LIT DE MORT , un écrit de
Yann LE BIEZ version imprimable
Cet écrit a été
consulté
1601 fois
|
Un hurlement vint réveiller la belle blonde de son sommeil. Immédiatement, Samantha se redressa, prête à se défendre. Devant elle, étendu sur un lit miteux, un cadavre. A peine eut-elle le temps de reprendre conscience qu’elle laissa s’échapper un cri.
L’homme qui l’avait réveillée se frappa plusieurs fois la tête contre le mur, tentant d’éviter la vision horrifique à laquelle il avait été confronté. A la fois intriguée et choquée, Samantha s’approcha lentement du macchabée. C’était une jeune femme d’une vingtaine d’années, brune, plutôt mignonne. Son visage était couvert de bleus. Son corps, couvert de larges plaies béantes. Une odeur horrible se dégageait des blessures.
Samantha recula de deux pas, les yeux toujours fixés sur le corps.
- Ca a commencé il y a une semaine, expliqua l’homme. J’ai reçu des lettres.
- Qui a fait ça ?
- On cherche à me nuire. Déjà ma voiture… ils ont commencé par crever mes pneus. J’ai reçu des coups de fils anonymes et depuis je n’arrive plus à dormir. Je n’arrive plus…
- Taisez-vous !
- Pourtant je n’ai jamais fait de mal à personne, j’ai toujours été droit ! Tout le monde me disait bonjour et…
Samantha contourna le lit et lui flanque une claque d’une rare violence. Samantha fut elle-même surprise par la force qu’elle avait employée. L’homme se retrouva à terre, recroquevillé sur lui-même en train de pleurer. Le spectacle était si grotesque que la jeune femme décida de le laisser s’apitoyer sur son sort.
Elle commença par tâter les murs, dans l’espoir de trouver une sortie mais la petite ampoule accrochée au plafond ne mettait que le cadavre en valeur. Cinq minutes plus tard, elle arriva à la conclusion qu’aucune porte n’avait jamais été construite.
- Cette fille que vous voyez, je la connaissais.
Samantha jeta de nouveau un œil sur la pauvre femme étendue sur le lit. Elle n’y avait pas prêté attention mais ses doigts de pied avaient été sectionnés.
- Pour le moment, ce n’est pas le plus important, répondit froidement Samantha. Quel est votre prénom ?
- Eric.
- Très bien, Eric. Est-ce que vous savez depuis combien de temps nous sommes ici ?
- Je n’en ai aucune idée, répondit-il en se relevant. Tout ce que je sais c’est qu’il n’y a pas d’ouverture dans le plafond, ni de trappes au sol. On est piégé ! Ceux qui ont fait ça… ce sont des malades, je vous dis !
- La ou les personnes qui nous ont enfermé ici avaient forcément un but précis. Je ne vous connais pas, ni cette femme. Vous, vous connaissiez cette personne… C’est sûrement contre vous qu’ils en veulent !
- Je n’ai rien fait de mal ! Non, jamais ! (Eric devenait de plus en plus en rouge : ) Mais vous m’avez l’air bien sûr de vous ! Est-ce que vous êtes certain d’être blanche comme neige ? (il laissa s’échapper un petit rire nerveux)
- Alors si je me trompe, nous devons avoir tous les deux quelque chose en commun. Mais quoi ?
- Vous vous posez trop de questions ! répondit-il en tapotant le mur à gauche du lit. On cherche à nous intimider, c’est tout. Pas besoin de tergiverser. C’est l’œuvre d’un pervers ! Vous ne regardez jamais les reportages à la télé ? Il y en a d’autres dans notre cas !
Samantha s’approcha alors du lit et commença à observer la morte.
- Quelqu’un a sûrement dû abuser de cette pauvre fille. Regardez sur ses côtes, il y a des traces de mains. Son bras droit est tout rouge…
En dessous de son nombril, deux entailles venaient barrer le petit tatouage représentant un serpent. Elle passa son index dessus puis le retira immédiatement. Une substance gluante avait été déposée à cet endroit.
- C’est ça votre « trip » ? Toucher des morts ? Avouez que ça vous fait des choses parce que je ne vois pas l’intérêt de toucher un cadavre !
Samantha fut quelque peu surprise de la remarque déplacée d’Eric. Elle se retourna pour lui faire face. Eric n’avait rien d’impressionnant, il était mince, très mince même. Dans la rue, Samantha ne lui aurait jamais prêté attention. Ses petites lunettes lui donnaient même une allure de fils à papa.
- Ecoutez, je suis comme vous : j’ai peur ! Alors si vous voulez passer vos nerfs, trouvez quelqu’un d’autre. Je cherche à comprendre, moi.
- Oh ! Excusez-moi Madame !
- Mademoiselle.
- Pardon pour cette erreur grossière ! (haussant le ton : ) pu*ain mais qu’est-ce que je viens foutre ici avec cette pauvre conne !
Samantha devint rouge. Elle avait envie de lui fracasser le crâne contre le sol, mais son calme légendaire le lui empêcha. A cet instant précis, elle posa son regard sur le pantalon d’Eric.
- Quoi encore ?
Il regarda lui aussi et c’est à cet instant qu’elle comprit. Samantha chercha appui contre un mur, tentant en vain de s’échapper. Les traits du visage d’Eric devinrent plus durs.
- Pourquoi…
- Je ne pensais pas que vous… Enfin, c’est trop tard.
L’homme, malgré sa maigreur, devenait de plus en plus menaçant. Il laissa s’échapper quelques petits rires nerveux en s’approchant de Samantha.
- Je n’y peux rien, c’est dans ma nature. La rencontre du chaud et du froid, la fusion de deux corps totalement différents. Vous comprenez ?
Samantha comprenait.
- Le goût du sang, la jouissance que cela procure. Personne ne m’a jamais compris… (il versa une larme, puis reprit : ) Et toi, tu me comprends ?
Elle baissa un instant les yeux, puis le regarda fixement. Elle murmurait quelque chose. Eric crut entendre le mot « porc ».
- Tu oses me…
Samantha se jeta sur lui, lui assénant des coups de poings par dizaine. L’homme lui empoigna les cheveux pour la dissuader, mais sa colère était telle qu’elle en était devenue insensible à la douleur. Elle hurlait et cognait de plus en plus fort. Deux minutes plus tard, elle tapait sur un homme sans vie, le visage défiguré et les yeux crevés. Les verres de ses lunettes avaient transpercé ses yeux pers.
Samantha resta là, à côté du corps. Elle attendait.
Deux jours plus tard, le mur en face du lit fut en parti démoli. Samantha était recroquevillée sur elle-même dans un coin de la pièce. Ses joues étaient un peu plus creuses. L’homme en imper blanc se félicita de cette réussite. Il lâcha sa masse, donna quelques petits coups de pieds dans le cadavre d’Eric et s’approcha de la femme tremblotante :
- Tu n’es plus pure à présent mais le monde t’en réservera d’autres. Tu es libre.
Et il aida la jeune femme à se relever.
lit de mort
|
Avis de : le farfadet
une bonne histoire
sinon est-ce que nous aussi on peut metre des histoires ici???????
Avis de : Wolftrap
Bonne nouvelle, Mais j'avoue ne pas avoir vraiment compris la fin, si quelqu'un peut me dire qui est cet homme en imper blanc.
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|
|