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Le 30 octobre 1975, Charly, Roscoe, Panda, Venus et Levon, cinq forains itinérants choisis au hasard, sont enlevés et retenus en otages dans un endroit appelé « Le monde du crime ». Durant la nuit d'Halloween, donc celle du 31 (d’où le titre du film), ils vont devoir survivre douze heures durant contre des protagonistes violents prêts à tout pour les éliminer. Ces derniers sont tous d’apparence et de profil psychologique bien distincts mais ont pour dénominateur commun d’être grimés en clown. Qui est derrière ce jeu sadique et brutal ? Mais surtout, en sortiront-ils tous indemnes ?



Le dernier rejeton de Rob Zombie s'ouvre sur une citation énigmatique de Kafka : « Un premier signe d'un début de connaissance, c'est le désir de mourir. » Comprenne qui pourra ! Peu après, dans un noir et blanc épuré, une porte s'ouvre et apparaît une silhouette dans la lumière. Le public fait ainsi la connaissance de Doom-Head, un homme au maquillage de clown blanc, celui qui est supposé être triste, au regard halluciné discutant avec volubilité et une verve plutôt inspirée avec un homme assis et ligoté en face de lui, apparemment un révérend, avant de le massacrer à coups de hache. Puis, suit le générique du début avec nos cinq personnages principaux présentés partiellement à travers des films tournés en Super 8. Suivront des scènes prenant lieu et place dans leur camion de tournée où ils conversent et échangent leurs idées comme dans un métrage de Tarantino jusqu’à la scène d’enlèvement et la plongée dans le jeu de survie organisé par quelques vieux fortunés en quête de sensations fortes ayant loué les services de tueurs sans pitié…

On soulignera également une distribution colorée et éclectique pour un film dit de « genre Bis » avec surtout : la toujours ravissante Sheri Moon Zombie ("La maison des 1000 morts", "The Devils Rejects" ou encore "The Lords of Salem") campant ici une incontestable survivante, Malcom McDowell (l’inoubliable Alex de "Orange mécanique" et ayant cachetonné dans un nombre incalculable de série B) interprétant l’organisateur du jeu mortel, sorte de vieux dandy tout défraichi et sur la fin (un peu comme l’acteur il faut dire) et surtout Richard Brake (une authentique sale tronche vue notamment dans "Batman begins", "Outpost", "The incident"), réellement impressionnant dans le rôle de Doom-Head, un psychopathe maniant le cran d’arrêt et les punchlines chocs comme personne, véritable star du film.

Il faut également noter que le père Rob, en tant que musicien, dote toujours ses films d’une bande originale chatoyante et variée. Une fois n’est donc pas coutume puisque l’on retrouvera, parmi de nombreuses joyeusetés et pour notre plus grand plaisir, du Beethoven (!), le savoureux « California Dreamin’ » des Mamas and Papas et surtout le morceau « Dream On » d’Aerosmith lors de la scène finale proprement dantesque. Ajoutons à cela une affiche magnifique et des bad guys complètement barrés et bien distincts, dont un nain psychopathe adepte du Troisième Reich mais parlant espagnol (!), un colosse allemand porté sur « Le lac des cygnes » et deux clowns munis de tronçonneuses (en hommage à Tobe Hooper ?) aux répliques hyper triviales, avouez que ça donne l’eau à la bouche, non ?



Ainsi, lorsque l’on évoque Rob Zombie, on reste sur les souvenirs de ses premiers longs-métrages, et l’on se dit qu’il a toujours quelque chose à apporter avec son ton si particulier et qu’il peut encore surprendre et déranger le spectateur. Malheureusement, avec 31, le père Robert semble vouloir faire un film peu risqué, malgré son passif d’indépendant génial et un superbe casting, avec des dialogues assez creux au final, mais surtout des scènes d’action vues et revues trop de fois d’autant qu’elles sont hyper prévisibles pour ceux qui ont vu au moins une dizaine de survivals dans leur vie ! On sent bien toutefois que Zombie veut faire peser sur son film une certaine amoralité et faire un métrage différent des standards américains à travers les idées, les décors, les costumes et certains protagonistes hauts en couleurs, mais la mayonnaise ne prend pas : certaines transitions sont plutôt hasardeuses et inutiles, quelques ressorts dramaturgiques n’ont pas lieu d’être, le tout est assemblé tant bien que mal et ce qu’il y a de plus triste, c’est qu’aucun des personnages ne suscite de véritable empathie car ils semblent tous destinés à se faire occire piteusement.



Certes, comme dans "La maison des 1000 morts", Rob Zombie nous offre une sorte de bal sanglant grand-guignolesque où le morbide côtoie le grotesque, où les dialogues vulgaires se heurtent aux saillies bien senties, mais ce n’est pas son premier film, et compte tenu de ses antécédents, nous étions en droit d’attendre d’un réalisateur confirmé qu’il se transcende au lieu de nous offrir un survival basique nanti de quelques facilités scénaristiques, laissant par moments l’impression de perdre le fil mais surtout, qui ne s’élèvera jamais à la hauteur de ses deux premiers longs-métrages hautement subversifs ! On pourra toutefois sauver les séquences d'ouverture et de fermeture qui nous feront regretter qu'il n'ose plus se lâcher. Serait-il devenu trop sage ?



Ainsi, le dernier film de Rob Zombie s'avère être un survival version "Running Man" peu original qui se présente comme un jeu vidéo avec des personnages qui enchaînent les lieux et ennemis à chaque fois plus armés et plus déterminés que les précédents. C'est violent et sanglant mais finalement pas très gore et mieux vaut donc revoir les premiers métrages de Zombie pour plus d’outrances et de souffrances ! Reste toutefois deux superbes scènes et une magnifique bande-originale, c'est toujours mieux que rien en attendant la suite !