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Réalisation
Kuei Chih-Hung

Scénariste
On Szeto

Date de sortie
1983

Genre
Diable et démons

Tagline


Cast
Phillip Kofei
Elvis Tsui
Wai Ka-man...


Pays
Chine

Production


Musique
-

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.5
(2 votes)
Arrivé en Thaïlande pour venger son frère qui a été paralysé par un boxeur thaïlandais corrompu, un homme est pris dans une spirale infernale et surréaliste et affrontera un sorcier en devenant bouddhiste.



Pour ceux qui ont vu le film, vous devez parfaitement imaginer la concentration et la dépense d'énergie nécessaire pour chroniquer correctement un bordel comme "The boxer's omen"... Si "Lucky sky diamond" est pour moi le film le plus étrange et incompréhensible de l'histoire du cinéma, sachez que "The boxer's omen" se place juste derrière.

Cet OFNI est tout droit sorti des entrailles de la Shaw Brothers (studio maître du cinéma hongkongais) et est l'œuvre de l'incroyable Kuei Chih-Hung, un des cinéastes les plus populaires du cinéma d'exploitation hongkongais, souvent guidé par l'audace et la controverse pour la réalisation de ses bijoux filmiques tels que "Hex", "The killer snake", "Bewitched" et autres.
Précurseur de la déviance et de l'horreur dans la vague des films pré-cat III avec Tun-fei Mou ("Men behind the sun", "Losts souls", "Black sun: the nanking massacre") et Ho Meng-Hua ("Les griffes de Jade","Black magic", "Oily maniac"), Kuei Chih-Hung déballe un excessif coup de folie hystérique et convulsif dans un condensé de séquences désordonnées hallucinantes et véhémentes.



"The boxer's omen" est la représentation de l'art décomplexé, psychédélique et déconnecté de toute rationalité. Un gros pétage de plomb d'1h45 pour une absorption d'énergie et un épuisement excessif faisant office d'un croisement entre "House" de Nobuhiko Obayashi et "La Montagne sacrée" d'Alejandro Jodorowsky.

Cet explosion de sortilèges colorés et bruyants se focalise principalement sur une quête spirituelle bouddhiste et la sorcellerie thaïlandaise pour un affrontement entre les forces du mysticisme et celles de l'occultisme dirigé par une surenchère d'éléments mythiques dans le rôle d'accessoires et de décors ultra-kitsch (dans le bon sens du terme) et dont les inspirations éclairagistes tiennent de certaines productions occidentales (chuchotons gentiment "Argento et Bava").

Une aventure dans l'initiation spirituelle scénarisée par un ouragan de séquences expérimentales démentielles et épuisantes, ouvrant les portes de la magie noire et du rituel bouddhiste dans le but de mâcher votre esprit rationnel et conformiste jusqu'à ce que la bouillie se déverse de votre âme ne laissant que la coquille de chair hébétée par un raz de marée fluorescent et psychotronique.

En plus d'être visuellement ahurissant et hors-norme, le film transgresse les codes cinématographiques autant dans la forme que dans le fond. Entre accélération constante des gestes et déplacements des personnages, les dialogues étranges ayant pris possession par deux voix et l'incohérence des scènes qui se suivent sans transition montrant le boxeur bouddhiste sur le ring puis l'univers fantastique de son duel contre le sorcier hystérique, préparez-vous à ramasser votre contenu encéphalique à la petite cuillère car le carnage visuel n'est que secondaire. Ce qui est à l'origine du broyage de matière grise est évidemment l'inventivité du contenu représentatif du cinéma bis décomplexé de l'époque.



Pour faire simple, imaginez tout simplement un sorcier sortir un rat d'une urne pour lui mâchouiller et lui arracher l'abdomen dans le but de ressusciter une chauve-souris squelettisée en lui crachant le sang dessus avant que cette dernière s'adonne à une course-poursuite avec un moine. Ou bien que ce même sorcier invoque une certaine quantité de crânes de crocodiles, décapite un poulet pour réveiller les chauve-souris qui y sommeillent et qui ensuite attaquent le moine qui lui se protège à l'intérieur d'une jarre géante qui enflamme ses agresseurs après avoir transmis des lettres incantatoires de son corps jusqu'à sa barrière spirituelle pour qu'au final ce soit les crânes eux-mêmes qui s'animent et attaquent le moine qui réussira à les maîtriser et les faire fuir...

"The Boxer's Omen" est rempli de ce genre de délires tournés à la manière d'un trip psychédélique sous LSD avec une énergie frénétique. Sans compter cette ambiance mystique et surréaliste qui survole tout le long du métrage et cette présence de matières visqueuses et de créatures démoniaques en raccord avec la théologie folklorique propre aux croyances thaïlandaises.

Certains passages rappelleront l'univers de "L'au-delà" de Lucio Fulci mais aussi "Le Dernier monde cannibale" de Ruggero Deodato avec ce dépeçage de crocodile assez mémorable qui servira d'hôte pour la résurrection d'une momie.

Les chants cérémoniaux bouddhistes accentueront l'aspect fantastique et ensorcelant de cette vision étrange et improbable d'un affrontement atypique entre un boxeur devenu moine et la sorcellerie.

Au niveau des plans, on ne peut qu'être émerveillé par la beauté des décors intérieurs des temples ou même des décors plastiques kitsch très colorés. Les bisseux prendront un réel plaisir en voyant également les défauts évidents des accessoires ridicules utilisés pour la formation des nombreuses créatures dignes d'un parfait nanar de l'époque.



Aucun doute, "The Boxer's Omen" est une grande référence du film d'exploitation HK à la fois halluciné et hallucinant qui en fait voir de toutes les couleurs (dans tous les sens du terme). Un incontournable de la Shaw Horror se révélant comme un trip expérimental extravagant, furieux et délirant d'une singularité exceptionnelle sous ses codes symboliques fidèles à la culture locale.

Indispensable et inoubliable.