Affiche française
COLONY | GUNCHE| 2026
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COLONY | GUNCHE| 2026
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COLONY

GUNCHE

A Séoul, une mystérieuse contamination se propage brusquement dans un gratte-ciel. En raison de la nature non identifiée du virus, l’immeuble est alors mis en quarantaine et toutes les personnes présentes y sont confinées. Au départ, les infectés rampent comme des bêtes. Mais peu à peu, ils évoluent, constituant une menace pour les survivants qui vont alors devoir livrer un combat acharné pour ne pas périr à leur tour…

COLONY | GUNCHE| 2026

L'AVIS :

Avec Colony, Sang-ho Yeon revient dix ans après au genre qui l’a fait connaître avec "Dernier train pour Busan" en 2016, mais délaisse cette fois le train pour une tour transformée en véritable piège vertical. Après une attaque bioterroriste, les habitants d’un building se retrouvent enfermés tandis qu’une étrange infection transforme progressivement les humains en créatures aussi inquiétantes qu’imprévisibles. Sur le papier, le concept a de quoi séduire : ces zombies ne sont pas de simples machines à tuer. Ils communiquent entre eux, apprennent de leurs adversaires et sont capables de muter pour s’adapter !

C’est justement cette idée qui constitue la principale force du film. En s’inspirant notamment du fonctionnement d’organismes capables d’évoluer collectivement, Colony propose une variation intéressante du mythe du zombie. Les infectés semblent former une sorte d’intelligence commune, ce qui permet au réalisateur de renouveler certaines situations et de créer une menace moins prévisible que les traditionnels morts-vivants. Le métrage joue également intelligemment avec l’idée d’une société hyperconnectée, où l’individu finit par perdre une partie de son autonomie au profit du collectif. Une métaphore qui aurait pu être davantage développée, mais qui apporte ici une dimension contemporaine bienvenue.

Visuellement, le résultat est également convaincant. Les corps infectés, désarticulés et presque « marionnettiques », possèdent une vraie identité visuelle. Les effets organiques, notamment le mucus blanchâtre et les transformations physiques, renforcent le côté répugnant de l’infection sans tomber dans une surenchère gore permanente. Colony privilégie davantage la tension et l’atmosphère que l’horreur pure, ce qui pourra d’ailleurs séduire les spectateurs peu amateurs de films particulièrement sanglants.

La mise en scène reste efficace et le long-métrage ne perd pas de temps avant de plonger dans le chaos. Plusieurs séquences de tension fonctionnent très bien, notamment grâce à l’utilisation de l’espace vertical de la tour. Le principe rappelle forcément certains classiques du film d’action en huis clos, tandis que le cadre du bâtiment contaminé évoque aussi les grands récits de zombies en environnement clos. Comment, en effet, ne pas penser aux deux chefs-d’œuvre que sont Piège de cristal de John McTiernan et "Zombie" de George A. Romero !?

Toutefois, malgré un concept particulièrement prometteur, le scénario ne l’exploite pas toujours à la hauteur de ses possibilités. Les personnages sont parfois réduits à des archétypes plutôt classiques et certains semblent surtout présents pour disparaître quelques minutes plus tard. En outre, les relations entre les survivants manquent de profondeur, tandis que plusieurs pistes narratives sont introduites avant d’être abandonnées ou expédiées. Pas facile alors de parfois s’attacher au sort de certains protagonistes qui sont soit inintéressants, soit servant juste de chair à canon !

Le film souffre également d’un problème de durée. Certaines digressions auraient facilement pu être supprimées sans nuire à l’intrigue, d’autant que les principaux enjeux sont finalement assez simples. À force d’explications et de rebondissements, Colony donne parfois l’impression de vouloir justifier un concept qui se suffisait pourtant à lui-même. Le spectateur est pourtant à même de comprendre assez vite tout seul certains mécanismes du récit et peut anticiper une partie des événements, notamment la manière dont le groupe de survivants va progressivement se réduire.

Cette « prévisibilité » empêche le film de retrouver la puissance émotionnelle et la virtuosité de "Dernier train pour Busan". Là où ce dernier parvenait à associer spectacle, tension et émotion, Colony privilégie davantage l’efficacité immédiate. Il reste donc un thriller horrifique solide, mais rarement aussi marquant que son prédécesseur. On est également loin de la radicalité de Seoul Station ou de l’ambition plus spectaculaire de "Peninsula".

Pour conclure, sans révolutionner le genre du film de zombies, Yeon Sang-ho parvient donc à lui apporter une variation intéressante. Colony n’est peut-être pas le nouveau "Dernier train pour Busan", mais il offre suffisamment de tension, d’idées et de spectacle pour passer un bon moment. Un film imparfait, parfois trop long et prévisible, mais suffisamment nerveux et inventif pour que l’on ait rarement envie de regarder sa montre.

COLONY | GUNCHE| 2026
COLONY | GUNCHE| 2026
Bande-annonce
Note
3
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Vincent Duménil