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Dans le but de contrôler la fécondité des lapins, des chercheurs parviennent à mettre au point un sérum. Mais les scientifiques sont vite dépassés par le résultat de leurs expériences et des effets secondaires : l'agressivité et le poids des rongeurs s'accentuent et ils se mettent à semer la terreur dans les campagnes. La population se lie pour lutter contre ces spécimens qui dévastent tout sur leur passage...



Chantal Goya nous avait prévenu en 1977 dans sa chanson "Un Lapin", les adorables boules de poils finiront par prendre leur revanche sur les chasseurs. Le réalisateur William F. Claxton le savait bien avant la chanteuse française puisque dès 1972, il offre au regard médusé du public des attaques de lapins tueurs dans Les Rongeurs de l'Apocalypse.

Basé sur un roman de Russell Braddon, le scénario de ce film atypique prend également en compte ce qui s'est réellement passé en Australie, lorsqu'en 1859, un anglais importa 12 couples de lapins. Quelques cinquante ans plus tard, plus de 600 millions de lapins avaient envahi l'Australie, obligeant le pays a construire une barrière de 3000 km ou à utiliser des virus pour tenter de stopper leur prolifération, ce qui s'avéra un échec. Le film de William F. Claxton débute d'ailleurs par des images d'archives qui font un peu froid dans le dos : des milliers de lapins excités bondissent et se ruent dans la clôture de façon assez violente. Voilà de quoi nous faire regarder d'un autre œil l'un des animaux préférés des enfants.



Pour ma part, je me méfie des lapins depuis que celui de mon fils m'a mis un bon coup de dent sur mon pauvre doigt alors que je voulais juste lui donner à manger. J'ai l'impression que ces boules de fourrure cachent bien leur jeu et ce n'est pas Les Rongeurs de l'Apocalypse qui va me donner tort.

C'est sûr qu'à la lecture du scénario, on pouvait s'attendre à visionner un pur nanar mal joué, mal foutu, avec des peluches venant s'attaquer à la population. Que nenni ! William F. Claxton s'en est plutôt bien sorti et a usé de pas mal d'astuces pour donner de la crédibilité à son film, ce qui n'était pas gagné d'avance. Déjà, il exclue toute sorte d'humour et mise sur une approche totalement premier degré, avec un discours écologiste par dessus le marché !

Le personnage interprété par Rory Calhoun a bien des ennuis avec la prolifération des lapins qui viennent empiéter sur son champ. Mais plutôt que d'avoir recours à des pesticides et autres poisons, qui viendraient perturber l'équilibre naturel, il préfère se tourner vers un scientifique, joué par Stuart Whitman, afin de lui demander conseil ! Bravo monsieur le cow-boy ! Il n'en sera pas pour autant remercié par Dame Nature puisque la petite fille du scientifique va laisser gambader dans la nature un lapin ayant subit une injection expérimentale qui va transformer ses confrères en lapins tueurs géants (80 kilos quand même !).



Pour ne pas sombrer dans la ridicule, le réalisateur a su intelligemment filmer sa horde de rongeurs. Avec de nombreux gros plans, voire très gros plans (!), et un placement de la caméra en contre-plongée la plupart du temps, il nous donne en effet l'impression que les lapins font une taille bien supérieure à la moyenne et l'effet est assez réussi, surtout quand il filme les dents des rongeurs. Pour renforcer cette impression de taille surdimensionnée, il fait courir les lapins en utilisant un effet de ralenti et en les plaçant dans des décors jonchés de petites maquettes très réalistes de maisons ou de voitures, et croyez-le ou pas, mais on y croit !

Le système D, utilisé à bon escient et avec jugeote parvient souvent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et c'est le cas ici. Bien sûr, il vaut mieux être fan de ce type de petites séries B fantastiques à faible budget pour que la pilule passe mieux. Si c'est le cas, Les Rongeurs de l'Apocalypse fera largement l'affaire, l'aspect nostalgique aidant beaucoup, tout comme le casting d'ailleurs, qui s'en sort vraiment bien. Outre les deux acteurs cités plus haut, on retrouve avec plaisir DeForest Kelley (le célèbre docteur Mc Coy de la série Star Trek) mais aussi Janet Leigh, maman de Jamie Lee Curtis, célèbre pour avoir été la première victime de Norman Bates sous la douche dans Psychose.

Bon, OK, j'avoue que certaines attaques de lapins peuvent prêter à sourire quelque fois et qu'elles sont un peu répétitives. Lors d'une attaque sur un être humain, on distingue par exemple, et sans grand effort, qu'on a affaire à un acteur dans un costume qui vient donner un grand coup de patte à sa victime.



Des victimes couvertes d'un sang très rouge pour ce qui sera les seuls effets gores du film. La dernière demi-heure, comme bien souvent dans ce type de films mettant en scène des animaux géants, verra l'intervention de l'armée et de la police locale, lesquelles tenteront d'aider les héros à se débarrasser du fléau poilu.
Les amoureux de la nature, et des lapins en particulier, hurleront au scandale quand ces derniers se verront criblés de balles, électrifiés ou carrément brûlés au lance-flamme ! Rassurez-vous, aucun animal n'a été blessé durant le tournage, c'est pour de faux hein !

Spectacle plutôt sympathique donc pour Les Rongeurs de l'Apocalypse, qui n'a rien d'un film majeur du genre mais qui a eu l'audace d'aller au bout de son sujet et qui m'a fait passer un bon moment.
Je comprends que certains le qualifient de nanar haut de gamme mais pour ma part, je ne le classerai pas dans cette catégorie, son premier degré lui donnant une touche de respectabilité bienvenue.








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RONGEURS DE L'APOCALYPSE - LES