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Evil dead burn | Evil dead burn | 2026
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Evil dead burn | Evil dead burn | 2026
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Evil dead burn

Evil dead brun

Venue enterrer son mari au sein d'une famille aussi toxique qu'hostile, Alice voit son deuil basculer dans l'horreur lorsqu'une entité démoniaque prend possession des lieux. Entre tensions familiales, possession et bain de sang, personne ne sortira indemne de cette nuit...

Evil dead burn | Evil dead burn | 2026

L'AVIS :

Réalisé par Sébastien Vaniček, épaulé au scénario par Florent Bernard, Evil Dead Burn marque les retrouvailles du duo français révélé en 2024 avec l'efficace Vermines, excellent film d'invasion d'araignées en banlieue. Repérés par Sam Raimi, les deux hommes héritent de la lourde tâche de prolonger l'une des sagas horrifiques les plus cultes du cinéma, après la trilogie originelle de Raimi, le reboot musclé de Fede Álvarez et Evil Dead Rise de Lee Cronin (sans compter la série Ash Vs Evil Dead).

S'il reprend les principaux éléments de la mythologie de la saga, Vaniček choisit clairement de poursuivre la voie empruntée par le reboot de 2013 plutôt que celle de la trilogie originale. Ici, l'humour omniprésent des premiers films, porté par un Bruce Campbell totalement cartoonesque, est largement mis de côté. Il ne subsiste que par petites touches, notamment à travers le personnage de la grand-mère, dont la maladie apporte un décalage bienvenu au milieu de cet océan de violence.

Car pour le reste, Evil Dead Burn ne fait aucune concession. Le film suit Alice, interprétée avec une incroyable physicalité par Souheila Yacoub, venue passer quelques jours auprès de sa belle-famille après le décès de son mari, Will. Très rapidement, on découvre une famille gangrenée par un patriarcat toxique et une violence conjugale profondément ancrée. Un terreau idéal pour que les Deadites viennent faire éclater au grand jour les monstres déjà présents sous les apparences.

Après une introduction efficace qui nous plonge rapidement dans le vif du sujet, le film enchaîne avec deux séquences particulièrement marquantes. D'abord celle de l'enterrement de Will, où Alice doit supporter les regards accusateurs et les sous-entendus de sa belle-famille. Puis vient un dîner absolument magistral, porté par un Erroll Shand terrifiant dans le rôle d'Edgar, le patriarche. Grâce à une mise en scène jouant constamment sur l'attente de l'explosion inévitable, cette scène installe une tension presque insoutenable.

Et lorsque celle-ci éclate enfin, le film ose un choix narratif qui risque de diviser une partie du public. Sans entrer dans le spoiler, Evil Dead Burn prend des directions qui vont clairement à l'encontre de certaines attentes contemporaines et de la bienséance habituelle du cinéma grand public. Chacun jugera selon sa propre sensibilité.

La suite devient un véritable roller coaster de gore et d'outrance, comme si le côté cartoonesque de la trilogie de Raimi rencontrait le premier degré du reboot de Fede Álvarez, avec les moyens techniques et financiers d'aujourd'hui. Le film enchaîne les morceaux de bravoure avec une générosité presque excessive. C'est d'ailleurs son principal défaut : à force de maintenir constamment le même niveau d'intensité, il finit par s'épuiser. Un véritable crescendo aurait sans doute rendu son final encore plus percutant.

Impossible néanmoins de lui retirer son efficacité. Certaines séquences sont déjà appelées à devenir cultes, notamment celles de la voiture, de la salle de bain ou encore l'impressionnant plan-séquence dans la maison. D'autres idées paraissent en revanche un peu plus recyclées, qu'il s'agisse de certains effets volontairement répugnants ou d'une scène de lave-vaisselle qui évoque fortement la série Chucky.

Le film possède malgré tout une identité propre. Son côté jubilatoire, sa noirceur et sa brutalité permanente en font un spectacle particulièrement réjouissant pour les amateurs du genre. Loin d'être une déception, cette nouvelle itération apporte exactement ce que l'on pouvait attendre d'un nouvel Evil Dead et vient se placer assez haut dans le classement de la saga.

Sur le fond, Vaniček et Bernard cherchent à développer un sous-texte autour des violences conjugales. Cette dimension fonctionne particulièrement bien durant toute la première moitié du film, où elle est suggérée avec intelligence, finesse et retenue. En revanche, elle devient progressivement beaucoup plus démonstrative, notamment à travers plusieurs flashbacks explicatifs et un final qui insiste lourdement sur son message. Un choix qui manque de subtilité et dont le film aurait sans doute pu se passer, tant cette conclusion ne possède ni la puissance visuelle ni l'intensité des meilleurs morceaux de bravoure qui la précèdent.

Au final, malgré quelques réserves, Evil Dead Burn est un divertissement brutal, rageur (comme dirait mon collègue Nico, le film aurait presque dû s'appeler Evil Dead Rage) qui frappe fort et ne cherche jamais à s'excuser. On ressort de la salle avec ce petit sourire malsain propre aux Deadites, celui des films qui nous ont fait passer un excellent moment.
Pari gagné pour notre équipe française. Il ne reste plus qu'à attendre avec impatience leur prochain projet.

Evil dead burn | Evil dead burn | 2026
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Bande-annonce
Note
3
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Sylvain Gib