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Au Mexique, deux individus sont arrêtés pour avoir provoqué un accident de voiture. Mais lorsque l'inspecteur de police en charge de l'affaire fouille leur véhicule, il trouve une caméra. En visionnant le contenu de celle-ci, il va découvrir les exploits morbides des deux hommes qu'il vient d'arrêter. L'enfer ne fait alors que commencer puisqu’au cours de l’enquête, d’autres vidéos narrant les exactions sanglantes des deux ignobles personnages seront trouvées et malheureusement visionnées ! Il s’avère ainsi que l’on a affaire à deux terribles psychopathes en puissance. Jusqu’où sont-ils alors allés dans l’atroce ?



« Unearthed Films », la boîte de distribution américaine ayant importé, entre autres joyeusetés, " Philosophy of a knife" ou encore "Where the dead go to die", a la réputation d'offrir certains des films les plus difficiles à regarder. Pourtant, ce n'est pas parce que les métrages proposés sont de mauvaise qualité, bien au contraire ! Les films de cette société sont pour la plupart bien exécutés mais c’est souvent leur contenu et les sujets qu’ils exploitent qui les rend difficiles à terminer côté visionnage dans certains cas. Hyper brutales et graphiques, les œuvres « Unearthed Films » ne sont pas, pour la plupart, pour les plus raffinés et encore moins pour les cardiaques. Toutefois, si vous pouvez les supporter, vous vous régalerez avec leurs tonnes de gore déversées et certaines scènes d'horreur vraiment hardcore. Ainsi, « Unearthed Films » est vraiment une entreprise, à l’instar de Necrostorm, sur laquelle on peut donc compter en matière d’atrocités visuelles. Aussi, pas surprenant à ce que Ruggero Deodato, célèbre pour avoir réalisé "Cannibal holocaust", supporte pleinement le long-métrage de Lex Ortega et soit même crédité en tant que producteur associé, car les deux films, séparés par des décennies, se ressemblent un peu finalement avec : leur technique de bande retrouvée et sur laquelle va se greffer une bonne partie de l’intrigue (le désormais célèbre found footage), leurs imitations extrêmement réalistes de séquences de meurtres ou de tortures et leur terrible efficacité vis-à-vis du spectateur malgré les limites d'un budget qu’on devine restreint.



Atroz également connu à l’international sous le titre « Atrocious » est donc une trouvaille de « Unearthed Films » et n’a pas besoin qu’on traduise son titre pour savoir de quoi il en retourne. Sachez juste que c’est un film qui a la réputation sulfureuse d’être le plus violent de l’histoire du cinéma mexicain, rien que ça !

Né en 2012 sous la forme d'un court métrage tout droit sorti du cerveau malade de Lex Ortega (ayant œuvré pour le film omnibus "Mexico barbaro"), Atroz a depuis pris la forme d'un long- métrage jusqu'au-boutiste et ultraviolent qui transcende les deux genres auxquels il s'attaque, à savoir le torture porn et le found footage pour offrir un spectacle vraiment atroce, au sens douloureux du terme. De plus, malgré le manque d’argent initial, toute l’équipe a dû rivaliser d'ingéniosité pour palier l’apport financier conséquent ce qui donne au métrage des allures de mondo (genre cinématographique d'exploitation qui use des codes du documentaire pour montrer des images choquantes) sur le Mexique et c’est sûr qu’après ça, on aura du mal à aller faire du tourisme là-bas !



Dès le début, on assiste à une séquence présentant Mexico de manière très crue où criminalité et misère sociale coexistent et servent alors à introduire la barbarie qui sera celle visible durant tout le film. Celui-ci se scindera alors en deux axes qui ne cesseront de s’entrecroiser : celui avec des policiers qui progressent dans leur enquête et celui avec des scènes rapportées, autrement dit visionnées par lesdits policiers au cours de leurs investigations au fur et à mesure des cassettes et autres bandes qu’ils trouveront. Ces dernières sont toutes centrées sur des meurtres, tortures diverses, humiliations et autres choses du même acabit. Tout cela amené façon found footage sublimé ici par l’utilisation des différents formats que représentent la VHS, le Hi8 ou la MiniDV, chacun ayant ses propres défauts (cadre approximatif, caméra peu stable, hors-champs, etc.) qui, au lieu d’amoindrir l’impact du film, le renforcent en lui donnant un côté snuff movie craspec des plus malsains. La caméra embarquée sera alors le témoin de la vie de ses personnages infects qui ne cessent de filmer leurs méfaits se déroulant, au tout début, dans un cadre familial puis dans de multiples lieux à différentes époques par la suite.

Dans son ensemble, sans pour autant tomber dans l’excès ou la surenchère, le métrage brille par son efficacité formelle et bien qu’on puisse trouver à redire sur certains points, on ne peut que saluer le sérieux de sa fabrication. Lex Ortega a choisi une approche frontale et balance en pleine tronche du spectateur une réalité tangible sans verser dans le pathos. Ici, il n’y a pas de gentils et de méchants : les policiers ont des méthodes brutales et les tueurs sont impitoyables tout en étant maîtres dans l’art de faire subir des sévices et d’occire autrui. Et en l’espèce, Ortega s'est vanté de ne rien cacher avec son film qui est d'un voyeurisme viscéral ne laissant aucun répit à son spectateur pour en faire le premier témoin de l'enfer que les deux tueurs en série font subir à tous ceux croisant leur route. Et c'est réellement la force du métrage, inventif et intelligent qui offre à son public, habitué du genre, de la violence qui montera crescendo jusqu’à un final des plus surprenants mais en définitive logique…

Notons également que les acteurs (au rang desquels figure Lex Ortega himself), sans qu’ils sortent forcément tous de l’Actor’s Studio, s’en tirent plutôt pas mal et semblent en tout cas très impliqués dans ce qu’ils font, c’est déjà pas si mal !



Atroz, avec une trame certes plutôt simpliste, est un film sadique à l'extrême, d'une violence inouïe où rien ne nous est épargné. Il pourra toutefois décevoir les amateurs les plus endurcis de ce genre de métrage pouvant lui reprocher de leur faire le coup du saut d'images quand ça devient réellement gore et qui utilise un peu trop souvent le hors-champ. Mais bon, ça reste quand même un long-métrage efficace et très mordant, parfaitement calibré pour le tout-venant des aficionados de films chocs. Après, il faut effectivement aimer ce type de film pour y trouver son compte…









Du même réalisateur :

MEXICO BARBARO
LUMIèRE SUR