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Paris, 2047. Une large majorité de la population préfère rester connecté dans des mondes virtuels. Un agent travaillant pour une des multinationales se met à traquer des «terroristes», les nécromanciens qui s'emploient à vouloir faire tomber le système...



Si les tentatives de production fantastique hexagonal sont extrêmement rares et encore moins réussies (pour un «Haute Tension» ou un «A l'intérieur», combien de films insipides, du style «Bloody Mallory» ou «Promenons-nous dans les bois»?), il est un genre que le cinéma français semble avoir mis de côté, celui de la science-fiction. Un léger frémissement semble voir le jour. Peu après la série «Metal Hurlant», c'est donc un film Virtual Revolution qui nous intéresse ici.

Même si l'action se déroule dans un Paris futuriste-sur lequel plane l'influence de «Blade Runner»-, il est à noter le choix qui est fait de se tourner vers un tournage anglo-saxon, de par le choix de la langue, mais aussi par les deux têtes d'affiches qui sont résolument américaines. L'une d'elle est bien connue des fans de la série «V»: Jane Badler, l'ancienne Diana. Moins connu que cette dernière, Mike Dopud («Stargate Universe») endosse le rôle principal, celui de l' enquêteur underground aux méthodes parfois expéditives, et qui au fur et à mesure de son investigation devra opérer des choix sans avoir la certitude d'être dans le vrai.



C'est cette quête de la vérité (avec le fil conducteur qu'est sa défunte compagne Héléna?) qui va être un des moteurs essentiels de Nash, et dont feront usage ses commanditaires. La vérité semble ainsi tout le temps lui échapper, au point qu'il préfère passer une grande partie de son temps libre en se connectant via son avatar et ressentir des émotions de bonheur auprès de sa dulcinée. Une fuite en avant, que la population préfère alors au monde réel. Cette société du futur que nous promettent plusieurs auteurs dans l'univers de l'anticipation semble satisfaire au plus haut point les politiciens d'alors (comme ceux d'aujourd'hui!) en octroyant à la masse un revenu universel (thème à la mode actuellement) suffisant pour permettre de subsister et de payer de quoi se connecter. Une méthode beaucoup plus douce pour instaurer un régime non démocratique finalement que de faire usage de la violence et de la coercition.



Une véritable critique politique sous-tend l'action du film sans vraiment le parasiter ni nuire à l'action...histoire de rassurer ceux qui sont venus pour voir un film d'action. Car, Virtual Revolution n'en manque pas. Que ce soit dans le monde réel ou celui qui est virtuel (avec seulement deux univers représentés : l'héroïc-fantasy et le post-apo), notre enquêteur laissera derrière lui des cadavres et les affrontements ne manqueront pas.

La représentation des mondes online démontre de la part du réalisateur Guy-Roger Duvert une véritable connaissance comme le montre le choix fait par l'un des connectés d'un avatar féminin aux formes très voluptueuses! Malgré ce qu'on pourrait croire, Virtual Revolution n'est pas réserver au milieu geek et aux adeptes des jeux en ligne et autres univers virtuels. Car, il y a une véritable pensée dans la conception de l'univers de ce film.



Malgré la limitation du budget, il est à noter que visuellement le film tient largement la route, russisant à retranscrire un Paris futuriste très crédible. Ajoutant à cela une direction d'acteurs réussie , un scénario plus travaillé que dans les blockbusters les plus récents, et on tient incontestablement un récit qui devrait plaire aux amateurs de films d'anticipation et aux lecteurs de Philip K.Dick («Total Recall»). On attend avec impatience une extension de cet univers via une série!









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