, où quelques dialogues envahissant tentent, inutilement, d'apporter un peu de chair à un scénario qui s'en serait parfaitement passé. Quelque part entre John Wick et Project Wolf Hunting, ce (Pr)isons, qui se déroule dans un immense manoir, est un divertissement efficace et rythmé, qui permet de largement se reposer le cerveau avant le gros morceau qui allait suivre.

SCARLET BLUE (2024) – AURÉLIA MENGIN
France / Compétition

Alter souffre de dépression et de schizophrénie. Elle consulte un guérisseur qui pratique l’hypnose mystique et découvre que sa mère lui cache un sombre secret. Seule bouffée d’air frais : une rencontre étrange et incandescente.

Un détail ne trompe pas, au moment où Aurélia Mengin monte sur la scène pour présenter son film : la salle est pleine. On s'en doutait un peu, étant donné qu'il s'agit, de façon aussi étonnante que triste, de la première parisienne d'un film qui mériterait pourtant beaucoup plus d'exposition.

C'était le film le plus attendu du weekend, peut-être même du Festival depuis qu'il existe, et on ne sera pas déçus : Scarlet Blue est une claque, qui mérite vraiment d'être vu sur grand écran pour profiter au mieux du travail sur l'image et sur le son. Un spectacle sensoriel, qui joue sur les cadrages, sur le rythme, sur les couleurs, mettant le spectateur dans un inconfort permanent pour mieux le confronter à ce que ressent Alter. On pense à des très grands en regardant le film, à Lynch, à Cronenberg, à Jodorowsky, à Argento. On s'émerveille devant les tableaux composés par Aurélia Mengin. On souffre lors des crises d'Alter ou lors des séances d'hypnose. On souffle lorsqu'elle côtoie Chris, pour des moments d'espoir où l'inconfort semble disparaître.

Scarlet Blue, c'est le genre de film qu'on a envie de revoir, pour le confronter à ce que l'on pense avoir compris, et qui sera certainement différent de ce que l'on comprendra la prochaine fois qu'on le verra. C'est aussi le genre de film que l'on n'a pas envie de revoir tout de suite, parce qu'il faut bien le digérer. Et parce qu'on n'aura pas besoin de le revoir immédiatement : on sait déjà qu'il va trotter un moment dans nos têtes. En espérant qu'il bénéficie enfin d'une plus large diffusion sur grand écran : le film, autant que sa solaire réalisatrice, le méritent largement !

Mes camarades Stéphane Erbisti et David Maurice avaient déjà chroniqué le film il y a quelques mois : https://horreur.com/fr/scarlet-blue-scarlet-blue-2023-film

Et l'interview d'Aurélia sur le site : https://horreur.com/fr/mengin-aurelia-interview

MUKURO TRILOGY (2015) – KATSUMI SASAKI
Japon / Compétition / Première française

Anthologie de trois courts métrages sur le thème de la vengeance extrêmement violente.

On a à peine le temps de redescendre qu'Azz nous envoie une nouvelle fois au Japon, auprès de l'un de ses réalisateurs fétiche, Katsumi Sasaki, qu'il nous avait fait découvrir avec deux films (When you wish upon a star et Death speaks louder) lors de la première édition.

Mukuro Trilogy est la réunion de trois courts-métrages n'ayant rien en commun, sinon la vengeance de femmes soumises à une extrême violence. Dans Appartment Inferno, la petite amie d'un criminel est chargée de se débarrasser des cadavres ramenés par son petit ami et son colocataire. Sweet Home Inferno nous décrit le massacre d'une adolescente par sa famille sous l'influence d'un gourou. Just Like a Mother nous fait enfin suivre la vengeance d'une mère et de sa fille enlevées pour être violées et torturées par un groupe de jeunes hommes. Trois situations bien distinctes donc, avec des ambiances également particulières. Le premier court est ainsi particulièrement sordide, le second plus léger (on pense d'ailleurs un peu à Visitor Q de Takashi Miike ou Love exposure de Sono Sion pour l'intrusion d'un étranger faisant éclater la cellule familiale), et le troisième presque "classique" dans sa thématique de rape & revenge, rappelant toujours l'horrible affaire Junko Furuta. On aurait d'ailleurs presque aimé que la vengeance soit encore plus violente, d'autant que le passage le plus dur reste celui de l'évasion de la mère.

Bref, une trilogie marquante, violente et très efficace, qui permet de boucler la journée sur une nouvelle bonne note.

Dimanche 8 juin 2025

DEUS IRAE (2023) – PEDRO CRISTIANI
Argentine / Compétition / Première française

Le père Javier vit une existence fracturée. D’un côté; il aide des familles qui ont assisté à des miracles, et de l’autre, il fait partie d’un trio de prêtres excommuniés qui traquent les possédés. Ils exorcisent à leur façon : avec des Bibles, du feu et des fusils à pompe.

