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Mickey 17 | Mickey 17 | 2025
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Mickey 17 | Mickey 17 | 2025
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Mickey 17

Mickey 17

Héros malgré lui, Mickey Barnes se tue à la tâche… littéralement ! Car c’est ce qu’exige de lui son entreprise : mourir régulièrement pour gagner sa vie.

Mickey 17 | Mickey 17 | 2025

L'Avis :

Premier film de Bong Joon-ho depuis la consécration de "Parasite", Mickey 17 est l'adaptation du roman Mickey7 d'Edward Ashton, et nous envoie bien loin de l'univers qui l'a révélé au grand public, en pleine conquête spatiale. Robert Pattinson y incarne un "Remplaçable", un être qui peut être dupliqué, tout en conservant ses souvenirs, et que l'on peut donc utiliser comme cobaye pour affronter les aléas propres à l'exploration de nouveaux territoires : on l'envoie donc mourir lors de missions suicides, on le met en première ligne pour découvrir si un environnement est hostile, on l'utilise comme cobaye pour examiner les effets de virus, de traitements...

De ce point de départ, le réalisateur coréen va développer un film avec beaucoup d'humour noir, où le statut d'expendable de Mickey est générateur d'un cynisme assez grinçant, accentué par la performance de Pattinson (qui se fait décidément une belle petite carrière, après ses passages devant les caméras de Matt Reeves, Christopher Nolan, Robert Eggers, James Gray ou encore David Cronenberg) dans le rôle du cobaye innocent et naïf, puis d'un autre beaucoup plus affirmé. Autre performance réjouissante, celle de Mark Ruffalo dans le rôle du leader très-Trumpien, aux dents blanches et carnassières, adepte des phrases et vidéo chocs, mais incapable de réfléchir ou de concevoir le pouvoir autrement que par magouilles et démonstrations de force.

On sent d'ailleurs le plaisir de l'acteur à en faire des tonnes dans ce rôle, pour une caricature sans aucune finesse, mais terriblement satisfaisante de l'impérialisme à l'américaine. Certains trouveront peut-être cet aspect beaucoup trop exagéré, mais c'est un point que l'on retrouve dans toute la filmographie de Bong Joon-ho, de "Memories of murder" à "Parasite", en passant (surtout) par "The Host" ou "Okja". Autre élément classique de la filmographie du réalisateur, la thématique de la lutte des classes, avec ce personnage principal qui n'est littéralement que le recyclage de la merde et des déchets des classes supérieures, et n'est finalement là que pour leur servir d'outil.

Si le scénario est avant tout un prétexte pour développer les thèmes de prédilection du réalisateur de "Snowpiercer", le film parvient néanmoins à nous surprendre à plusieurs reprises, notamment avec cette étonnante espèce habitant la planète Nilfheim, les rebondissements liés aux Remplaçables, ou surtout une ambiance toute particulière, entre humour et froideur, entre mélancolie et cynisme. De fait, si le point de départ évoque un peu "Edge of tomorrow", si l'aspect critique antiaméricaine rappelle par moments "Starship Troopers", "Mickey 17" ne ressemble finalement à aucun autre, tout en portant très clairement la marque de son réalisateur. En ce qui me concerne, c'est une nouvelle réussite dans une filmographie qui en comporte déjà beaucoup.

Mickey 17 | Mickey 17 | 2025
Mickey 17 | Mickey 17 | 2025
Bande-annonce
Note
5
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Steeve Raoult