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Après la mort de Superman, Amanda Waller décide de mettre en place une équipe secrète, la Task Force X, afin de préserver le Monde d’un possible futur fléau. Une escouade suicidaire est alors née et regroupe les plus grands criminels et psychopathes que la Terre ait connu ces dernières années.



Voilà plus d’un an que nous attendons impatiemment ce fameux "suicide squad", l’adaptation cinématographique du comic book éponyme créé en 1987 par John Ostrander et regroupant un bon nombre de personnages, et plus particulièrement des super-méchants, de l’univers DC Comics.
Plus d’un an que l’on nous matraque de trailers, de photos de tournage et autres informations diverses et variées de ce nouveau film de la Warner. Pas étonnant donc que "suicide squad" réalise le meilleur démarrage de l’Histoire pour un mois d’août avec 135 Millions de dollars de recettes pour son premier week-end d’exploitation aux Etats-Unis (il réalise par la même occasion le 19ème meilleur démarrage de tous les temps au box-office américain).

Nous nous en sommes tous bien rendus compte, les films de super-héros, qu’ils soient issus de l’Univers Marvel ou de DC Comics, ont le vent en poupe depuis pas mal d’années maintenant. Après les récents et plus ou moins réussis "deadpool", "captain america : civil war" et "batman vs superman : l’aube de la justice", c’est à présent au tour de tout un escadron suicidaire de super-méchants de débarquer sur nos écrans avant que "wonder woman", "justice league", "aquaman" ou encore "the flash" n’emboîtent prochainement le pas (tous logiquement produits, comme "suicide squad" d’ailleurs, par Zack Snyder à qui l’on doit déjà les réalisations de "watchmen : les gardiens", "man of steel" et "batman vs superman : l’aube de la justice"). Pfiouuu, ça en fait du monde à venir chez DC Comics !

C’est donc dans un contexte où la concurrence est rude en matière de super-héros que David Ayer ("au bout de la nuit", "end of watch", "fury", "sabotage"...) se lance dans l’écriture et la réalisation de "suicide squad".
Un film censé au départ être bien plus sombre, plus « adulte » dirons-nous, au vu des premières images/photos et informations balancées dans les médias mais qui finalement, au fil des mois, montrera une face beaucoup plus édulcorée, plus fun, que ce à quoi nous nous attendions. Une sorte de « coolitude » qui ne plaira pas à tout le monde au vu du contexte énoncé (nous avons tout de même ici les pires criminels de l’univers DC Comics réunis) mais qui aidera le film à se faire une place de choix auprès du Grand Public.

N’oublions pas également que "suicide squad" a rapidement été handicapé par un PG-13 qui lui valu d’être redécoupé et remonté, ce dernier ayant alors perdu beaucoup de sa superbe. D’après des sources journalistiques américaines, "suicide squad" aurait dû être bien plus « hard » et choquant que ce qu’il est devenu après charcutage (mais contrairement à un "deadpool", charcuté lui aussi au cinéma mais qui a la chance de présenter une version non-censurée sur support laser, "suicide squad" ne connaîtra normalement pas de director’s cut aux dires de David Ayer lui-même). De nombreuses scènes mettant en valeur notre couple Joker / Harley Quinn ont de ce fait été retirées du montage final tandis que certains super-méchants ont été édulcorés (un Killer Croc initialement très glouton mais finalement un brin effacé, un Captain Boomerang bien moins raciste et sexiste que prévu, un Slipknot qui ne se présente plus comme un violeur récidiviste...).

Que reste-t-il donc du montage final de "suicide squad" ? Le film mérite-t-il clairement toutes ces critiques négatives de la part de la Presse internationale ?
C’est sans avoir lu une seule critique du film que je décide de me rendre au cinéma pour découvrir "suicide squad" lors de sa troisième journée d’exploitation en France, Kinépolis Nancy ayant eu la chouette (mais trop rare) idée de le proposer en version originale sous-titrée (que je ne regrette nullement au vu de certains doublages de la bande-annonce française).



Soyons francs d’emblée, "suicide squad" n’est effectivement en rien la bombe annoncée depuis plusieurs mois sur les réseaux sociaux et dans la Presse. Certes, le film est loin d’être mauvais mais ce dernier peine à convaincre sur bon nombre de points.

Le scénario tout d’abord. Alors que le film de David Ayer semblait partir sur des bases solides (la Task Force X est en effet une brillante idée et promet de bien belles choses en perspective), ce dernier nous plongeant dès les premières minutes de film dans un univers carcéral convaincant (un pénitencier plongé dans la pénombre, des psychopathes aux pouvoirs divers enfermés dans des cellules élaborées en fonction de leur dangerosité, quelques altercations entre policiers et criminels bienvenues…), nous constatons rapidement les faiblesses d’un scénario paraissant décousu et surtout perdant très rapidement en intérêt.

