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Heaven est une merveilleuse petite banlieue où chacun peut vivre en toute tranquilité. Dirigée par Caine, seule une règle est imposée, ne jamais franchir le mur entourant la ville. Un enfant devient de plus en plus intrigué par le nombre croissant d'oiseaux noirs venant de derrière le mur...



Jimmy Screamerclauz est connu pour ses musiques de speedcore et ses vidéos complètement psychédéliques et barrées. Il a étendu son univers à travers plusieurs clips, court-métrages et s'est popularisé avec son (très) cauchemardesque "Where the dead go to die", un film d'animation étant certainement le film le plus malsain et le plus glauque jamais réalisé. Malgré sa pauvre qualité graphique rendant les images dures à visionner tellement l'animation est hideuse, les histoires et leur profondeur foutrement immorales auront de quoi en scandaliser plus d'un.

Mais lorsqu'on découvre le monde de Screamerclauz, on voit toutes ses déviances inimaginables au second degré et on prend plaisir à voir comment ce bonhomme retranscrit ses idées les plus folles avec une créativité et un sens du détail absolument impressionnant.

Un homme qui partage sans cesse sa vision perverse de l'Enfer, où toutes les créatures plus bizarres les unes que les autres n'hésitent pas à copuler en se mutilant ou en exerçant les paraphilies les plus extrêmes qu'on puisse imaginer. Pour les curieux, les vidéos comme "Mutwa", "Clinical Sodomy" et "Affection" vous permettra de découvrir dans quel genre de bordel l'imagination déjanté de Jimmy Screamerclauz risque de vous embarquer. Une chose est sûr, c'est que son style, son inventivité et son monde sont uniques.



Après le traumatisme que m'a fait subir "Where the dead go to die" au premier visionnage (voir un enfant sodomiser son chien sur le cadavre e ses parents, enlacer le foetus avorté de sa mère, le rituel satanique dans une église ou encore les séquences pédo-pornographique dans une atmosphère poisseuse et dans le style d'un snuff, je peux vous dire que votre morale prend un coup dans la gueule... Sans parler de toutes les séquences cauchemardesques et infernales que réserve l'enfer. Une expérience unique et intense), son nouveau long-métrage sort enfin après des années d'attente.

Et autant dire que même s'il n'est pas aussi extrême que "Where the dead go to die", ce nouveau "When Black Birds Fly" le surpasse dans tous les domaines.

Meilleurs qualité visuelle, grosse amélioration au niveau des graphismes, très bon choix d'alterner le noir et blanc (plutôt joli) et les couleurs flashy, des personnages tout aussi intéressants, et un nombre colossal de références symboliques politiques et religieux à travers des idées absolument renversantes.



Tout se déroule dans la ville d'Heaven où les habitants vivent sous le règne d'un gourou nommé Caine. La petite ville est entourée d'un mur que personne ne doit franchir et détient une règle franchement originale sur les lois de la reproduction; une autorisation est nécessaire car tout se fait dans un processus rituelique dans une dimension inconnue où des grosses limaces deviennent des enfants grâce au sang de leur parent. Voilà, c'est comme ça qu'on retrouve l'esprit de ce bon vieux Screamerclauz, entre visions morbides infernales, folie excessive, issues dystopiques, création de mythologie avec la saveur d'un pessimisme à la limite du supportable.

La ville est remplie de slogans en faveur de Caine, les habitants fanatiques perdent toute humanité et deviennent des robots au service d'un homme vénérable.

Mais c'est lorsque les deux enfants Marius et Eden franchissent le mur pour se retrouver dans un monde infernal et gouttent au fruit du chaos que tout explosent et les idées fusent sans cesse. Entre accumulation de visions mystiques, invention d'une cosmogonie et de personnages divins créant presque une religion entièrement ancrée dans le film, Screamerclauz use de tout son potentiel pour livrer sa propre bible pervertie.

Enchaînant les séquences hypnotiques et épileptiques, les images psychédéliques accompagnées de musiques noise ou de belles mélodies inquiétantes, on ne pourra pas nier que Jimmy ne se fou pas de notre gueule et nous en donne pour notre argent. Une richesse dans la profondeur d'innombrables séquences symboliques (malgré un dénouement peu intense), un travail acharné sur le jeu des couleurs et des formes styilisées, une pincée d'humour noir qui fonctionne et un récit mythologie intéressant bien que trop pragmatique, sans forcément tomber dans le minimalisme; on regrette que le concept spirituel ne soit pas plus développé, car on retombe trop vite dans un enjeu attractif.



Mais entre le parcours de notre personnage principal dans sa communauté de fanatiques aux faits et gestes absurdes mais dénonciateurs, l'esthétisme bluffant malgré une animation toujours imparfaite qui risque de rebuter ceux qui ne sont pas habitués aux oeuvres de Screamerclauz, et l'intensité des séquences psyché complètement barges nous créant un certains malaise et effaçant toutes sortes de repère rationnel, on peut dire que dans le milieu underground, on tombe sur la perle rare et unique en son genre.

Une vraie réussite qui s'écarte de la gratuité des abominations perverses et déviantes de "Where the dead go to die" et qui change complètement de concept en gardant le même style. On a là l'exemple parfait du cinéma expérimental (et dans le milieu underground c'est si rare d'en tomber sur des bons qui ne sont pas réalisés par un certains Iskanov, surtout avec de pareilles ambitions).
En tout cas, merci Screamerclauz de nous avoir offert cette merveille obscure et déstabilisante, ton univers cauchemardesque et barré surprendra toujours.
Un film qui a le mérite de devenir une référence dans le milieu du cinéma underground.









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