Shin Kamen Rider : Prologue
Shin Kamen Raidaa: Purorogu
Shin Kazamatsuri est poursuivi par une mystérieuse organisation scientifique après avoir été transformé en mutant mi-humain mi-sauterelle.
L'Avis :
Né en 1971, Kamen Rider célèbre au début des années 90 ses vingt ans. Pour l'occasion, la Toei va produire un film pour son catalogue de V-Cinema : "Shin Kamen Rider : Prologue", avec pour ambition de proposer une oeuvre adulte aux fans qui ont grandi avec la saga, sur un support offrant davantage de libertés, autant visuelles que thématiques, qu'une sortie cinéma.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce "SKRP" ne perd pas de temps pour nous emmener vers des territoires inexplorés de la saga : en moins de 3 minutes, entre l'agression d'une jeune femme et la mise à mort sanglante d'un groupe de policiers dans un décor urbain, on est bien loin des gentils affrontements entre monstres dans des décors souvent épurés auxquels le héros nous avait habitués depuis sa naissance.
On est bien ici devant une oeuvre destinée à un public mature, avec pas mal de violence, une petite pointe d'érotisme, et des thématiques plutôt sombres, un héros très ambigu et harcelé par de nombreuses visions horrifiques, et un Rider particulièrement monstrueux. Exit le côté cyborg (du moins, côté Rider), on est face à un mutant vraiment repoussant, dont la transformation lorgne clairement vers le body horror. Une vraie réussite, même si cet aspect laissera apparemment dubitatifs pas mal de fans de la première heure.
De mon côté, c'est plutôt le reste du film qui va me laisser dubitatif, tant le scénario se traîne entre tunnels de dialogues, personnages trop nombreux et séquences d'espionnages pachydermiques. C'est simple, on oublie régulièrement qu'on est devant un Kamen Rider, et on s'ennuie beaucoup pendant les 90 minutes d'un film qui aurait sans doute gagné à être réduit de moitié.
Parallèlement, certaines idées et intrigues secondaires viennent encore alourdir l'ensemble. L'idée d'une organisation maléfique tirant les ficelles dans l'ombre aurait sans doute pu être développée efficacement dans le cadre d'une série, mais elle soulève ici beaucoup trop d'interrogations et de zones d'ombre pour offrir autre chose qu'une résolution en queue de poisson. De même, cette espèce de fœtus mutant mi-homme mi-sauterelle qui apparaît dans la seconde moitié du film, s'il sent bon le cinéma d'exploitation, n'a absolument aucun intérêt sinon d'apporter une touche de creepy à un film qui n'en avait plus vraiment besoin.
Bref, ce détour de "Kamen Rider" par le V-Cinéma n'est pas vraiment une réussite : beaucoup trop long et indigeste, il aura néanmoins l'immense mérite de sortir la saga de ses poncifs, et de tracer la voie vers "Kamen Rider ZO" et "Kamen Rider J", qui continueront à explorer des thématiques et des imageries plus sombres mais avec bien plus de réussite.
A noter que le film n'a absolument aucun rapport, malgré son titre, avec le "Shin Kamen Rider" réalisé en 2023 par Hideaki Anno.