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Helen et Ernest vivent le parfait amour… jusqu’à ce que la jeune femme retrouve une ancienne amie, Madeline, devenue comédienne. Une véritable croqueuse d’hommes qui avait déjà piqué quelques amoureux à la timide Helen par le passé et qui ne va pas se priver en voyant le brillant chirurgien esthétique Ernest. Un coup de foudre entre les deux tourtereaux qui vont alors se marier (l’un par passion, l’autre peut-être plus par intérêt…), au grand désespoir de la malheureuse Helen. Les années ont passé et le couple Madeline/Ernest retrouvent Helen. Quelle ne fut pas leur surprise ! Eux qui l’avaient connue en pleine dépression et avec des dizaines de kilos en trop les années suivant leur mariage, c’est une Helen resplendissante, rajeunie, qu’ils découvrent ! Cette dernière ne laissant pas insensible le pauvre Ernest, réduit à l’impuissance par une Madeline stricte et méchante, elle compte bien récupérer son ancien fiancé. Même si pour cela il faut se débarrasser définitivement de sa rivale… Une rivale qui d’ailleurs ne s’est pas fait attendre : éprise de jalouse vis-à-vis d’Helen et son corps magnifique, elle rencontre une sorcière des temps modernes qui lui vend un élixir de jouvence. Les voilà toutes deux alors sur un terrain physique/esthétique équitable, prêtes à se battre pour Ernest !



Ah, Robert Zemeckis ! Vous qui aimez le cinéma fantastique ne pouvez ignorer cet homme brillant, grand ami de Steven Spielberg (à qui il doit en partie une bonne surface du tremplin qui l’a propulsé vers la célébrité) qui nous a offert des films comme "à la poursuite du diamant vert" en 1984, la saga des "retour vers le futur" initiée en 1985, "qui veut la peau de Roger Rabbit ?" en 1988 ou encore quelques années plus tard "Forrest Gump" en 1994.

Cinq films majeurs dans sa filmographie (oui cinq car je ne considère pas le troisième volet de la saga "retour vers le futur" comme une grande réussite…) à laquelle il ne faut pas oublier également des films tels que "apparences", "contact" ou encore "la mort vous va si bien" (alias "death becomes her"), film dont nous allons parler dans les quelques paragraphes qui suivent.

Robert Zemeckis aime mélanger le fantastique et la comédie comme il l’a déjà montré à plusieurs reprises et ce n’est pas "la mort vous va si bien" qui viendra vendre le contraire. Sorti en 1992, le film n’a certes pas connu le même succès que les six films cités deux paragraphes plus haut mais a tout de même réussi à faire parler de lui sur deux plans.
Tout d’abord son casting, alliant Bruce Willis (alors en pleine gloire avec son rôle de John McClane dans les deux premiers volets de la saga "die hard" en 1988 et 1990) et Meryl Streep (qui, elle, jouit depuis pas mal d’années d’une popularité indéniable, "Kramer contre Kramer" en 1979 ayant été le tremplin de sa carrière) principalement.
Mais n’oublions pas également que « la mort vous va si bien » a fait parler de lui pour ses effets spéciaux, à l’image de l’Oscar des Meilleurs Effets Visuels et du British Academy Film Award des Meilleurs Effets Visuels remportés en 1993 (Meryl Streep quant à elle aura droit pour ce film à une nomination aux Golden Globes dans la catégorie « Meilleure Actrice dans une Comédie ou une Comédie Musicale » cette même année).



Une comédie fantastique qui a peut-être pris un petit coup de vieux aujourd’hui (mince, nous étions pourtant déjà au début des années 90…) mais qui demeure tout à fait divertissante, et ce malgré quelques défauts sur lesquels nous reviendrons quelques lignes plus bas.

Abordant le thème de l’immortalité, la quête de la jeunesse éternelle (bref la peur de vieillir quoi !), Robert Zemeckis nous peint là une bien sympathique critique du Monde Hollywoodien et de ses stars toutes plus belles les unes que les autres, adulées par des millions de fans souvent hystériques (wouaaaah George il est trôôô bôôô !). A l’image de la comédie "l’amour extra large" sorti en 2001 avec Jack Black et Gwyneth Paltrow, on y dénonce la superficialité et cette obsession de la beauté physique au détriment de la beauté intérieure (que c’est beau ce que je dis là).
Pas de gourou ou d’hypnotiseur ici comme dans le film de Peter et Bobby Farrelly mais une potion, un élixir de sorcière, envoyant directement "la mort vous va si bien" dans l’univers fantastique (d’autant plus que notre sorcière des temps modernes vit dans une sorte de grand manoir lugubre donnant un petit cachet horrifique en toute fin de film, un peu à "la famille Addams").

