Affiche française
Frankenstein conquiert le monde | Furankenshutain tai Baragon | 1965
Affiche originale
Frankenstein conquiert le monde | Furankenshutain tai Baragon | 1965
Un film de
Date de sortie
Pays
Genre
Couleur ?
oui
Musique de

Frankenstein conquiert le monde

Furankenshutain tai Baragon

Frankenstein vs Baragon

Durant la Seconde Guerre mondiale, le cœur de la créature de Frankenstein débarque au Japon. Il est amené dans un laboratoire d'Hiroshima où des scientifiques procèdent à sa transplantation dans un cadavre. Mais, alors que l'opération vient de s'achever, la bombe atomique s'abat sur la ville. Des années plus tard, le monstre est recueilli par un scientifique américain et son assistante japonaise. Sous l'effet des radiations, il commence à grandir jusqu'à atteindre la taille d'une maison. Aucune cage ne pouvant plus désormais le retenir, le monstre s'évade et se réfugie dans la forêt.

Frankenstein conquiert le monde | Furankenshutain tai Baragon | 1965

L'Avis :

Qui n'a jamais rêvé de voir une créature de Frankenstein gigantesque affronter un monstre géant dans un kaiju eiga ? Comment ça, "personne" ? Ce fantasme inavouable a pourtant bien été porté à l'écran par l'inépuisable Ishiro Honda en 1965, avec Frankenstein conquiert le Monde, également connu sous le nom de Frankenstein vs Baragon.

A l'origine du projet se trouve Henry Saperstein et sa société United Productions of America (UPA), qui vient de distribuer "Mothra contre Godzilla" sur le sol américain avec un certain succès. Il propose un partenariat avec la Toho pour plusieurs films, prenant en charge la moitié du budget de chaque film, avec un droit de regard sur les scénarios, imposant un acteur américain afin d'assurer une distribution plus rentable à l'étranger, tout en laissant une large marge de manoeuvre aux équipes de la Toho.

Assez vite, la volonté de produire un film inspiré du mythe de Frankenstein s'impose, d'autant que la Toho détient les droits du scénario de King Kong vs Prometheus, imaginé par Willis O'Brien (et qui inspirera notamment "King Kong contre Godzilla"). La Créature devait ainsi initialement affronter "The Human Vapor", avant qu'un affrontement avec Godzilla lui-même ne soit envisagé. Finalement, le scénario va se recentrer pour faire du monstre de Frankenstein le noyau de l'histoire, et l'opposer à une créature inédite : Baragon.

Le point de départ du film est d'ailleurs assez étonnant : l'action débute en Allemagne, en 1945, où un scientifique nazi étudie le coeur de la créature de Frankenstein. Pour éviter de tomber entre les mains des Alliés, ledit coeur est envoyé au Japon, à... Hiroshima. A peine le temps de déballer l'organe que la ville subit le bombardement atomique : les conditions parfaites pour créer un monstre de Frankenstein qui va rapidement grandir.

Faire entrer la créature de Frankenstein dans le bestiaire du kaiju eiga présente quelques avantages, mais aussi quelques inconvénients. Au rayon des avantages, plus besoin de s'encombrer d'un costume très lourd, ce qui rend le monstre beaucoup plus agile, notamment pour les combats. Cela permet également de soigner les effets de transparence et les effets d'échelle, le film s'en sortant généralement bien sur ces points, avec des effets certes classiques mais efficaces, et des maquettes joliment détaillées. On retiendra ainsi le superbe affrontement final, devant une forêt en feu.

Au rayon des inconvénients, cela nécessite une certaine performance d'acteur, et c'est justement là que le bât blesse. Car pour incarner ce "Frankenstein", c'est le jeune débutant Kôji Furuhata qui est choisi, et qui devra porter un maquillage destiné à entretenir la filiation avec le monstre "classique" interprété par Boris Karloff. Un front proéminent donc, des paupières tombantes, pour jouer une créature naïve et simple confrontée à un monde extérieur qu'elle ne comprend pas, et qui ne la comprend pas. Et si on imagine aisément la volonté de Honda d'opposer l'innocence de sa créature à la cruauté des hommes (un thème récurrent dans sa filmographie), le résultat donne surtout le sentiment de voir un enfant au QI négatif déambuler au hasard sur l'écran avec une expression d'émerveillement puéril ou de colère enfantine sur le visage, ce qui détruit absolument toute l'ambition du film.

On n'en retiendra ainsi que cette performance, au détriment de séquences très réussies (l'affrontement final, principalement) et d'une thématique qui aurait pu être intéressante. A noter que le film dispose d'une seconde fin : après le combat clôturant le film d'origine, le monstre de Frankenstein géant affronte une pieuvre géante sortie de nulle part, héritage de l'un des titres sous lequels Saperstein a fait la promotion du film, Frankenstein vs the giant devilfish. Enfin, Frankenstein conquiert le Monde a connu une suite dès l'année suivante, avec War of the Gargantuas, également connu chez nous sous le titre "La Guerre des Monstres".

Frankenstein conquiert le monde | Furankenshutain tai Baragon | 1965
Frankenstein conquiert le monde | Furankenshutain tai Baragon | 1965
Bande-annonce
Note
2
Average: 2 (1 vote)
Steeve Raoult