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Réalisation
Keith Thomas

Scénariste
Keith Thomas

Date de sortie
2019

Genre
Spectres

Tagline


Cast
Dave Davis
Menashe Lustig
Malky Goldman
Lynn Cohen
Fred Melamed
Ronald Cohen...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Michael Yezerski

Effets spéciaux



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Alors qu’il venait de quitter la communauté juive orthodoxe, Yakov accepte pour de l’argent de jouer les shomers, c’est à dire veiller un mort dans la pure tradition juive pour élever son âme jusqu’à l’enterrement de la personne. Passant la nuit dans la maison du défunt pour remplir la mission qu’on lui a donnée, Yakov va être le témoin de phénomènes étranges touchant au paranormal. Une nuit mouvementée et riche en frayeurs qui s’annonce pour le jeune homme qui ne s’attendait certainement pas à vivre une telle expérience...



L'AVIS:

Avec ce premier film en tant que scénariste et réalisateur, l’intention de Keith Thomas était clairement annoncée lors de la 27ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer où "The vigil" fut présenté en compétition officielle. En effet, monté sur scène pour annoncer son premier long-métrage lors de la manifestation vosgienne de début d’année 2020, le cinéaste nous informa vouloir nous dépeindre une particularité de la religion juive (faire appel à un shomer pour veiller un mort toute une nuit) par le biais du cinéma fantastique, et plus particulièrement l’épouvante.

Inutile de vous dire que lorsque Keith Thomas nous annonça que nous risquions fortement de très mal dormir après avoir visualisé "The vigil", nous avons alors attendu avec impatience la fin de cette présentation élogieuse du film pour plonger rapidement dans ce « film de flippe », le premier qui nous fut présenté lors de la 27ème édition du festival de Gérardmer.

Nous le savions, ce premier film avait fait sensation au Festival International du Film de Toronto (TIFF) en Septembre 2019 mais également au festival de Sitges le mois suivant. Un petit historique en festivals qui laissait donc présager de bien belles choses pour cette projection géromoise en Janvier 2020.
Alors, qu’en est-il de ce fameux "The vigil" ?



Avec son huis clos instauré dans une baraque lugubre à souhait, éclairée par des bougies disséminées un peu partout et où le silence règne en maître, "The vigil" veut très rapidement nous plonger en pleine terreur pour notre plus grand plaisir. Une ambiance pesante bien retranscrite dans la première moitié du film de Keith Thomas qui nous propose de veiller un mort (nou pensons inévitablement à des films tels que "The Jane doe identity" et "Nightwatch" ou son remake US "Le veilleur de nuit") dans une maison guère rassurante dans laquelle vit toujours, en prime, une vieille dame (la femme du mort) à l'allure cadavérique qui dort au premier étage.

Ajoutez à cela un contexte hautement sympathique et original nous invitant à vivre une particularité de la vie judaïque : le rôle du shomer (gardien) qui consiste à veiller un mort en récitant des Psaumes pour permettre l'élévation de l’âme du défunt jusqu'à l'enterrement.
Car des films de frousse avec leurs lots d’apparitions cauchemardesques, de jumpscares en veux-tu en voilà et d’esprits frappeurs, nous en avons visionnés à la pelle, si bien que rares sont ceux réussissant à sortir des sentiers battus. Et il faut bien avouer que cette histoire mêlant esprits et religion juive apporte suffisamment de nouveautés et de fraîcheur dans son contexte et son intrigue pour nous tenir en haleine durant un bon moment.



Un pari réussi dans sa première moitié donc où coups de téléphone anonymes, jumpscares et visions cauchemardesques se succèdent pour instaurer une tension réellement palpable.
Les travellings au rez-de-chaussée parcourant notre salle transformée le temps d’une nuit en chambre funéraire ou encore les plans s’arrêtant de temps à autres sur les escaliers intérieurs menant vers un premier étage sombre et glauque à souhait : les mouvements de caméra contribuent au maintien de cette ambiance réellement angoissante.

Nous apprécierons également cette sensation d’enfermement réussie qui permet de justifier le pourquoi du comment notre cher Yakov reste dans cette maison alors que n’importe qui se serait barré depuis un moment, quitte à perdre quelques centaines d’euros. En effet, notre malheureux shomer est retenu par une force mystérieuse qui le paralysera et le mettra à terre une fois sorti dehors pour s’échapper : impossible pour ce dernier de quitter les lieux et le voilà donc qui rebrousse chemin pour regagner la demeure du défunt.

Malheureusement, le film s'essouffle dans sa dernière partie bien moins terrifiante. La tension retombe subitement comme un soufflet une fois montés au premier étage (je n’en dirai pas plus, rassurez-vous) tandis que les effets spéciaux s'avèrent en grande partie ratés dans ce final rapidement expédié. Nous ne pouvons qu’exprimer des regrets face à cette dernière demi-heure fade et plus classique, ayant comme gommé tous ces petits trucs qui avaient su nous angoisser dans la première heure de film en donnant cette impression d’avoir une présence avec soi au rez-de-chaussée tout en craignant la présence de la vieille dame qui sommeillait au premier étage.
A trop vouloir faire combattre notre malheureux Yakov contre cette entité qui hante la maison plutôt que de rester dans cette ambiance enigmatique et plus abstraite, Keith Thomas brise tous les efforts entrepris précédemment qui auraient pu nous donner là un très bon petit film de flippe.



Aucun doute que "The vigil" - qui mélange plutôt bien évènements paranormaux et religion juive pour donner une intrigue assez originale au final - aurait pu être bien plus flippant si le cinéaste était resté sur sa lancée plutôt que de vouloir à tout prix jouer à la chasse aux démons dans une dernière partie aux effets spéciaux approximatifs et à la tension disparue..
Quel dommage au vu du potentiel démontré dans la première moitié du film... Vraiment rageant de gâcher un film de cette façon.








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