Creepshow saison 2

Creepshow

CREEPSHOW SAISON 2 | CREEPSHOW | 2021

Les bandes dessinées fictives « Creepshow » prennent une nouvelle fois vie dans la saison 2 de cette série d’anthologie de contes terrifiants animés par la Goule silencieuse connue sous le nom du « Gardien de la Crypte » (« The keeper » chez nos amis américains).

L' AVIS :

On débute ainsi cette saison deux comme on avait quitté la précédente c’est-à-dire avec un premier double programme encore une fois très moyen ! Dans la première histoire « Model kid » (« Fan de maquette »), un jeune garçon passionné par Frankenstein, La Momie et autres monstres de cet acabit, va devoir cohabiter avec sa tante et surtout son oncle qu’il déteste, suite au décès de sa maman. Heureusement, les bestioles seront là pour l’aider…

A part un Kevin Dillon ("Le Blob") qui est excellent dans le rôle du tonton alcoolique et sans emploi voulant faire de son neveu un homme et battant régulièrement sa femme, cet épisode n’a pas grand-chose à nous proposer : des effets spéciaux semblant dater et une histoire de vengeance qui se termine en queue de poisson. Un peu malingre comme introduction, non ?

Dans le second récit « Public television of the dead » (« La télé des morts »), on se retrouve dans les années 70 à Pittsburgh sur un plateau de télévision locale où, suite à la lecture malencontreuse du Nécronomicon en live par un animateur, beaucoup de personnes vont se retrouver possédées par les forces du Mal…

Si revoir Ted Raimi, ainsi que les décors et costumes de cette époque n’étaient pas des choses désagréables à visionner, le reste le sera un peu plus avec des scènes et des plans de caméra à la "Evil dead" un peu trop appuyés à notre goût. Pas sûr que cela rende véritablement hommage au film séminal de Sam Raimi ! Vite, la suite, car là, on a encore faim !

Suit « Dead and breakfast » (« Location mortelle »), dans lequel Pam et Sam Spinster organisent des visites guidées dans leur demeure familiale, celle-là même où leur grand-mère a assassiné autrefois des clients mais les gens ne se précipitent guère dans leur hôtel, lui préférant les pensions de serial killers comme Gacy et autres Dahmer ! Ils vont alors faire appel à Morgue, une influenceuse des réseaux sociaux très en vogue, au risque de saborder l’équilibre de la famille…

Cet épisode avec notamment Ali Larter (la série « Heroes ») est mou du genou côté action et hyper prévisible dans son déroulement, ce qui fait qu’on se demande encore pourquoi on continue à regarder cette série !?

Notons que le Creeper est toujours aussi effacé et muet mais que dans le courrier des lecteurs du magazine dont les épisodes semblent sortir, on peut y voir l’adresse « 1982 Romero way », un clin d’œil somme toute appréciable !

L’épisode suivant « Pesticide » met en scène un tueur de vermines qui débarque chez Murdoch, lui proposant une bien étrange mission…

Cet épisode est pour l’instant le meilleur de la série car l’histoire est originale, la fin pas forcément convenue et les acteurs sont bons, notamment Josh McDermitt (mais si voyons, « Eugene » dans "The walking dead" !) en exterminateur de nuisibles en tous genres qui déraille totalement après avoir conclu un contrat avec le Diable. Pensant, à la manière du protagoniste principal de l’excellent "Bug" de William Friedkin, voir des rongeurs et insectes partout, il va complètement virer parano avant de finir chez une psychiatre. On appréciera également le caméo de Keith David ("The thing" et "Invasion Los Angeles") qu’on n’avait pas vu aussi en forme depuis fort longtemps !

On continue avec « The right snuff » (« Meurtre en apesanteur ») dans lequel deux astronautes, Alex et Ted sont en mission dans l’espace afin de tester un appareil antigravitationnel éliminant l’apesanteur dans l’espace, mais la mission va prendre une toute autre tournure, ce qui ne va pas arranger les affaires d’Alex, toujours dans l’ombre de son père, premier homme à avoir marché sur Mars…

Ce récit relativement agréable nous montre les dérives que peuvent entraîner la jalousie et le besoin de reconnaissance au point d’envier son meilleur ami. Pouvant remémorer certains épisodes de la série culte "La quatrième dimension", ce segment à la morale efficace se permet même le luxe de citer le maître Stanley Kubrick avec la mention « Hal » sur un des écrans des ordinateurs de la navette spatiale, rappelant aux plus cinéphiles le formidable "2001 : l’odyssée de l’espace".

