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Après la mort de son deuxième mari dans d’étranges circonstances, Sophie sombre peu à peu dans la folie et commence à parler avec Diana, une amie d'enfance décédée depuis de longues années. Pourtant, cette dernière semble visible par Martin, son jeune fils et Rebecca, sa fille issue d’un premier lit, qui était déjà traumatisée par elle durant son enfance. Progressivement, tous découvrent que le danger est uniquement présent dans le noir et qu’il vaut mieux ne pas éteindre les lumières...



Sur Internet en 2013, on pouvait tomber sur une vidéo horrifique vue plus de trois millions de fois faite par un amateur et dans laquelle un monstre se cachait dans le noir et disparaissait dés que quelqu'un allumait la lumière. Dans le noir est donc basé sur le court-métrage particulièrement angoissant « Lights Out » du même David F. Sandberg qui se lance ici dans le grand bain en adaptant son projet pour qu’il soit visible dans les salles…obscures. De plus, James Wan, metteur en scène prolifique du genre ayant lancé la franchise "Saw", puis "Insidious" et "Conjuring", l'a produit, ce qui fait quand même deux gros arguments pour que le long-métrage soit une réussite, non ?

Et on peut dire que le résultat est plutôt satisfaisant…du moins pendant les cinq premières minutes. David F. Sandberg et le scénariste Eric Heisserer ont, en effet, eu une idée originale et très intéressante : celle de montrer la peur du noir ou plutôt la peur d'être seul dans le noir. De plus, le score instaure un climax pesant et angoissant, bien que la réalisation du court-métrage n'en n’utilisait pas à la base. En outre, en tapissant sa créature dans l'ombre, le réalisateur parvient à provoquer une certaine tension, ainsi qu'à faire sursauter et on sent qu’une ambiance glauque bien prégnante et que les codes sempiternels de l'horreur sont présents mais malheureusement, l'ensemble est peu abouti. Car une fois la première scène avec le père de Martin passée (très bonne séquence par ailleurs !), l’utilisation de jump scares devient abusive voire parfois prévisible, ce qui nuit carrément à l’intensité du métrage. On sent alors que James Wan (ici producteur) et sa bande commencent à trop tirer sur des ficelles scénaristiques éculées depuis "Insidious" et les spécialistes auront une vague impression de déjà-vu !



Côté casting, on retiendra de façon anecdotique la présence d’Alexander DiPersia (entrevu dans "Je suis une légende 2007"), jouant le petit ami Bret pas chanceux dans le processus d'écriture puisqu’il campe un garçon stupide et amoureux (ça va de paire ?) qui est aussi prévisible qu'il est ennuyeux. Pour le reste, Teresa Palmer dans le rôle de Rebecca et vue dans "Warm bodies", Gabriel Bateman déjà dans "Annabelle" produit par James Wan, Billy Burke, une « tronche » entraperçue dans "Intraçable" et la franchise "Twilight", ainsi que la belle Maria Bello ("A history of violence") font tous le boulot correctement mais sans non plus transcender les interprétations inhérentes au genre, la faute à un background de chacun d’entre eux pas assez fouillé, si bien qu’on les oubliera vite fait, tout comme le film d’ailleurs...



Ainsi, ce métrage peut, pour les néophytes, constituer un bon divertissement garantissant son lot de frissons. En revanche, pour les pros, il ne sera qu'un énième petit film d'horreur comme il en pleut un peu trop récemment et dans lequel les personnages n'ont pas ou peu de relief. Fâcheusement, quelques incohérences scénaristiques empêchent également le film d'être terrifiant comme le promettaient les annonces et la bande annonce. Le scénario est inefficace et ennuie progressivement car tout manque de profondeur dans certains points clés, notamment : le passé des protagonistes, l'exploitation des jeux de lumière, trop peu présents finalement à part au début mais aussi les thèmes de folie et du deuil que l'on retrouve assez souvent dans ce type de cinéma, mais qui, ici, ne sont pas assez mis en évidence pour que cela fonctionne réellement. Car en pénétrant le stéréotype déjà bien usé de la thérapie expérimentale dans une institution pour troubles mentaux délétère, Daniel Sandberg n'apporte rien d'excitant à la psychologie de sa créature. Pire, c'est qu'en faisant de Diana une ixième malade mentale dangereuse, il en vient à saper complètement ses manifestations symbolisant la dépression de Sophie surtout à la lumière de la terrible fin…

Rappelant fortement "Mama" de Muschietti mélangé à "The shadow people" de Matthew Arnold de bien meilleure facture et même "Mister Babadook" de Jennifer Kent, pourtant pas terrible, Dans le noir offre tout de même une créature sympathique visuellement. Effectivement, cette dernière apporte quelques moments étincelants d’authentique effroi qui surviennent grâce à l’interprétation d'Alicia Vela-Bailey, véritablement animale avec ses yeux réfléchissants et ses mouvements de fauve, mais cela est presque totalement annihilé à l’écran, la faute à trop de personnages inintéressants qui interagissent pendant que le film se déroule devant nos yeux ébahis ou fatigués, c’est selon.



Dans l'ensemble, Dans le noir est une déception car nanti de personnages superficiels, de stéréotypes usés jusqu’à la corde et d’une fin ridicule et par trop prévisible. Il aurait donc dû rester dans sa version courte, effrayante et couronnée de succès à laquelle le nom du film est affilié. Car à la vision de son adaptation pour le grand écran, on s’aperçoit vite qu’il n'était pas nécessaire de faire une histoire plus longue car elle n'ajoute rien d'autre que du remplissage entre les moments de qualité déjà établis, surtout si cela équivaut à des explications mal fagotées en ce qui concerne Diana. On espère toutefois que David F. Sandberg qui nous a tout de même montré qu’il avait un certain savoir-faire, prouvera avec "Annabelle 2" qu’il peut jouer dans la cour des grands, mais on s’inquiète tout de même un peu…surtout quand on pense au premier opus !









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