Plongée sous pression

Fear below

Australie, après la seconde guerre mondiale. Une bande de criminels perdent une cargaison de lingots d’or dans une rivière. Ces derniers décident alors d’embaucher en urgence et dans la plus grande discrétion une équipe de plongeurs pour retrouver la voiture au fond des eaux et sa précieuse cargaison. Mais ce qu’ils ignorent toutes et tous, c’est qu’un terrifiant et affamé requin-bouledogue de belle taille nage dans ces eaux…

Plongée sous pression | Fear below | 2025

L'AVIS:

En 2025 sortait aux Etats-Unis "Into the deep" de Christian Sesma, un film de requins désastreux qui trustait mon flop10 annuel. Une histoire de pirates des temps modernes qui forçaient des gens à descendre dans les fonds océaniques à la recherche d’une cargaison de drogues alors que les eaux étaient infestées de requins sanguinaires.
Hé bien, cette même année, nous avons également eu un autre film de squales, venu d’Australie cette fois-ci mais ayant de très fortes similitudes dans le scénario avec le long-métrage précédemment cité. Son nom ? "Fear below" (chez nous ce titre anglophone est accompagné de "Plongée sous pression").

Steeve, notre adorateur de shark movies, ne s’étant visiblement pas posé sur ce film (mais il n’en a pas perdu pour autant son appétit pour les films de requins, en témoigne la critique du film Netflixien "Thrash", alias "Nature prédatrice", sorti l’année suivante sur la plateforme américaine et ayant bien meilleure réputation que "Into the deep" et "Fear below"), c’est donc moi et ma petite plume qui m’y colle en plein été caniculaire 2026.

Sans être mémorable il faut le reconnaitre, "Fear below" s’en sort bien mieux que "Into the deep". Allez, plongeons ensemble dans cette petite critique estivale (les films de requins, ça fonctionne bien en été et ce n’est pas Sean Byrne – un de nos australiens préférés – qui dira le contraire avec son très bon "Dangerous animals" sorti en Juillet… 2025 aussi).

Voilà une petite production australienne qui tente de se frayer un chemin dans le sous-genre des shark movies. Pas simple me direz-vous au vu de tous les films qui sortent sur nos poissons préférés mais, nous le savons en parfaits fantasticophiles que nous sommes pour la plupart, il y a plus de nanars et de navets que de bons films dans cette catégorie filmique…

D’où l’importance d’essayer de se démarquer, de sortir des sentiers battus en proposant quelque chose de nouveau et de suffisamment original pour tenir le spectateur en haleine. Et c’est ce que fait Matthew Holmes en plaçant son histoire de requins dans la deuxième moitié des années 40. Avec son squale affamé et ses bandits de grands chemins, "Fear below" forme une sorte de croisement entre film de gangsters et film d’horreur.

Et il faut bien reconnaitre que ce contexte historique apporte un réel intérêt à ce long-métrage pour lequel nous n’attendions clairement rien de bon à la vision des affiches promotionnelles nous annonçant presque un nouveau/énième nanar au sein des shark movies.
Qu’il s’agisse des musiques, des costumes, des véhicules ou encore des accessoires, nous sommes bel et bien dans la période indiquée, il n’y a aucun doute là-dessus. L’immersion est bonne, l’équipe du film a fait un bon boulot sur le sujet.
De même, nous n’avons pas d’appareillage pour sonder les eaux et savoir où se trouve le squale, pas de grande protection anti-requin non plus, rien pour remorquer efficacement un butin au fond de l’eau… Nous avons ici droit au bon vieux scaphandre de l’époque : exit les combinaisons moulantes avec bonbonnes d’oxygène typiques de nos shark movies se déroulant dans une ère contemporaine et place à un bon vieil équipement bien lourd, encombrant, et empêchant de se mouvoir facilement. Avec ce genre d’accessoire de plongée, inutile de dire que cela rend la tâche bien plus compliquée quand il s’agit d’échapper à notre prédateur aquatique !

Pour autant, dommage que le contexte historique n’aille pas plus loin (les scaphandriers et nos gangsters dans leur vieil voiture sont les rares éléments qui marqueront à ce niveau) et que les décors soient au final assez limités (une berge, une rivière et un petit bateau à moteur ancêtre du zodiaque).
La faute à un scénario bien en-dessous de nos espérances (mais si représentatif une fois de plus de ce genre de productions), n’offrant que trop peu de surprises et suivant un fil conducteur simpliste jusqu’à un final dont nous connaissons déjà les survivants après seulement dix grosses minutes de film…

C’est là clairement le gros souci de "Fear below" : ça manque de peps, ça manque de péripéties… On s’ennuie un peu, ça tourne légèrement en rond (on va dans l’eau, on ressort, on retourne dans l’eau, on ressort…) et nous n’attendons qu’une seule chose : le prochain repas du requin-bouledogue !

Alors oui le casting tient plutôt bien la route - surtout du côté des malfrats désireux de remettre la main sur leur butin - mais le remplissage scénaristique se fait ressentir et une partie des dialogues sont d’une banalité affligeante par moments. Indéniablement, certains personnages sont clairement là pour servir de chair à canon (et c’est tant mieux me direz-vous).

Car notre requin n’est certes pas très visible (un ou deux plans nous permettront de bien mieux le voir) mais quand il approche il mord !
Nous avons vu mieux esthétiquement en ce qui concerne notre gros poisson mais nous avons aussi surtout vu bien pire avec des CGI dégueulasses, bien baveux. Ici, c’est simple mais efficace dirons-nous : un requin qui surgit du côté de l’écran ou de l’arrière-plan et qui ouvre grand la gueule pour chopper une jambe, un bras ou un scaphandre au choix (oui, nous aurons droit à quelques membres arrachés et quelques eaux rouges sang) ! Et avec cette rivière trouble au possible - pour ne pas dire sacrément vaseuse - et ces branches au fond qui forment de véritables obstacles pour ramener les lingots d’or sur la berge, voilà bien un environnement qui va donner du fil à retordre à nos malheureux plongeurs, aussi bien en danger dans l’eau avec ce squale affamé que sur la berge avec ces gangsters armés et menaçants.

Avec sa photographie également bien travaillée (c’est propre et ça surprend presque au vu du petit budget), son contexte historique bienvenu et ses attaques du requin certes filmées souvent en gros plan mais ne manquant pas de mordant si je puis dire, "Fear below" réussit le pari de proposer quelque chose d’assez sympathique.
Malheureusement, un scénario bien trop banal, prévisible et sans grande surprise fera que le film de Matthew Holmes sera vite oublié, effacé de nos mémoires dans quelques mois après son visionnage. Vraiment dommage…

Plongée sous pression | Fear below | 2025
Plongée sous pression | Fear below | 2025
Bande-annonce
Note
2
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David Maurice