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Réalisation
Marco Pultke

Scénariste
Marco Pultke

Date de sortie
2015

Genre
Insolite

Tagline


Cast
Benno Lehmann
Juliane Hundt
Anne Lohs
Thomas Petruo
Aurora Nedzipi


Pays
Allemagne

Production


Musique
/

Effets spéciaux



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À chaque date anniversaire de la mort de sa femme, Tom Wieland accomplit le même rituel avec leur fille Romina. Ils accrochent des photos à un cerf-volant qui s’élève alors dans le ciel pour la disparue. Ce jour-là, la corde cède et le cerf-volant s’envole au-dessus de la forêt. Romina s’élance à sa poursuite et disparaît. Anéanti, Tom est seul chez lui quand sa femme, ignorante du drame qui se joue, sort de la douche...



L'AVIS :

Pour sa première réalisation, Marco Pultke a disposé d'un budget digne d'une production Marvel : environ 3500 euros ! Je ne sais même pas si cette somme équivaut au budget "bouteille d'eau" d'un acteur d'Avengers ou autre film de super-héros de la firme. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas ce budget plus que riquiqui qui a démotivé Marco Pultke, qui, en plus d'être derrière la caméra, a aussi assuré le poste de scénariste, directeur de la photographie, monteur et même acteur pour un tout petit rôle de figuration. On peut clairement dire que Verloren ("Perdue" en français) est donc son bébé, son enfant légitime. Evidemment, avec 3500 euros et des poussières, il ne faut pas s'attendre à voir un film de Stanley Kubrick. En provenance d'Allemagne, Verloren a été filmé en caméra numérique HD et ça se voit à l'écran, l'impression de regarder un téléfilm à l'image ultra lisse étant tenace tout au long du visionnage. Il en va de même avec la quasi majorité du casting, qui livre certes une prestation tout à fait correcte la plupart du temps mais qui ne peut dissimuler un pseudo-amateurisme qui se ressent régulièrement.



L'acteur principal, Benno Lehmann, est parfois un peu limite quand il s'agit d'exprimer la détresse ou la peine. Nettement plus convaincant, l'acteur Thomas Petruo et sa véritable "gueule de cinéma", qui aurait fait fureur dans des westerns spaghetti à la grande époque du cinéma bis italien, est franchement crédible dans le rôle de Wolfgang Dunkel, ce père au comportement étrange et qui semble cacher un lourd secret. Épatante se révèle être aussi l'actrice qui joue Marion Dunkel, une élève de fac qui va tomber amoureuse du personnage principal. Juliane Hundt, puisque c'est de elle qu'il s'agit, est assurément la meilleure actrice du film et sa prestation est solide. La femme prétendument morte du héros et qui pourtant semble bien vivante est quant à elle interprétée par Anne Lohs et cette actrice débutante, dont Verloren est le premier film, s'en sort également avec les honneurs. Le reste des acteurs fait ce qu'il peut pour faire le job et même si on ressent qu'ils n'ont pas l'habitude d'être devant une caméra, la direction d'acteurs de Marco Pultke leur permet de tirer leur épingle du jeu et de ne pas être ridicule, que ce soit l'inspecteur de police, l'équipe d'experts en parapsychologie, la vieille femme ou l'ami médecin du héros par exemple.



Le plus intéressant et le plus intrigant dans Verloren reste son scénario, qui mêle drame familial et fantastique feutré. Avec un budget aussi bas, pas possible de proposer des effets-spéciaux renversants ou des mondes imaginaires riches en détails. Le réalisateur a donc eu l'intelligence de privilégier l'histoire et de développer ses aspects complexes pour perdre le spectateur et le questionner sur les événements qu'il voit. Le héros du film, professeur en art des marionnettes dans une faculté, dit avoir perdu sa femme des suites d'un cancer depuis des années. Pourtant, il la retrouve sous la douche, bien vivante et n'arrive pas à se l'expliquer, surtout que lui seul semble ne pas comprendre cette résurrection, aucune autre personne de son entourage ne paraissant choqué de voir sa femme bien vivante. Est-il devenu fou, suite à la disparition de sa fille Romita, six ans, dans la forêt avoisinante ? En proie à des visions durant ses nuits difficiles, le spectateur est sans cesse en train de se demander quel est le souci avec ce personnage, voit-il un fantôme ou non, et plus les événements avancent, plus il en devient intrigant.



Les divers éléments composant l'histoire semble un peu chaotique au départ et le scénario a l'air un peu brouillon, avec une équipe de para-psychologues, une forêt qui aurait été le lieu de culte de sorcières et qui posséderait d'étranges pouvoirs (l'un des personnages évoque le Simetierre de Stephen King pour la caractériser), une jolie élève de fac qui tombe amoureuse de son prof et qui deviendra l'un des éléments principaux de l'histoire, une femme morte qui ne l'est donc apparemment pas, le père de la jolie élève qui a l'air louche, une faille spatio-temporelle, le thème de la perte et j'en passe. Pourtant, tout se met progressivement en place pour aboutir au télescopage dédits éléments lors du final explicatif, qui mêle rationalité et fantastique atmosphérique. Avec une mise en scène plutôt classe, des idées visuelles intéressantes, de la débrouillardise et une histoire à tiroir bien pensée, Marco Pultke a bien rentabilisé ses 3500 euros et ce petit film indépendant devrait séduire les amateurs qui lui pardonneront ses défauts au vu du budget alloué.

Disponible en DVD chez SIN'ART / ARTUS FILMS






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