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Finn est un jeune peintre en manque d’inspiration qui, pour l’alimentaire, occupe le poste de gardien pour un petit complexe d'appartements. Il vit en colocation avec sa petite amie Callie, salariée et écrivain en herbe, ainsi que leur copain Jasper, parasite et joueur de courses de lévriers à ses heures perdues. Leurs vies ennuyeuses faites de glande, de travail ingrat et d'ambition frustrée sont interrompues quand ils se rendent compte que Bezzerides, l'un des locataires, a un retard de loyer. Ils vérifient ainsi dans son appartement et tombent sur sa collection de polaroïds ainsi que sur une énorme machine photographique. Seulement voilà, son objectif est pointé vers la fenêtre de leur appartement. Le mur couvert de photos raconte ainsi les détails intimes de leur vie privée ! De plus, ils apprennent que l’appareil prend ces images avant que les événements ne se produisent ! Les jeunes gens vont donc s’en servir pour essayer de changer leur futur, mais peu de choses se passeront comme prévues...



Pour une fois, je commencerai ma critique par la distribution car elle est assez restreinte et sujette à quelques interrogations. Danielle Panabaker, incarnant Callie (apparaissant dans "Vendredi 13 2009", "The ward", "The crazies 2010", "Piranha - 2 3D"), joue correctement mais sans plus, cependant on aimerait avant tout comprendre pourquoi les deux gars la kiffent grave alors qu’elle n’est vraiment pas incroyable physiquement ! Matt O’Leary ("Emprise", "Mother’s day 2010", "Time out") est à mon sens, celui qui s’en sort le mieux avec son jeu tout en retenue dans le rôle de Finn contrairement à George Finn (Jasper) qui n’a joué dans rien de notable et qui n’a pour lui, que la couleur de ses yeux. Autre fait notable, Bezzerides est interprété par John Rhys-Davies, une « tronche » vue dans "Les aventuriers de l’arche perdue", la série "Sliders, les mondes parallèles", mais surtout, campant Gimli dans la trilogie "Le seigneur des anneaux". Seulement voilà, on ne le voit qu’en photo et pas autrement ! On souhaiterait juste savoir par curiosité combien est payé un acteur qui n’apparaît que sur un cliché !? Pour le reste, pas grand-chose à se mettre sous les mirettes puisque l’on ne verra dans ce film même pas une dizaine de protagonistes ! Ainsi, quelques personnages vont et viennent par-ci par-là comme l’agent de sécurité Big Joe (Amin Joseph), le bookmaker véreux Ivan (Jason Spisak) accompagné de Marcus (David Figlioli) son garde du corps impassible et une ancienne collègue de Bezzerides, le Dr Heidecker (Sharon Maughan) et pas un pion de plus pour faire avancer l'histoire ! Bien que ce ne soit pas nécessairement une mauvaise chose, ça réduit tout de même le champ des possibles et ne donne pas trop l'illusion d'authenticité pure. Sérieusement, vous avez déjà vu une résidence où l’on ne voit pas des locataires ou propriétaires venir harceler sans cesse le gardien d’immeuble véritable homme à tout faire ?



Pour son premier film, le cinéaste Bradley King fait un bon travail de mise en place des trois personnages centraux et de la trame de fond axée science-fiction, avec l'exploitation à leurs fins, de la machine, gigantesque appareil photo orienté directement sur leur fenêtre et prenant chaque jour à 20h00, un polaroïd immortalisant la scène réglée entre eux, c'est-à-dire Finn, sa petite amie Callie et leur camarade de chambrée Jasper. Au début tout est rose puisqu’ils vont vite penser à l'utiliser pour améliorer leurs finances et hop ! voici la photo suivante les montrant en train de sourire. Jasper peut enfin obtenir de bons tuyaux sur une série de jeux de hasard, Callie peut quitter son emploi de subalterne et se mettre à écrire de la poésie, et Finn jusque-là bloqué mentalement, peut enfin transformer ses toiles vierges en peintures grâce à la photo illustrant son travail accompli en tant que source d'inspiration pour lui-même. Mais l'atmosphère affable persiste quelques temps seulement et au bout d’un moment, une photo arrive avec quelqu'un qui ne devrait pas être à l'intérieur de leur appartement…
Cela génèrera alors des dilemmes logistiques de plus en plus complexes et des conflits interpersonnels. Amour, trahison, confiance, jalousie, orgueil et cupidité vont inévitablement se succéder jusqu'à ce que certains personnages et subséquemment les spectateurs, se retrouvent face à une version plus sombre d'eux-mêmes…



Pour être honnête, même si le métrage aborde quelques questions et thèmes intéressants, force est de constater qu’il emprunte certaines idées à d'autres films sur les voyages dans le temps. Même si, ici, les protagonistes ne se déplacent pas (à part dans l’appartement d’en face !), ils disposent d'une machine qui prend des photos 24 heures dans l'avenir. Ce sont finalement les mêmes ficelles utilisées et questions que l’on se pose. « Que ferait-on avec ça ? L’utiliserait-on à des fins personnelles ? Voudrions-nous partager notre découverte et le dire à d’autres ? Est-ce que la machine nous changerait et ferait de nous quelqu’un de meilleur ? De pire ? ». Tout cela a déjà été vu avant et d’aucuns pourraient arguer à juste titre que le film n'a pas sa propre identité à cause de cela. Il condense juste tout un tas de concepts vus avant, dommage.

Autres faits dérangeants : le cliché est toujours pris au même endroit, ce qui est très réducteur puisque peu de lieux nous sont montrés à l’écran ! De plus, le film, à travers certaines décisions des personnages, est peut-être parfois un peu trop focalisé sur le triangle amoureux formé par Finn, Callie et Jasper, ce qui est préjudiciable. Pourtant, qu’on ne s’y méprenne pas, pour un long-métrage au budget que l’on devine chétif, Time lapse s’en sort assez bien puisque le fait de centrer l’intrigue autour des pistes et pas nécessairement de l'ensemble du concept lui-même, est bien vu, car on ne s’attarde pas trop sur l’aspect technique pouvant être rébarbatif mais finalement sur les conséquences morales et psychologiques découlant des décisions prises en fonction des clichés. Quant au pitch, tout en racontant une histoire qui utilise un concept et des thèmes qui ont été montrés auparavant, il est assez solide et l’on peut légitimement être intéressé de voir comment cela finira et puis, comme les colocataires, on est à l’affut de ce qu’il y aura sur la photo prise tous les jours à 20 heures ! Mais bon, ce qui pourra en mécontenter certains, c’est que l’on n’est pas transporté par une scène plus qu’une autre puisqu’elles sont toutes du même acabit.



Time lapse (qu’on pourra traduire par « décalage horaire », plus à prendre comme « faille spatio-temporelle » que « jetlag ») n’est certes pas un film parfait avec ses défauts caractéristiques des premières œuvres, mais il faut avant tout se dire que même si l’idée de base est vraiment bonne et qu’elle est assez mal exploitée par la suite, c’est peut-être la faute à la faiblesse du budget initial. On suivra donc les aventures de ces trois colocataires qui découvrent un appareil photo prenant des clichés de l’avenir sans trop de déplaisir même si ce n’est pas non plus transcendant.







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