Pour cette courte troisième journée (les séances étant précédées et suivies... de cérémonies religieuses au sein du Club de l'Etoile !), Azz nous envoie tout d'abord en Argentine, pour un film qui ne serait sans doute pas au goût des croyants ayant quitté la salle quelques minutes plus tôt. Et pour cause, on y parle d'exorcismes, d'anges et de démons, mais aussi de Lovecraft, tout en lorgnant du côté de Clive Barker. En bref, un joyeux mélange un peu décousu (le film est composé de plusieurs saynètes, réalisées à plusieurs années d'intervalle en raison des difficultés de financement du projet), dont on retiendra principalement les trouvailles visuelles, superbes, et quelques séquences troublantes avec une représentation impressionnante du Christ lui-même.

À L’INTÉRIEUR (2007) – JULIEN MAURY & ALEXANDRE BUSTILLO
France / Rétrospective

Le cauchemar de Sarah commence un soir, quand une inconnue frappe à sa porte, et lui réclame le bébé qu’elle a dans son ventre.

Presque 20 ans que je n'avais pas vu le film, depuis sa sortie. J'en avais assez peu de souvenirs, sinon celui de la silhouette de Béatrice Dalle se glissant dans l'ombre derrière Alysson Paradis, et évidemment son final radical, que j'appréhendais un peu de revoir sur grand écran.
En présence de Julien Maury, qui répondra aux questions des spectateurs à la fin de la séance, et devant une salle qui découvrait en grande partie le film, j'ai donc pu revoir ce fleuron du gore à la française, et en ré-apprécier la violence et le jusqu'au-boutisme. Et d'apprécier les quelques secondes de silence de la salle à l'issue du film, preuve que ce dernier continue à marquer et est toujours aussi efficace.

La fiche du film : https://horreur.com/fr/linterieur-linterieur-2007-film

Lundi 9 juin 2025

COURT-METRAGE : ROMANCE POST-MORTEM - TINAM BORDAGE

On débute cette quatrième et dernière journée de festival avec le premier court-métrage de Tinam Bordage, le créateur du Sadique Master Festival, auteur de l'essai Les Dossiers Sadique-master et du roman Le Réel vous avalera.
Un court-métrage d'une dizaine de minutes, que j'avais déjà pu découvrir en Blu-Ray il y a quelques semaines, et qui ne m'a personnellement pas convaincu, peu attiré par une thématique qui ne m'a jamais secoué ni passionné (la nécrophilie), et peu friand de la froideur de la démonstration technique. Il y a néanmoins tellement plus de vie et de chaleur dans ce court-métrage que dans le film qui va lui succéder dans la programmation...

L'interview de Tinam Bordage par David Maurice : https://horreur.com/fr/bordage-tinam-interview

MUERTAMORFOSIS (2025) – LEX ORTEGA
Mexique / Compétition / Première française

Lisa est une entomologiste coincée dans les égouts de Mexico après une catastrophe naturelle. Faisant face à la pourriture et la désolation, elle doit s’adapter pour survivre à sa propre déshumanisation.

Il faut bien reconnaître le culot d'Azz avec cette proposition. Car s'il nous propose régulièrement des scènes de meurtres, de viol, de diverses paraphilies, de tortures, c'est peut-être avec ce Muertamorfosis qu'il va le plus nous pousser dans nos retranchements de cinéphiles, et pour cause : le film a été généré par Intelligence Artificielle. Autant dire que l'on grinçait des dents avant même de découvrir le film de Lex Ortega, à qui l'on doit notamment Atroz.
Difficile de se faire une idée définitive sur cette œuvre sans connaître exactement la façon dont a procédé Ortega. Toujours est-il que le procédé montre rapidement ses limites, avec l'impossibilité de faire interagir plusieurs acteurs, des images parfois indéchiffrables, un scénario compliqué à suivre, une voix-off omniprésente, et l'impossibilité d'avoir une cohérence visuelle entre les séquences, le visage du personnage principal changeant sans cesse.
Pourtant, on devine aussi l'intérêt du réalisateur pour cette désincarnation et cette distorsion permanente de l'image, pour ces corps qui fusionnent, se mélangent, se déforment, typiques de ce genre de vidéo, et qui alimentent plutôt bien le propos du film pendant une vingtaine de minutes. Mais ça devient quand même rapidement fastidieux à suivre.
Je suis néanmoins satisfait d'avoir pu assister à une telle séance : je n'aurais sans doute jamais tenté l'expérience seul, et j'aurais sûrement jeté l'éponge au bout de 20 minutes. Notez quand même qu'il s'agit du premier film en 3 ans à n'avoir été applaudi par aucun spectateur.

SAYARA (2024) – CAN EVRENOL
Turquie / Compétition

Quand sa soeur se fait assassiner par un groupe de riches jeunes hommes, Sayara, femme d’ouvrage turkmène timide, suit les enseignements de son père et se met en quête de vengeance.
Pour se remettre d'une telle expérience, on repart sur du classique... ou pas. Car ce onzième long métrage du festival nous fait cette fois atterrir en Turquie, pour un film de vengeance assez radical. Si le film semble avoir eu un certain succès auprès du public, j'avoue de mon côté être resté sur ma faim, notamment parce que l'on a souvent l'impression que Sayara s'en prend à des personnages dont le seul tort est d'apparaître dans le scénario, sans être lié ni de près, ni de loin, au meurtre de sa soeur, ce qui affaiblit considérablement le propos du film.

