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En 1701, le cartographe britannique Jonathan Green entreprend un voyage dans l’Europe de l’Est. Alors qu’il vient de traverser les montagnes des Carpates, notre homme scientifique s’arrête dans un petit village isolé au coeur d’une forêt. Un village dont les habitants sont en proie à des créatures fantastiques démoniaques depuis la mort inexpliquée de la fille d’un riche villageois survenue un an auparavant.



Né en 1964 à Karaganda, au Kazakhstan, Oleg Stepchenko a étudié la scénographie et les décors pour le théâtre et le cinéma à l’Académie Sourikov de Moscou. Après avoir travaillé comme chef décorateur sur de nombreuses pièces et comme réalisateur de clips vidéo (il remporta le MTV Award du Meilleur Clip Vidéo Etranger en 2000), il réalisa son premier long métrage, le film d’action "Jacked" avec Michael Madsen en 2004. Puis, après avoir signé le thriller "Velvet revolution" l’année suivante, il attendra 9 ans avant de repasser derrière la caméra avec "la légende de Viy".

Coproduit par des studios russes, ukrainiens et tchèques, "la légende de Viy" est une adaptation libre de la nouvelle "Vij" de Nikolai Gogol (un romancier, dramaturge, poète et critique russe du XIXème siècle). Plus grand succès commercial de l’année 2014 pour un film russe sur son territoire (le film d’Oleg Stepchenko a rapporté 34 millions de dollars au box-office sur le sol russe), ce dernier est pourtant entré par la petite porte du direct-to-vidéo chez nous (dvd standard et blu-ray 3D), après un passage par l’édition 2015 du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer où il fut présenté en hors-compétition.



Conte fantastique mêlant aventure, romance, humour et folklore, "la légende de Viy" est une fort honnête production, certes passée inaperçue sur le territoire français mais proposant pourtant de bien belles choses.

A commencer par un rythme soutenu. Evitant le piège des temps morts ou encore les dialogues pompeux et sans grand intérêt (ne servant parfois qu’à remplir un scénario simpliste et dépourvu de rebondissements), le film d’Oleg Stepchenko nous gratifie de péripéties bienvenues et de scènes d’action bien réparties tout au long de l’histoire qui nous est contée.
Entre fausses pistes, illusions cauchemardesques ou encore flash-backs, pas le temps de s’ennuyer ici. D’ailleurs, tout en étant l’un des principaux points faibles de "la légende de Viy", son scénario quelque peu labyrinthique par moments, blindé de sous-intrigues parfois dispensables (une romance entre deux protagonistes principaux, une histoire de sorcière…), parviendra justement à capter l’attention du spectateur soucieux de ne pas perdre une miette, la moindre information qui pourrait peut-être compromettre la bonne compréhension de l’intrigue principale.

L’humour tient également une part importante dans le récit qui nous est raconté ici. D’ailleurs, avec ses petites pincées d’humour macabre, ses personnages parfois un brin (voire carrément) fou-fou (pour ne pas dire excentriques) et bien-entendu cette ambiance gothique qui plane tout au long de notre aventure, nous pourrions presque nous rapprocher d’un cinéma burtonnien. Alors même si l’humour ne fonctionne pas à tous les coups (et que certaines petites séquences sentent bon le pétard mouillé), il faut bien reconnaître que celle-ci, mêlée au folklore ambiant et aux environnements soignés, apporte un charme indéniable à cette production russe.



« Environnements soignés » ai-je dis ? Oui et tout le monde sera du même avis je pense : "la légende de Viy" est visuellement réussi ! Avec son cadre forestier aux touches sombres et glauques, ses petites maisons boisées plongées dans la brume (nous pensons inévitablement à "sleepy hollow" de Tim Burton justement), ses marais lugubres peu accueillants où les herbes hautes peuvent cacher multiples dangers… Nous avons là des décors de toute beauté qui, combinés à une atmosphère sombre et des effets spéciaux de très bonne facture (pour la majeure partie d’entre eux j’entends bien…), nous rappellent sans la moindre hésitation possible que nous sommes en plein conte fantastique.

Entre visions cauchemardesques et hallucinations collectives durant lesquelles nous assistons à des transformations de cosaques en monstres sortis tout droit des enfers (membres transformés, têtes déformées…), à une excursion fantastique dans le monde de la divinité Viy, à des phénomènes paranormaux durant lesquels les esprits de défunts refont surface…

Entre croyances, culte de divinités, fanatisme religieux, rédemption, chasse aux sorcières et autres rites païens, "la légende de Viy" est un véritable pot-pourri de nombreux thèmes du cinéma fantastique transposés dans un conte macabre mêlant horreur, superstition et créatures imaginaires. La science et la raison (représentées par un cartographe britannique, véritable œil extérieur de ce monde sombre qui l’entoure) contre l’imagination et la folie collective (fanatisme religieux, croyances inébranlables) de tout un village dirons-nous !



Et pourtant le film d’Oleg Stepchenko n’est pas exempt de défauts. Car hormis ce scénario maladroit (ces inserts sur la belle-famille de notre cartographe à Londres cassent indéniablement le rythme et l’ambiance) et un brin confus (nombreuses sous-intrigues, flash-backs incessants), pour ne pas dire carrément bordélique sur sa fin (les vingt dernières minutes de film nous plongent dans les méandres d’un scénario quelque peu casse-gueule, entre fausses pistes et révélations qui s’accumulent les unes derrière les autres), "la légende de Viy" déçoit également par sa galerie de personnages. Caricaturés au possible, ces derniers sont parfois ridicules au point de ternir en partie cette sympathique histoire fantastique : des villageois qui se ressemblent tous (des idiots moustachus aux longs cheveux crasseux), fortement portés sur la boisson, bagarreurs et très influençables / des séminaristes un brin fou-fou / des femmes systématiquement comparées à des sorcières...
Dommage de voir autant de personnages stéréotypés alors que le film contient son petit lot d’acteurs et d’actrices anglais(es) et russes connu(e)s dans leurs contrées respectives pour leur professionnalisme.

Au final, "la légende de Viy" est un agréable spectacle, n’en déplaise à ses détracteurs (et ils sont nombreux, à en croire mes discussions autour du film avec plusieurs festivaliers à Gérardmer en 2015). Car même si le film ne brille pas par son scénario (confus) et sa galerie de personnages (trop caricaturés), il faut bien avouer que nous avons là un sympathique conte fantastique esthétiquement réussi où humour macabre, atmosphère sombre, superstitions et folklore sont de la partie pour notre plus grand plaisir.








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LEGENDE DE VIY - LA
LUMIèRE SUR