Affiche française
Blacula le vampire noir | Blacula | 1972
Affiche originale
Blacula le vampire noir | Blacula | 1972
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Blacula le vampire noir

Blacula

En 1780, le prince Mamuwalde rend visite au comte Dracula pour plaider l’abolition de la traite négrière. Trahi et maudit, il est transformé en vampire et enfermé dans un cercueil.
Deux siècles plus tard, ce cercueil est expédié à Los Angeles par deux antiquaires naïfs, et Mamuwalde, devenu Blacula, se réveille dans un monde qui ne ressemble plus au sien. Jusqu’au jour où il croise Tina, réincarnation troublante de son épouse assassinée...

Blacula le vampire noir | Blacula | 1972

L'AVIS :

Blacula est un film qui, derrière son titre clinquant et sa réputation d’objet kitsch, raconte une histoire étonnamment tragique, sous le vernis soul et funky des années 70. Tout commence au XVIIIe siècle, dans un château transylvanien où le prince africain Mamuwalde et sa femme Luva viennent supplier Dracula d’user de son influence pour abolir l’esclavage. Peine perdue : le comte révèle bien vite qu’il n’a pour eux qu’un mépris teinté de sadisme. La scène, d’une noirceur saisissante, se termine par la malédiction suprême : Mamuwalde est transformé en vampire et enfermé vivant, condamné à entendre sa femme mourir de faim dans la pièce voisine.

Coupe brutale : nous voilà transportés dans le Los Angeles du début des années 70, royaume des clubs disco, des chemises à col pelle-à-tarte et des marchands d’antiquités bohèmes. Justement, c’est un couple d’antiquaires un brin caricaturaux qui ramène le cercueil du vampire en Californie. Et lorsque Blacula s’en libère, la soif de sang se confond avec le besoin de retrouver quelque chose qu’on lui a arraché deux siècles plus tôt. Ce qui frappe ensuite, c’est la façon dont Mamuwalde, malgré son apparence terrifiante et sa force meurtrière, ne perd jamais cette dignité princière.

Quand il croise Tina, jeune femme troublante qui ressemble trait pour trait à Luva, c’est comme si le passé revenait l’étreindre et l’écorcher simultanément. Cette romance, improbable mais poignante, devient le fil rouge du film : la quête impossible d’une seconde chance, la tragédie de l’immortalité et du deuil. Évidemment, Blacula reste aussi un film de son époque, avec ses passages obligés : meurtres dans les ruelles sombres, poursuites un peu pataudes, policiers dépassés par le surnaturel. Mais notre protagoniste principal fait preuve de suffisamment de gravité et de noblesse qu’on pardonne tout, même les effets spéciaux parfois maladroits. Le final est d’une tristesse magnifique.

Et c’est là tout le paradoxe de Blacula : sous ses airs de série B funky, c’est une tragédie shakespearienne en costume à paillettes, où l’horreur côtoie la romance et où le vampire devient une figure de noblesse brisée. Derrière les canines acérées, il y a un cœur blessé qui bat encore, et c’est sans doute pour ça qu’on l’aime, plus de cinquante ans après.

Blacula le vampire noir | Blacula | 1972
Blacula le vampire noir | Blacula | 1972
Bande-annonce
Note
4
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Mélanie W.