Malédiction d'Halloween Jack - la
Curse of Halloween Jack - the
Dans la petite ville de Dunwich, les membres d’un culte appelés “Les Seigneurs de Samhain” ressuscitent un tueur en série, Halloween Jack, qui va alors sévir durant la Nuit d’Halloween…
L'AVIS:
Il y a des jours où on ne sait pas trop quoi regarder à la télévision : on hésite, on regarde la pile de films à côté de soi et on souffle car une grosse flemme de choisir dans cette pile nous retient de le faire et on finit, par simplicité, par prendre la télécommande et aller sur une plateforme choisir un long-métrage dans le catalogue proposé. Le tout sans avoir à quitter le canapé.
Ce fut donc mon cas dernièrement, la canicule ayant eu raison de moi, vautré dans le canapé et suant à grosses gouttes, renonçant à me lever pour atteindre la fameuse pile de dvd/BR qui s’offrait pourtant à moi… Je me plongeais alors dans le catalogue Netflix, rubrique « Horreur » (bien évidemment) et me voilà face à ce qui ressemblait à un slasher movie. Le genre de truc pas trop prise de tête (la chaleur n’aidant pas à réfléchir, cela me va parfaitement…) dont l’affiche en disait long avec son espèce d’épouvantail tueur et son résumé minimaliste et ô combien vu et revu (mais n’est-on jamais à l’abri d’un bon petit film comme l’était par exemple en 2023 le slasher netflixien "Séminaire", un film parsemé de petits défauts certes mais agréable à suivre).
La durée de "La malédiction d’Halloween Jack" ("The curse of Halloween Jack", mon dieu le nom du tueur… Bref) est de 1h17 ? Mais c’était parfait ! J’avais justement besoin d’un truc énergique et qui allait droit au but, sans passer par des séquences chiantes de dialogues de remplissage et autres lacunes scénaristiques qui, combinées à cette forte chaleur, auraient eu raison de moi et m’auraient invité chez Morphée sans aucun doute…
Bon hé bien… Comment dire… C’est raté !
En effet, nous sommes face à un film qui fait 1h17 et que j’ai mis… 1h30-35 à regarder !
La faute à une lenteur dans la narration qui m’a fait bailler aux corneilles et m’assoupir à plusieurs reprises, me forçant alors à rembobiner certains petits passages pompeux pour relire les sous-titrages manqués pour motif « paupières lourdes ».
Car oui, "La malédiction d’Halloween Jack" n’était clairement pas une bonne idée de visionnage. Voici bien un petit slasher movie s’apparentant volontiers à un navet (et non un nanar, le film n’étant pas volontairement ridicule/nul et clairement en le voyant nous n’avons pas envie de rire, bien au contraire…) que nous aurions pu peut-être prévoir en lisant le scénario et en remarquant l’absence de doublage français (même si je ne regarde qu’en VOSTFR).
Passée cette introduction très personnelle (mais qui en dit long au final sur la qualité globale du film d’Andrew Jones), revenons rapidement (oui, n’allons pas perdre trop de temps sur cette œuvre qui m’a déjà fait perdre assez de temps comme cela) sur ce qui apparemment serait une suite d’un certain "La légende d’Halloween Jack" (tu parles d’une légende…).
Bon, vous l’aurez aisément compris, ce n’est pas déjà du côté du scénario que nous allons crier au génie. Simpliste, vu et revu, usant de facilités déconcertantes et proposant des lenteurs scénaristiques affligeantes (faire du remplissage pour finalement ne pas atteindre les 1h20 de métrage, c’est ballot…), "La malédiction d’Halloween Jack" se permet même un ridicule à toute épreuve.
Les séquences de dialogues pompeux (au hasard celle du vétéran qui raconte sa vie de soldat et l’héroïne qui lui dit « Racontez-moi ! »… Mais non, ferme-la !!!) sont légion dans le film d’Andrew Jones et parasitent indéniablement l’histoire qui perd fortement en rythme.
« Cette attente est un supplice » dit l’un des personnages dans le film ? A qui le dis-tu !!
Et quand ce ne sont pas les dialogues pompeux et les séquences momolles qui s’enchainent, nous avons droit à des idioties sans pareil dans le scénario. Nous retiendrons notamment cette histoire de dague de la Déesse des Ténèbres servant à tuer notre serial killer (elle arrive d’on ne sait où et n’a surtout aucun intérêt si ce n’est de plomber encore plus le récit) ou encore cette préparation physique de l’héroïne pour aller combattre notre épouvantail tueur… Mais le pompon revient sans hésitation à la fameuse scène de panique durant la fête d’Halloween ! Imaginez notre tueur apparaissant tout en haut d’un escalier surplombant la grande pièce de vie au rez-de-chaussée (d’ailleurs comment est-il arrivé là-haut sans s’être fait voir en bas par des dizaines de jeunes… ?) et créant une panique chez les jeunes (d’ailleurs le jeu d’acteurs, proche du stade larvaire, est pathétique mais nous y reviendrons rassurez-vous) qui se mettent à courir dans tous les sens sans qu’aucun ne semble avoir en tête de prendre la première porte pour sortir de la baraque… Oh purée quel grand moment nous vivons là !
Je le disais donc juste avant : le scénario n’est pas du tout aidé par des acteurs et actrices au charisme d’une huître. Outre des jeux d’acteurs déplorables, nous avons même droit à un Snake Plissken du pauvre avec une barbe pour faire un peu plus « vétéran de la guerre ». Le personnage de trop assurément se dit-on alors quand il arrive soudainement dans la galerie des personnages…
Et la réalisation en général, on en parle ?
Catastrophique, cette dernière nous gratifie de bagarres risibles et mal orchestrées de bout en bout, de caméras qui bougent très souvent, d’hors-champs insupportables…
Esthétiquement c’est vraiment moche également. La photographie est digne d’un téléfilm de bas étage, tandis que les meurtres s’avèrent très peu graphiques et trop souvent hors-champs (tranchage de gorge peu sanglante, électrocution vite expédiée avec un acteur qui semble déjà mort avant que le courant ne lui arrive, une strangulation suivie d’un cassage de cervicales perfectibles, une tête tournée à 180° sans aucun bruitage…). Ajoutez à cela des fusillades mous du genou et aux bruitages douteux ainsi que des explosions numérisées dégueulasses et je pense que le tour de la question a été fait.
Au final, on peut se demander à quoi cela sert de nous proposer ce genre de films dans le catalogue Netflix… Et même carrément se demander comment des financeurs/producteurs (et il y en a un paquet sur ce film au budget estimé à un million de dollars) ont pu se lancer dans l’aventure et valider le produit final…
Le style de film qui clairement n’aidera pas le spectateur Lambda à aimer tout particulièrement notre bon vieux cinéma fantastique si ce film s’avère être l’une de ses rares incursions de l’année dans l’horreur… C’est triste…