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Réalisation
James Bell

Scénariste
James Bell

Date de sortie
2015

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Amanda Bell
James Bell
Brian Papandrea


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Bob Beischer, Dan DeTitta, Ryan Trimmer

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.5
(2 votes)
Plongez dans un monde surréaliste, étrange, sale et gore où la vie et la mort perdent tout leur sens.



James Bell est une nouvelle figure du cinéma extrême underground. Enfin surtout pour les amateurs du genre qui n'osent pas dire du mal des films de ceux avec qui ils sont en contact et qui crient "I love it !" pour n'importe quelle merde pondue du moment que le réalisateur leur prête attention.

Son premier film "Dog Dick" a fait un succès totalement incompréhensible chez le public restreint, avide de films obscurs. Beaucoup l'achètent, beaucoup l'aiment mais personne ne sait dire pourquoi, ni même dire quelles sont les qualités de ce sous-Gummo irregardable, sans aucun travail sur le montage, la réalisation ou la recherche artistique, aucun symbolisme repérable et un amateurisme cinq fois pire qu'un Andreas Schnaas donnant l'impression que le téléphone portable mis sur option "caméra" est le seul moyen de justifier la laideur du son et de l'image.
Certainement le pire film underground jamais fait où l'audace de filmer une handicapée jouer à la Wii, des obèses passer dans la rue ou une vieille qui s'amuse à lancer un oiseau blessé en l'air avant que ce dernier retombe peuvent être considérés comme de l'art... Dans la forme et dans le fond, "Dog Dick" est une blague infâme qui prouve qu'on peut faire tout et n'importe quoi et toujours trouver des amateurs de films obscurs acheter les yeux fermés du moment que l'édition DVD est signée, faite main et est limitée à un nombre d'exemplaires entre 20 et 100.
Un moyen de défendre ce type de film ? Non, sauf le fait de vouloir pousser à celui qui haïra "l'oeuvre" en question à réaliser lui-même son film pour voir si le résultat sera meilleur... Certains réalisateurs amateurs se servent de cette excuse pour pondre leur(s) daube(s) et affirmer qu'ils font quelque chose de bon et de respectable (on ne citera pas de nom).



Bref, il est néanmoins rassurant de voir que les rares français ayant pris le temps de subir "Dog Dick" sont plus lucides que les américains ou les allemands (que l'on défende le cinéma extrême underground ou pas).
Par la suite, James Bell réalise "Manuer" où l'on suit le parcours "palpitant" d'un SDF. Une morale et un final poético-gore qui s'inspire directement de "Street Trash" mais qui malgré son amateurisme et son mélange de sons et images indigestes arrive à dégager quelque chose de particulièrement intrigant.

Mais cela ne suffit pas à considérer James Bell comme un réalisateur potentiellement intéressant, et c'est avec son "Tantrum" que mon intérêt vis-à-vis de ce bonhomme a fortement augmenté. Le potentiel gâché dans les deux premiers films explose dans un moyen-métrage expérimental de 35 minutes. Bien que les musiques soient toujours aussi affreuses et inaudibles (non, ça n'accentue même pas l'aspect étrange et bizarre des séquences...), les scènes abstraites et inquiétantes s'accumulent et déversent souvent du gore potache à outrance.
"Tantrum" est un chemin vers un enfer inconnu qui nous plonge dans la perversion, le meurtre, le blasphème et le suicide de manière atypique. Aucune construction linéaire, un puzzle sans cohérence qui enchaîne des performances sur lieux publiques ou en forêt et révélant l'inspiration de "Begotten" qu'a eue James Bell pour faire ce troisième film. Couleurs vives et très contrastées, atmosphère onirique, dégradation de la religion (on n'oublie pas le gros plan d'une auto-pénétration anal avec un crucifix, performance offerte par James Bell lui-même...) et plusieurs mutilations graphiques. Auto-castration, éventration, immolation, viol de la boîte crânienne d'une pauvre femme mise à mort etc. Un déversement de sang, de tripes, de sperme, de vomis et de matières fécales au programme dans cette débauche. En termes de gore et de scènes déviantes, on en ressort agréablement surpris car James Bell a enfin pris le temps de travailler sur les FX aux cotés de Amanda Bell et Marcus Koch ("American Guinea Pig: Bloodshock") jusqu'à rendre sa barbaque horriblement répugnante et réaliste.



"Tantrum" devient le film punk le plus intrigant et le plus appréciable de la filmographie du réalisateur qui, enfin, révèle ce dont il est capable en espérant qu'il continue dans cette voie-là (en revanche, une amélioration de la BO n'est pas de refus...).
Contrairement à "Dog Dick", ce troisième métrage vaut la peine d'être vu par les amateurs de films extrêmes underground car il garde constamment l'aspect d'un film obscur dégageant une âme malsaine dans le but de pervertir les yeux de ceux qui s'y frottent.

Une expérience intrigante et crade rappelant le film "I Never left the white room", le montage clippesque en moins, l'ultra-gore en plus. Ce beau tableau macabre animé par la viande ou le feu ne manquera pas d'attirer l'attention des amateurs de films expérimentaux et de gore.
Mais ce qu'il manque c'est un éclaircissement de ce que James Bell a voulu dire à travers ces nombreuses séquences hermétiques car c'est bien beau de dire qu'un film est symbolique, mais si on ne trouve pas ce symbolisme ça retombe vite au niveau d'inutilité.



Quoi qu'il en soit, Mr Bell remonte la pente glissante et mérite enfin qu'on s'intéresse à son travail de punk anarchiste pessimiste d'une puanteur volontairement morbide. Il intrigue tellement avec "Tantrum" que son univers s'extériorise enfin et donne une bonne raison à ses fans d'apprécier son domaine anti-conformiste.
Allez, on oublie "Dog Dick", ce film qui ne vaut même pas de finir sur Youtube, et on commence véritablement le chemin de sa filmographie avec "Manuer" et "Tantrum".
A suivre donc...








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