Dans « Sibling rivalry » (« Rivalité fraternelle »), une jeune fille convoquée chez le proviseur de son lycée lui confesse que son frère veut la tuer. Cependant, le frangin a une toute autre version : il prétend que sa sœur serait un vampire ! Qui croire alors, Lola ou Andrew voire les deux ?

Voici une histoire bien proche du film "Vampire vous avez dit vampire ? " façon teenage movie. C’est bavard, plus ou moins devinable, mais les effets spéciaux sont fort bien faits pour qu’on y attache un tant soit peu d’intérêt. Assez plaisant au final !

C'est ensuite au tour de « Tuyaux hurlants » (« Pipe screams ») de pointer son museau. Ici, le plombier Linus est engagé par Victoria, la propriétaire raciste et vénale d’un immeuble vétuste afin qu’il répare une tuyauterie encrassée. Dans un premier temps, il refuse de le faire car les tuyaux sont en plomb et il faudrait tout changer, mais sous les menaces de la logeuse sans pitié, il s’exécute. Cependant, il trouvera dans les canalisations une bien étrange créature faite de cheveux et autres déjections dégoûtantes…

Cet épisode avec Barbara Crampton, ex égérie de l’ami Start Gordon (notamment "Re-animator" et "Castle freak"), est assez sympa avec son espèce de Blob sortant des égouts et dont les locataires d’un immeuble délabré vont se servir contre une propriétaire arrogante et sans pitié. Seul bémol : le côté attendu de l’ensemble !

« Les murs de la folie » (« Within the walls of madness ») raconte l’histoire de Zeller, un prisonnier qu’on suppose être extrêmement dangereux car il est isolé dans un centre de détention. Spécialisée dans la défense des « monstres », l’avocate/animatrice/écrivaine Tara Cartwright lui propose alors de raconter son histoire qui commence en Antarctique, là où la professeure Trollenberg aurait fait une incroyable découverte : celle d’un vortex dont quelque chose serait sortie…

Dans ce segment, mélangeant le récit de "The thing" de John Carpenter au visuel des créatures issues de l’esprit torturé de H.P. Lovecraft telles qu’on a pu se les imaginer, on assistera, même si les SFX paraissent limités, à un récit qui tient la route avec cette histoire de vengeance sur fond de découverte scientifique d’une créature préhistorique, racontée par un étudiant ayant assisté à la découverte et accusé de crimes qu’il n’a pas commis. Assurément un des meilleurs morceaux de cette saison 2 !

On conclura avec « La dernière séance » (« Night of the living late show »). Ici, Simon, que sa femme Renee pas très gracieuse soupçonne de l’avoir épousée pour sa fortune, a inventé une machine (« L’immersopod ») pouvant permettre à celui qui s’en sert de se plonger dans ses films préférés ! Ainsi, inlassablement, il accède à l’univers de son métrage d’horreur favori "Terreur dans le Shanghai express" afin de revoir la belle Comtesse Petrovska. Mais ne va-t-il pas changer le cours des choses et surtout, Renee ne va-et-elle pas finir par s’en rendre compte ?

On a la chance de voir ici le Keeper à l’œuvre dans le pré-générique de cet épisode ! Il jouera ainsi à un jeu vidéo façon FPS qui n’est ni plus ni moins que l’adaptation du long-métrage "La nuit des morts-vivants" de 1968 ! Malheureusement, ce gimmick sera repris après la fin de l’épisode et s’achèvera en eau de boudin : on change d’époque avec l’apport de la couleur et la conclusion est ridicule !

Mais revenons au récit qui nous intéresse. Pour conclure cette saison 2, nous n’aurons droit ici qu’à un seul épisode avec le sémillant Justin Long ("Jeepers Creepers" ou encore "Tusk") dans le rôle principal et complètement obnubilé par un protagoniste de film au point d’en délaisser sa femme et qui passera ses journées voire soirées dans un caisson lui permettant de voir et de revoir à l’envi l’élue de son cœur. Si la fin est conjecturable dès le début, ce court rappellera un peu la série "Black mirror" avec son scénario mettant en garde sur les conséquences de la technologie à tout-va et qui vous isole du reste du monde en limitant vos relations sociales. Bien interprété, avec une morale d’actualité et nanti d’effets spéciaux très bien faits en ce qui concerne les incrustations dans les longs-métrages d’époque (hormis le sosie choisi pour incarner la Comtesse…), ce dernier épisode permet à cette saison de sortir la tête haute et de rester sur une bonne note, mais c’est toujours aussi inégal dans l’ensemble !

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Note
3
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Vincent Duménil