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Sting | Sting | 2024
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Sting | Sting | 2024
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Sting

Sting

La jeune Charlotte trouve une araignée dans l’appartement de sa grand-mère et décide de la garder dans un bocal pour la voir évoluer au fil du temps. Un animal de compagnie pas comme les autres qu’elle garde secrètement dans sa chambre sans savoir que cet étrange arachnide provient d’une météorite ayant effleuré la Terre et que sa taille va rapidement s’accroître…

Sting | Sting | 2024

L'AVIS:

Les films d’araignées, on connait bien dans la sphère fantasticophile (nous n’allons pas vous refaire toute la filmographie des films emblématiques de ce sous-genre rassurez-vous) et nous avons d’ailleurs eu droit au bon petit "Vermines" en 2023 qui nous avait fait frissonner au cinéma.

Hé bien l’année suivante nous avons eu un certain "Sting" (que nous traduirons ici pas "Dard"), un film australien qui vient nous confronter à une énorme araignée ayant élu domicile dans un immeuble new-yorkais.
Un film qui saura se faire une sympathique publicité par le biais des réseaux sociaux où circulait le teaser de manière prononcée cette année 2024, attisant notre curiosité par ce qui semblait être des scènes d’attaques bien nerveuses et frissonnantes à souhait.

Exit ici le réalisme de (très bons) films tels que "Arachnophobie" ou "Kingdom of the spiders" (alias "L’horrible invasion"), nous flirtons ici avec la science-fiction car, comme pour "Arachnid" (sorti en 2001), notre vilaine bêbête est d’origine extraterrestre.
Cela explique notamment le pourquoi du comment elle agit comme un animal domestique docile (chat, chien) : elle répond à des sons et semble ne pas vouloir s’en prendre à la petite Charlotte qui l’a recueillie chez elle, sort de son bocal pour aller fouiner dans les conduits d’aération pour ensuite tranquillement retourner dans son bocal en prenant bien soin de refermer le couvercle… Un aspect limite ridicule/niais qui vient discréditer en grande partie le métrage qui souffre alors d’un gros souci de réalisme.

Alors oui, nous comprenons rapidement que nous sommes ici face à un film volontairement comique par moments (sans atteindre le niveau d’un "Arac Attack" ou d’un "Big ass spider" par exemple), ne serait-ce qu’en nous présentant un dératiseur faisant le rigolo de service (limite insupportable par moments, au même titre que le personnage de Charlotte), une vieille dame dont l’Alzheimer amusera de temps à autres ou encore une propriétaire d’immeuble radine et antipathique à souhait. Et que dire de la scène finale où notre dératiseur frôle la folie humaine en tirant dans tous les sens pour toucher l’arachnide plus vorace que jamais ! (je n’en dirai pas plus sur le dénouement final rassurez-vous). Oui c’est parfois amusant mais était-ce ce que nous étions venus chercher ici ? (…)

Il est difficile de saisir ce que le réalisateur/scénariste a voulu retranscrire dans son film. Le scénario peine à prendre position entre horreur pure et humour (un choix qui lui semble compliqué manifestement), ne semblant pas trouver sa vraie voie. De ce fait nous nous retrouvons face à une histoire certes bien frissonnante par moments (certains passages jouant la carte tantôt du jumpscare tantôt de l’angoisse réussissent leur coup) mais qui parfois casse cette ambiance anxiogène en plaçant des séquences humoristiques pas suffisamment poussées pour nous faire rire aux éclats mais suffisamment présentes pour nous sortir de cette atmosphère pourtant angoissante.

Autre faiblesse scénaristique : entre l’horreur et l’humour distillés dans cette histoire vient également se placer un drame familial qui finalement n’a que peu d’intérêt ici… Dommage d’y accorder autant d’importance en nous montrant une famille déchirée, des tensions grandissantes entre les parents de Charlotte… Alors qu’en réalité… On s’en fout et surtout cela n’apporte rien à l’histoire !

L’araignée quant à elle est exactement à l’image de ce qui est dit juste avant sur ce déséquilibre dans la narration : très réaliste et frissonnante quand elle est encore petite, cette dernière devient presque ridicule dans sa modélisation quand elle devient énorme (un manque cruel de finesse dans la gueule notamment). Alors est-ce volontaire pour maintenir ce côté humoristique ? Nous ne le savons pas vraiment mais cette seconde partie du film, où notre araignée extraterrestre atteint une taille conséquente, manque d’efficacité pour ce qui est de nous faire frissonner (cette scène où elle traine tranquillement ses proies humaines vers le conduit d’aération dans l’appartement quasi sous le nez de Charlotte est limite ridicule…).

Décidément la sauce peine à prendre et probablement le film aurait été plus réussi si les scènes d’agression avaient été plus violentes et démonstratives (beaucoup de hors-champs malheureusement), sans oublier qu’il est dommage de rapidement comprendre que cette chère Charlotte ne risque quasi rien car depuis le début du film notre araignée semble être son amie… Cela gâche quelque peu le suspense, d’autant plus que le final du film est hautement prévisible, qu’il s’agisse de deviner la liste du(des) survivant(s) ou le devenir de l’arachnide (une ficelle énorme pour qui est un minimum attentif durant le film).

Et pourtant, hormis les quelques scènes angoissantes dans la première moitié du film (bien plus passionnante) qui font parfois froid dans le dos, nous avons également droit à de jolis maquillages faciaux pour nous dévoiler des cadavres réalistes (plaies, morsures, victime défigurée…). Un beau boulot à ce niveau ! Dommage que l’araignée peine à convaincre, entre marionnettisme et numérisation...

Au final, "Sting" n’est pas mauvais en soi mais présente bien trop de lacunes dans sa narration qui ne parvient pas à choisir entre horreur, humour et drame. Et même si certaines scènes parviennent à faire leur petit effet (on frissonne par moments, soyons francs), notre arachnide ne nous effraye finalement pas assez quand il se montre un peu trop à l’écran en raison d’une modélisation hasardeuse. Ajoutez à cela un jeu d’acteur loin d’être extraordinaire et vous obtenez quelque chose un brin décevant par rapport à nos attentes. Dommage.

Sting | Sting | 2024
Sting | Sting | 2024
Bande-annonce
Note
2
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David Maurice