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Pour parfaire sa thèse consacrée à Alzheimer, Mia Medina accompagnée de son équipe, va filmer le quotidien de Deborah Logan, atteinte de la maladie, ainsi que celui de sa fille Sarah qui s’occupe d’elle. Très vite, d’étranges événements se produisent : Deborah se réveille en pleine nuit et semble procéder à d’étranges rituels. L’équipe en vient donc progressivement à se demander si l’affection faisant peu à peu perdre la mémoire est vraiment responsable de ces événements et s’il n’existerait pas une autre cause moins rationnelle pour expliquer l’état et les agissements de la vieille femme dont le cas va jusqu'à déconcerter le corps médical…



Financé par les producteurs de l'inédit mais pas moins culte "Trick r treat", L’étrange cas Deborah Logan prouve que le found footage, technique cinématographique que l’on pensait éculée, peut encore nous surprendre de temps en temps, car si le procédé n'est plus du tout original, le scénario lui l'est relativement. En effet, on suit un groupe d'étudiants filmant de manière journalière une malade atteinte d'Alzheimer, qui commence à inquiéter son entourage par ses comportements étranges, surtout la nuit ! A la façon d’un Night Shyamalan avec son excellent "The visit", Adam Robitel, le réalisateur, mêle habilement les peurs rationnelles dues à l’affection ainsi qu’à la sénilité de la vieille dame avec celles, plus irrationnelles, du surnaturel. Robitel, dont c’est le premier long-métrage notable, est ainsi allé piocher dans les réussites du genre afin de nous proposer une œuvre assez cohérente. De fait, on retrouve les habituelles caméras de surveillance ayant fait notamment la célébrité de la franchise "Paranormal activity", quelques ficelles empruntées aux « documenteurs » (à l’instar du terrifiant "The Poughkeepsie tapes") comme des témoignages ou des extraits de journaux télévisés ou encore l'exploration de lieux sinistres (vieille demeure, forêt, hôpital…) comme dans tant d’autres avant : "Atrocious", "Evil things", "The last broadcast" ou encore "Grave encounters". En outre, l’excursion finale dans les mines pourra rappeler, si on extrapole un tant soit peu, la découverte traumatisante qui interviendra au dernier étage de l’immeuble barcelonais de "Rec", chef-d’œuvre en la matière de Jaume Balaguero.



La mise en place de tous ces éléments calqués çà et là est cependant bien faite et la découverte des événements est bien calibrée, ces derniers allant crescendo et surtout, le film arrive à faire peur ! Que ce soit par le côté imprévisible des crises provoquées par la maladie de la mère ou par certaines découvertes faites par les protagonistes, le film arrive à conserver de la crédibilité et ce côté incertain au fur et à mesure que la frontière entre science et fantastique se fait de plus en plus floue surprendra d’autant plus le spectateur avec ses effets horrifiques. L’étrange cas Deborah Logan évite ainsi de recracher tous les clichés des films de possession et chaque tentative de nous effrayer sans l’utilisation abusive de jump scares fonctionne, mais la prestation hallucinante de Jill Larson ("Shutter island") n'y est pas du tout étrangère. Cette dernière est vraiment excellente en vieille dame particulièrement perturbante sans trop tomber dans l’archétype facile de la folle beaucoup trop inquiétante pour être vraie. Il faut dire qu’elle est également bien épaulée par Anne Ramsay (vue dans la série "Dexter") et Michelle Ang ("Fear the walking dead"), interprétant respectivement la fille de Deborah et Mia, la jeune fille préparant sa thèse, deux jeunes femmes fortes prêtes à tout pour aider madame Logan à trouver la paix intérieure.



Malheureusement, quelques défauts viennent entacher le tableau de façon désagréable. Il faut reconnaître que found footage oblige, on subit, notamment sur la fin, des mouvements de caméra assez désagréables mais malheureusement inhérents au genre. De même, l’intrigue souffre parfois de quelques longueurs alors qu'à mi-parcours, quelques temps morts apparaissent avant de nous embarquer vers un final surprenant et flippant mais avec un cliffhanger dispensable…



Généralement, l'association du found footage et des films de possession est synonyme de joli navet horrifique se concluant par une séquence inévitable d'exorcisme (cf. un "Les Dossiers Secrets du Vatican" de sinistre mémoire). Toutefois, L’étrange cas Deborah Logan est plutôt une bonne surprise malgré un manque d’originalité sur la forme et quelques fautes bénignes sur le fond. Le côté caméra subjective est ici très bien exploité et sert un scénario assez bien ficelé qui part d'un sujet rationnel en invitant petit à petit le fantastique à sa table. Quelques scènes offrent également de très bons moments de frayeur et de tension (cf. la séquence finale dans la grotte). Mais si le rythme et bien mené sur les trois-quarts du film, on regrettera peut-être une fin un peu trop vite expédiée avec un côté « déjà-vu » pour les grands fans du genre et dont on pouvait se passer.









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ETRANGE CAS DEBORAH LOGAN - L'
LUMIèRE SUR