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Alors qu’elles sont en route pour un concours de pom-pom girls, Jenna et Tara font la rencontre de deux jeunes hommes en panne de voiture. Ces dernières décident de leur venir en aide en les prenant à bord, direction Minneapolis. Alors que notre quatuor roule à travers la forêt, un individu les double et les fait sortir de la route, endommageant leur voiture. Ils ne le savent pas encore mais nos malheureux jeunes accidentés sont en proie à des tueurs sadiques et déterminés à exterminer celles et ceux qui traversent leur territoire…



"Morse", "norway of life", "manhunt", "the troll hunter", "the substitute", "next door", "tale of vampires" sans oublier bien-entendu les sagas des "cold prey" et "dead snow" et bien d’autres encore : oui, le cinéma fantastique scandinave se porte fort bien et le montre presque chaque année à travers les festivals dédiés au cinéma de genre.

Ce n’est donc pas par hasard que je me suis jeté sur ce petit film suédois dont la jaquette laissait présager un survival probablement un brin amateur (le titre « madness, the bad guys » traduit par « madness, les mauvais garçons » en disait déjà long) mais peut-être aussi divertissant. Bonne ou mauvaise idée ? Ni l’une ni l’autre aurais-je envie de dire, le film n’étant pas un surprenant survival (je n’en espérais pas autant) mais pas non plus la déception de l’année.

Même si l’on pourra reprocher à notre trio de réalisateurs d’avoir peut-être trop voulu jouer sur l’aspect commercial de l’entreprise (placer l’action aux USA pour probablement mieux coller au genre et pouvoir exporter plus facilement leur film, utiliser à outrance les clichés du genre en nous balayant une bonne partie des classiques allant de "massacre à la tronçonneuse" à "la colline à des yeux" en passant par les "détour mortel"), il faut bien reconnaître que leur "madness" a quelques qualités non négligeables, même si ces dernières sont entachées par des erreurs scénaristiques indéniables.



Avec son introduction efficace (qui nous gratifiera d’un avortement tardif des plus brutaux et sauvages, à l’image de notre trio de tueurs sadiques auquel nous serons confrontés par la suite) et son générique sympathique et original (nous suivons les pas d’un rat sous une musique entêtante), "madness" commençait sur les chapeaux de roue et nous plongeait d’emblée dans une atmosphère glauque et hostile à la fois à notre plus grand étonnement.
Par ailleurs, placer l’histoire en 1994 était une très bonne idée pour un survival car cela marquait encore un peu plus l’isolement de nos protagonistes victimes étant donné que les téléphones portables étaient encore loin d’être monnaie courante à cette époque. Impossible donc dans cette immense forêt semblant se prolonger à perte de vue de signaler sa présence dans l’espoir que l’on nous vienne en aide.

Des premières minutes prometteuses donc qui nous poussaient à croire que ce qui allait suivre allait finalement nous prendre à contre-pied, nous qui nous attendions une fois de plus un survival fauché comme il en sort des dizaines depuis quelques années maintenant.
Hé bien non : la suite des évènements va rapidement nous faire redescendre sur terre et stopper court à tout espoir de voir en "madness" une nouvelle surprise inattendue venant de nos voisins scandinaves…



Alors certes le reste du film n’est pas non plus mauvais au point de crier au scandale, ce dernier nous gratifiant tout de même de scènes choc bienvenues dans ce genre de film telles qu’un viol masculin ou une noyade durant lesquels nos victimes offrent une interprétation de fort honnête facture, mêlant peur, cri et douleur. N’oublions pas également cette scène d’avortement express dans les premières minutes du film dont votre rédacteur vous parlait quelques paragraphes avant.

Mais malheureusement, "madness" va vite montrer ses limites, ses maladresses allons-nous même dire... Très (trop) classique, ponctué de dialogues creux, dénué de surprises, balançant des clichés à tout-va (le casting lui-même est une véritable foire aux clichés avec ses belles gosses, ses deux beaux mecs dragueurs et ses pecnos meurtriers laids comme des poux) et présentant des incohérences parfois flagrantes (des tueurs qui préfèrent regarder la télé plutôt que de s’occuper de leurs victimes étrangement pas suffisamment attachées, ces mêmes victimes qui d’ailleurs étaient restées prisonnières d’une voiture aux portières pourtant non fermées...), le scénario n’est pas un exemple de réussite en la matière il va sans dire.

Comme si cela ne suffisait pas, les méchants sont parfois ridicules dans leurs faits et gestes mais surtout dans leurs comportements, parfois clairement exagérés histoire de bien nous faire comprendre qu’ils sont idiots à souhait et probablement issus de ces fameuses familles consanguines que l’on retrouve bien souvent dans certaines sagas bien connues de nous tous et appartenant aujourd’hui au Panthéon du survival.

Mais l’une des plus grosses déceptions de "madness" réside principalement dans sa dernière partie. Longue et très répétitive, celle-ci semble vouloir s’éterniser sans jamais nous offrir de réel suspense. Clairement ennuyeuse, cette grande bataille finale se finira même sur un happy end prévisible et détestable au possible. Quelle déception alors !



Au final, "madness" est un survival possédant bien trop peu de qualités pour rester dans les mémoires des cinéphiles que nous sommes, bien trop habitués à (beaucoup) mieux dans ce genre cinématographique fort représenté. Restent toutefois quelques scènes chocs bien fichues, malheureusement engluées dans un scénario des plus légers. Dommage...








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