Exit humanity
Exit humanity
Alors que la Guerre de Sécession vient de se terminer, une poignée de survivants tentent de résister à une population transformée en morts-vivants…
L'AVIS:
Passé par le Festival de Sitges, le Screamfest ou encore le Toronto After Dark Film Festival, "Exit humanity" est un petit film mêlant western et morts-vivants sorti directement sur support physique sur notre territoire.
Alors que le scénario ne semble pas trop vouloir nous apporter de grandes nouveautés au pays des zombies et que la jaquette du dvd français sent fort le racolage, votre cher rédacteur s’est tout de même lancé dans cette aventure horrifique et vous en donne à présent son avis.
La première chose qui marque dans le film de John Geddes est cette impression de monotonie, de lenteur scénaristique, accentuée par une voix off (Brian Cox : "Troie", "X-Men 2", "Succession"…) soporifique. Il ne faut en effet pas plus de 10 minutes pour comprendre que le film ne fera pas dans l’action bourrin mais plutôt dans le dramatique et le contemplatif. Un constat rapide qui n’est pas pour me déplaire mais encore faut-il que tout cela soit un minimum maîtrisé…
Et malheureusement, "Exit humanity" ne semble guère vouloir faire dans l’originalité et se limite à nous proposer quelques chose maintes fois vu dans ce registre très prolifique du film de morts-vivants. Avec un scénario qui n’a de peu banal que l’époque où se déroule l’action (« action » étant ici un grand mot…), ce film canadien traîne en longueur et peine à nous tenir en haleine malgré quelques tentatives d’offrir par moments une narration certes moins classique bien que déjà vue de nombreuses fois (le découpage en chapitres est plutôt appréciable, tout comme ces nombreux passages sous forme d’animations fort bien réalisés mais qui semblent ici bien plus cacher un manque de budget évident du fait qu’ils nous dépeignent régulièrement des passages un brin plus gores que d’autres…).
Avec ce type de scénario et cette période de l’Histoire américain abordée, nous aurions préféré un meilleur sort à ce "Exit humanity" que cette écriture qui manque clairement de profondeur et d’explications (on essayera de nous donner de vagues explications sur la propagation de la maladie ou encore de la voir sous un angle différent mais là encore cette sensation de vouloir nous intellectualiser le récit ne prend pas, le spectateur peinant à embarquer dans cette histoire bien trop ennuyeuse et banale).
Visuellement ce n’est pas vilain mais j’en attendais plus là aussi. La forêt, étendue et menaçante, est un élément central ici mais s’avère bien trop présente : une exploration un peu plus poussée de ce village dévasté que traverse notre héros aurait été bien plus palpitante et immersive que ces marches parmi les arbres durant lesquels nous sortons de temps à autres le colt pour zigouiller un zombie d’une balle en pleine tête… Mais bon, encore une fois le budget alloué ne permettait probablement pas de s’offrir des décors un minimum soignés et diversifiés...
Et ce n’est pas la galerie de personnages qui nous sont dépeints ici qui va améliorer la chose. Le casting, dans lequel nous retrouvons quelques têtes connues, fait très moyennement le job et il faut bien avouer que les personnages que campent nos acteurs/actrices n’aident pas à se transcender…
Avec son héros (joué par un illustre inconnu) qui semble increvable, les autres « gentils » qui n’apportent pas grand-chose au récit (le personnage d’Isaac est si creux et sonne si faux par moment qu’il en devient pathétique) et les méchants qui finalement ne sont pas une bien grande menace ici (Bill Moseley dans son rôle de général sanguinaire est bien loin de son personnage d’Otis dans "The devil’s rejects" et "La maison des 1000 morts" de Rob Zombie, tout comme Stephen McHattie, vu dans "Pontypool" ou "Watchmen : les gardiens", qui campe le rôle d’un savant complètement effacé alors que nous aurions aimé ici un peu de folie et de sadisme…), "Exit humanity" n’a pas grand-chose à nous proposer une fois de plus et cela devient consternant…
Et je ne parle pas des actrices Dee Wallace ("E.T., l’extraterrestre", "Cujo" sans oublier "Hurlements") et Joran Hayes (les séries "Nikita" et "Hélix" ou encore "La maison au bout de la rue") qui jouent des personnages sans aucun charisme alors qu’ils sont pourtant importants dans le récit… Affligeant…
Alors oui, nous retiendrons en principal point positif de jolis maquillages sur nos zombies qui adoptent ici une démarche désarticulée comme on les aime mais cela ne sauvera pas le film de ce grand sentiment de gâchis.
Banal pour ne pas dire frustrant dans son histoire, soporifique dans sa narration et peu convaincant dans son jeu d’acteur, cela fait décidément trop de choses négatives pour que nous ayons envie de revoir ce film canadien décevant.