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Jeune soprano voulant être reconnue pour ses talents vocaux, Christine Day trouve la partition d'un opéra inachevé dû au compositeur Erik Destler. Elle décide de chanter une chanson de cet opéra lors d'une audition. Lors de celle-ci, un machiniste provoque un accident par inattention et Christine, sous le choc, s'évanouit. Elle se retrouve alors à Londres, au 19ème siècle, en tant que chanteuse d'opéra secondaire. Rapidement, elle devient la protégée d'une homme mystérieux qui désire en faire la vedette de l'opéra. Ce dernier n'hésitera pas à provoquer des incidents et à tuer tous ceux qui se mettront en travers de son chemin et de celui de Christine...



L'AVIS :

Roman légendaire de Gaston Leroux paru en 1910, Le Fantôme de l'Opéra n'a jamais cessé de déverser son aura à travers les décennies, que ce soit au théâtre, au cinéma (on compte au moins sept adaptations depuis le film de 1925 avec Lon Chaney dans le rôle du fantôme plus des variations non officielles...), à la télévision, en comédie musicale (dont le spectacle conçu par Andrew Lloyd Webber joué depuis 30 ans à Broadway...), en chanson (Iron Maiden, Lacrimosa, Nighwish et j'en passe) et même e,n bandes-dessinées. En 1989, le réalisateur Dwight H. Little, qui a mis en scène Halloween 4 - Le Retour de Michael Myers l'année précédente, décide de s'atteler à une nouvelle version de l'histoire, détournant le matériau d'origine (il délaisse Paris pour Londres par exemple) avec pour but d'accentuer le côté horrifique du récit. Pour ce faire, il emploie un acteur devenu célèbre dans la communauté des fans de cinéma fantastique du monde entier depuis qu'il a joué un certain Freddy Krueger en 1984. Robert Englund, puisque c'est bien de lui qu'il s'agit, est donc le nouveau interprète d'Erik, le fantôme bien tangible qui terrorise les membres de l'opéra afin de protéger et promouvoir sa muse Christine.



Si on retrouve quelques passages obligés (la pièce de théâtre dans laquelle doit chanter Christine est bien le Faust de Gounod, le remplacement de la "Carlotta" par Christine, la loge N°5 réservé au fantôme, le bal avec le fantôme costumé en "mort rouge", le refuge de ce dernier se trouve dans les catacombes de l'opéra...), cette version 1989 prend également ses aises en faisant du personnage principal une sorte de psycho-killer qui n'hésite pas à écorcher ses victimes ou à les éventrer dans les ruelles sombres de Londres façon Jack l'éventreur. Le look même d'Erik quand il se promène dans les rues ou les bars de la ville rappelle le célèbre serial killer de Whitechapel. Les meurtres sont assez violents et les effets gores bien mis en avant, avec des cadavres écorchés de la tête au pied, des têtes coupées, des égorgements, des éventrations au scalpel ou couteau. L'aspect horrifique du film de Dwight H. Little devrait satisfaire les amateurs qui trouvaient les précédentes adaptations trop poétiques ou romantiques. Le mythe de Faust est également mis en avant de façon ingénieuse et vient se télescoper avec le récit classique du Fantôme de l'Opéra puisque Erik fait un pacte avec le Diable pour assurer sa notoriété. Mais en échange du succès, le Diable exige une contrepartie : la beauté du visage du compositeur ! Défiguré et brûlé sur une partie du visage, Erik n'a d'autre choix que de se coudre des morceaux de peau et d'appliquer du fond de teint pour masquer sa laideur.



La séquence de reconstitution de son visage est assez horrible, avec Robert Englund cousant des bouts de chair sur ses cicatrices, le tout avec un certain réalisme. Exit donc le masque porté sur une moitié du visage, cette version 1989 se montre originale à ce niveau même si on comprend bien que ce visage recomposé qu'on peut arracher pour provoquer l'effroi et le dégoût a pour but de surfer sur le visage de Freddy Krueger bien sûr. Assez à l'aise dans le rôle d'Erik, Englund semble s'amuser à débiter des phrases sentencieuses et à se mouvoir telle une ombre dans les coulisses de l'opéra, façon tueur de slasher movie auquel le film emprunte d'ailleurs certains codes. Une bonne prestation de cet acteur charismatique, tout comme celle de Jill Schoelen qui interprète la pauvre Christine, devenue bien malgré elle le centre d'intérêt d'Erik. Elle apporte sa jeunesse et sa fragilité au personnage et contraste avec le côté rugueux et cruel de son mentor.



Les morceaux chantés d'opéra, le décor du superbe théâtre, les catacombes, le cimetière participent pleinement à l'aspect gothique de ce Fantôme de l'Opéra 1989. Couplé à son ambiance horrifique, le résultat est pourtant en demi-teinte même s'il n'y a rien de déshonorant ou de foncièrement raté. En fait, le film brasse large dans ses intentions de séduire un public diversifié et, tout en faisant preuve d'originalité sur un terrain balisé, il manque parfois le coche. Mais rien de bien grave au final et on saluera la tentative de dynamiser le thème et le récit, de lui apporter une direction différente, quitte à s'attirer les foudres des fans du récit de Gaston Leroux. La dernière séquence, un peu surjoué et théâtral, nous ramène à nouveau au mythe de Faust et à la damnation éternelle. Bref, Le Fantôme de l'Opéra 1989 est une tentative de modernisation pas inintéressante, plus sombre, plus gore, bien mise en scène et bénéficiant de jolis décors et costumes. A redécouvrir car on a tendance à l'oublier dans la cohorte des adaptations des aventures d'Erik le fantôme.