Au programme donc : deux ennemies rendues belles et jolies grâce à cet élixir magique et qui vont se chamailler une grande partie du temps pour… un vilain petit moustachu devenu alcoolique, impuissant et mou du genou (un Bruce Willis méconnaissable !) à force de vivre sous l’emprise d’une Madeline obnubilée par la beauté physique, égocentrique et vaniteuse à souhait.
Ridicule direz-vous ? Oui, quelque peu, mais c’est surtout l’humour noir (on rit de la mort, de la recherche obsessionnelle de la beauté chez les stars d’aujourd’hui…) qui prime ici dans le film de Robert Zemeckis.



Alors même si certains gags font parfois l’effet d’un pétard mouillé et que les acteurs surjouent sans cesse (comme dans bon nombre de comédies américaines des années 90, entre grimaces et gestuelles exagérées, Meryl Streep en fait des tonnes face à la caméra) au point parfois d’en devenir quelque peu agaçant, il faut reconnaître que cette ridicule rivalité féminine poussée assez loin amuse par moments (comme lors de cette confrontation physique où Meryl Streep perfore le ventre de Goldie Hawn avec un fusil avant que cette dernière ne lui encastre sa tête entre ses deux épaules : une lutte entre deux femmes indestructibles, à la beauté éternelle, laissant apparaître de nombreux effets spéciaux ayant fait la renommée du film, bien qu’aujourd’hui ce genre d’effets soit devenu courant pour ne pas dire même vieillot pour certains).

Certains dialogues sont d’ailleurs savoureux, comme en témoignent ces petits extraits que j’ai choisis pour illustrer mes propos :

« Où avez-vous mis ma femme ? (Ernest)
- Elle est morte Monsieur, on l’a amenée à la morgue. (Infirmière)
- A la morgue ?? Elle va être furieuse !!! » (Ernest)

« Le maquillage ne sert à rien ! Il n’a plus aucun effet… Vous ne m’écoutez pas, vous vous en foutez ou quoi ?! Vous êtes là avec votre peau de 22 ans et vos nichons durs comme de la pierre ! Vous vous moquez de moi… » (Madeline à une jeune chirurgienne)

« Tu n’es même plus un homme et c’est d’un homme dont j’ai besoin ! Un vrai mec, pas cet ivrogne bouffi et flasque. Ce croque-mort, qui est d’ailleurs aussi mort sous la ceinture que ses clients ! Haha, hé, peut-être que j’aurai plus de plaisir avec un de tes clients, au moins je serai sûre de trouver quelque chose de raide dans leur… » (et Ernest choppe Madeline soudainement à la gorge)

« C’est très intéressant. OK bien, je crois que j’en ai assez vu… (il boit une gorgée d’alcool)
Je vais vous dire les enfants… C’est une chose assez étrange… Votre poignet, autant que je sache, est fracturé en trois points… et vos deux vertèbres cassées… Mais bien-entendu je ne peux pas en être sûr sans faire une radio mais les petits os, les bouts d’os saillants sous la peau, c’est pas bon signe ! Et heu ... heu… Votre température est à -40 et votre cœur a cessé de battre… (Docteur)
- Putain, qu’est-ce que ça veut dire ?! (Ernest)
- Exactement ! Exactement ce que je crois ! Je veux un deuxième avis (et il claque la porte précipitamment) (Docteur)
- Docteur ! (Ernest)
- Hé bien, ça aurait pu être pire… » (Madeline)



Bref, même s’il faut bien avouer que nous sourions plus que nous ne rions et que le film souffre parfois de petites longueurs, "la mort vous va si bien" contient toutefois ce petit plus dans le traitement de ses personnages caricaturaux au possible, mais également une absurdité des évènements ma fois distrayante, des effets visuels (maquillages et effets spéciaux) convaincants et suffisamment de péripéties pour que nous passions au final un bon petit moment, certes non transcendant mais plutôt agréable.

Loin d’être le meilleur Zemeckis mais à voir tout de même si cela n’est pas déjà fait !