Cette vengeance aveugle reste néanmoins très efficace, grâce à un personnage féminin d'une violence inouïe et inattendue, ce qui donne quelques séquences impressionnantes et très douloureuses dans la dernière partie.

TOUS LES DIEUX DU CIEL (2018) – QUARXX
France / Rétrospective

Simon, ouvrier métallurgique, doit s’occuper de sa sœur handicapée à la suite d’un accident avec une arme à feu étant jeune. Il suit également des séances chez un psychiatre. Il organise un plan pour s’en sortir.

Je n'avais encore jamais vu Tous les Dieux du Ciel de Quarxx : quel bonheur de pouvoir le découvrir sur grand écran, en présence de son réalisateur.
Assez difficile d'accès, le film nous met en position d'inconfort permanent avec cette relation particulière, faite d'amour, de culpabilité, de maladresse et d'abjections, entre Simon et Estelle, mais aussi avec la paranoïa de Simon, qui mélange et nous fait mélanger réalité et fiction, notamment à travers le personnage de Zoé.
Il me faudra certainement revoir le film pour l'apprécier à sa juste valeur, ayant un peu décroché après la scène du viol, mais le film de Quarxx est clairement de ceux qui permettent au genre de briller en France.

Chronique de Stéphane : https://horreur.com/fr/tous-les-dieux-du-ciel-tous-les-dieux-du-ciel-20…

CEREMONIE DE CLÔTURE

Les quatre jours du Festival se terminent, il est temps de désigner les vainqueurs des différents prix. Deux lauréats pour le prix du public avec, à mon immense surprise les sympathiques mais pas transcendants Cannibal girl (qui aura sans doute bénéficié de la présence et de la disponibilité des deux actrices principales) et Sayara (peut-être l'effet ShadowZ ? le film étant diffusé en partenariat avec le service de streaming). Un peu déçu de mon côté, et je pense ne pas avoir été le seul d'après le moment de flottement qu'il y a eu dans la salle à cette annonce, mais c'est le jeu des festivals et des notes qui peuvent rapidement évoluer en fonction du nombre de spectateurs.

A mon sens, Scarlet Blue était infiniment au-dessus des autres films, mais peut-être n'était-ce tout simplement pas la proposition de cinéma que recherchaient les spectateurs dans un tel festival.
Heureusement, le film d'Aurélia Mengin reçoit le prix du Jury, ce qui est vraiment mérité. Un prix qu'elle a reçu avec une véritable émotion. Le Jury a par ailleurs désigné Cannibal girl comme le film le plus fou du festival, un titre qui lui sied cette fois à ravir.

TALE OF BLISS & HERESY (2023) – NOBORU IGUCHI
Japon / Hors compétition

Une anthologie de segments qui explorent diverses perversités bien japonaises.
Le hasard fait donc bien les choses : on termine ce long week-end avec un second film de Noboru Iguchi, récompensé deux fois pour son Cannibal girl. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on va finir en apothéose avec l'avant-dernier film en date du réalisateur, une anthologie de trois segments consacrés à... des perversités sexuelles. Et si l'on commence doucement avec Painful shadows, on va vite franchir les frontières du bon goût avec The One armed flower, on l'on retrouve avec joie l'ancienne Machine Girl Minase Yashiro, et surtout The Table of bataille, qui annonçait déjà le synopsis de Cannibal Girl avec son histoire romantique jonchée de pets.

Le festival se termine donc avec un bon gros délire, qui rappelle un peu la joyeuse diffusion de Shiori no inmu il y a 2 ans. C'est l'occasion pour moi de remercier une nouvelle fois Azz pour ce weekend, et pour ce festival qui s'améliore d'année en année, autant dans son organisation (bénéficiant sans doute de ce jour de plus pour mieux espacer les séances) que dans la qualité et la diversité des œuvres proposées : on n'aimera pas tous ces films, mais il y en a pour tous les goûts, d'horizons variés (des films belges, français, turcs, italiens, mexicains, argentins, finlandais et évidemment japonais cette année). Le principal point d'amélioration reste peut-être la visibilité des sous-titres, les longues phrases étant souvent tronquées à l'écran. Mais on est vraiment dans le détail ! Et j'aimerais également la mise en place d'une petite boutique, notamment pour récupérer cette affiche, apparemment créée par le père d'Azz, et qui est une nouvelle fois magnifique.

On apprécie également, chaque année, la disponibilité et la bonne humeur des invités et des membres du jury, pour un festival qui reste à taille humaine et permet les échanges. Vivement la 4e édition l'année prochaine, voire même l'édition belge, puisque le festival se déroule désormais également à Bruxelles !