Narrer l’histoire de chacun de ces criminels est une bien bonne idée en effet et semble indispensable pour à la fois en savoir plus sur leurs personnalités et profiter pleinement de la suite des évènements. Le problème est que ces histoires sont très inégales (beaucoup de questionnements demeurent sur Killer Croc, l’enchanteresse débarque comme un cheveu sur la soupe…) et semblent vouloir faire la part belle à seuls quelques criminels (DeadShot et Harley Quinn) qui deviendront les fers de lance de cette équipe de vaillants super-vilains.

Et pourtant, cet enchainement de petites histoires présentes en début de récit pour nous parler de nos psychopathes préférés s’avèrera être le meilleur moment du film. Une phase de découverte, certes non dépourvue de défauts comme mentionné ci-dessus mais qui, à la manière du premier volet de la saga du "seigneur des anneaux", attise notre curiosité, amuse également par moments (sacrée Harley Quinn!) et ne sombre jamais dans l’ennui. Tout le contraire de ce qui se déroulera dans la seconde partie du film, une fois sortis du pénitencier (autrement dit presque deux bons tiers du film…).

Car contre tout attente, "suicide squad" s’enlise petit à petit dans un scénario pompeux (des gags qui ne font pas mouche, un vilain méchant sans grand charisme, des dialogues peu intéressants, sans oublier un final peu reluisant), redondant (les séquences se ressemblent étonnamment, entre scènes de baston répétitives et enchainements de frappes semblables les unes aux autres) et parfois douteux (quelques incompréhensions, des raccourcis scénaristiques un brin trop rapides faisant perdre beaucoup d’informations au passage, des incohérences regrettables…).



Le casting est également mis à rude épreuve ici et finit par plier, et ce malgré des performances d’acteurs/actrices parfois remarquables. Nous mettre face à toute cette bande d’anti-héros est certes une bonne idée mais il est cependant désolant que certains personnages soient si mal exploités (un très timide Killer Croc, un DeadShot parfois gnian-gnian, la faute peut-être à cette volonté de tendre vers un plus large public lors de la sortie en salle…) et que nous ayons finalement l’impression d’être plus face à une belle brochette de guignols (un clown, un ninja, un braqueur bastonneur, un homme reptile… qui se balancent des vannes) que devant de grands criminels.

On retiendra bien-entendu la performance de Margot Robbie dans la peau de la déjantée Harley Quinn. Un personnage haut en couleur, drôle et vulgaire, qui porte à lui seul le film sur ses épaules, comme en témoignent les nombreuses affiches et trailers le mettant en valeur.
Accompagnée bien-entendu d’un Joker de bonne facture (Jared Leto n’a certes pas le talent d’un Heath Ledger mais vient enrichir de bien belle façon la liste des Joker au cinéma, après également Cesar Romero et Jack Nicholson), magnifiquement maquillé et toujours aussi sadique (quoique les meilleures scènes auraient été abandonnées en post-production…), Harley Quinn est clairement la révélation de ce film (à quand un film avec ce couple de criminels tant aimé des fans ?).

En ce qui concerne les effets spéciaux, ces derniers sont certes jolis dans l’ensemble (heureusement direz-vous, au vu des 175 millions de dollars mis dans ce film) mais cela ne fait malheureusement pas tout… "Jupiter : le destin de l’univers" ou autre "the avengers" en avaient déjà fait les frais quelques temps avant, de nombreuses critiques poussant les films vers le bas car ces derniers préféraient visiblement nous en mettre plein les mirettes plutôt que de peaufiner un scénario trop dense pour certains, trop simpliste pour d’autres…

La bande originale de "suicide squad" quant à elle est un vrai raté en la matière. Bordélique à souhait, sans personnalité, cette dernière accumule les hits de ces dernières années et nous balance du Skrillex, du Lil Wayne, de l’Eminem, du Queen ou encore du White Stripes, rendant parfois certaines séquences ridicules… Incompréhensible.



Après un an et demi d'attente pour ce film, voilà bien ce que l'on peut appeler une très mauvaise blague... Alors que le film commence de bien belle manière, celui-ci s'enlise rapidement dans une monotonie incompréhensible (un vilain méchant sans grand charisme, des scènes d'action répétitives, des gags qui ne font pas souvent mouche ...) sans oublier un scénario parfois hasardeux (quelques incompréhensions, des raccourcis scénaristiques un peu rapides, des incohérences dommageables) et une BO envahissante et sans personnalité. Un film qui au final s'est peut-être trop reposé sur les personnages d'Harley Quinn et du Joker pour se vendre mais qui peine à assurer le reste... A la manière du 1er "the avengers", à trop vouloir nous balancer des sfx à tout va, on en perd l'essence même du film... Déception...








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