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Jeune démarcheur téléphonique, Mason est un homme troublé qui semble trouver du plaisir uniquement dans la peinture et la musique jazz. Alors que notre jeune homme n’a comme seul ami son supérieur hiérarchique, il va faire la rencontre d’Amber au travail, une jeune fille pétillante qui va progressivement devenir sa muse. Alors que Mason semble pourtant devenir moins asocial qu’auparavant à force de côtoyer sa nouvelle collègue, ce dernier va rapidement dévoiler une partie de ses secrets les plus sombres…



Présenté dans une poignée de festivals outre-Atlantique (Montréal, Santa Barbara…), "spiral" marque la collaboration d’Adam Green avec son acteur principal dans "butcher" (ou "hatchet"), Joel David Moore, en tant que co-réalisateurs.
Avec ce film, Adam Green a alors la possibilité dès le début de sa carrière de prouver à beaucoup qu’il refuse de se cantonner uniquement à la comédie horrifique et qu’il peut ainsi tourner des films bien moins énergiques et grand-guignolesques que son film phare de début de carrière "butcher".

Car oui, méfiez-vous de la jaquette du dvd vendu sur le sol français nous présentant "spiral" comme un film sanglant (une main ensanglantée sur le recto et une main dévorée sur le verso, la mention bien mise en évidence « par le créateur de Butcher »…) car cela n’est nullement le cas. En effet, le film d’Adam Green et Joel David Moore se présente bien plus comme un film d’auteur, ce dernier pouvant être assimilé à un drame psychologique faisant la part belle à son trio de personnages centraux (dans lequel ressort un duo formé de Mason et Amber présenté ici comme le noyau dur du casting), à un rythme lent et poétique ainsi qu’à une bande son jazzy (principalement) apaisante au détriment de scènes d’action à gogo et de giclées d’hémoglobine sur l’objectif.



Assez proche de l’excellent "May" de Lucky McKee (certainement l’un des meilleurs films de genre de la première décennie du 21ème siècle, tout comme "the woman" le fut pour la seconde soit dit en passant), "spiral" nous entraîne dans le quotidien d’un jeune homme torturé, asocial et amorphe pour qui la vie s’apparente à un grand cauchemar.

Ne trouvant du plaisir que dans la peinture de portraits et dans la musique jazz, Mason va pourtant contre toute attente rencontrer l’énergique et pimpante Amber. Un brin fofolle, la jeune femme est tout l’opposé de notre timide et troublé Mason (une relation qui n’est pas sans rappeler celle qu’entretiennent Franck et Libby dans le film "super" de James Gunn : deux mondes différents que tout oppose et qui vont finalement s’entremêler) qui va alors commencer à s’extérioriser, à montrer un semblant de sociabilité.

Une romance pourtant improbable jouée par des acteurs aux interprétations justes : un Joel David Moore ("dodgeball", "butcher", "avatar", "shark 3D", "Julia x", "savages"…) remarquable dans cette peau d’homme torturé et une Amber Tamblyn ("le cercle", "the grudge 2", "127 heures"…) pétillante dans le rôle… d’Amber.

N’oublions pas également Berkeley (le responsable hiérarchique de Mason qui semble également être son seul ami), un personnage très important dans la narration du fait de son étroite relation avec Mason. Seule personne qui l’écoute, seule personne à qui Mason peut se confier, Berkeley est celui qui pousse ce jeune homme perturbé vers le haut, l’aide dans ses décisions, le secoue un peu quand il commence à perdre ses moyens et surtout semble le comprendre (oui, semble…). Un véritable moteur pour Mason qui, sans lui, aurait plongé dans un mutisme irréversible.

Comme évoqué précédemment, "spiral" centre cependant exclusivement sa narration sur son duo de personnages Mason/Amber, ce dernier jouant habilement la carte de la psychologie, le mal-être de Mason (dont les remèdes semblent la sociabilité, l’amour, la peinture et le jazz) étant au cœur des préoccupations du spectateur (et d’Amber) qui attend forcément un dérapage du protagoniste principal, dérapage qui mettra cependant un long moment à venir…



Car oui, "spiral" est un film à la narration très lente et aux dialogues nombreux. Un procédé typique de nombreux films d’auteur qui pourra rebuter plus d’une personne cherchant un minimum d’action pour rester en haleine du début à la fin de la pellicule. Lent, très lent même parfois, le film d’Adam Green et Joel David Moore est une œuvre avant tout contemplative à l’ambiance poétique enivrante (cette bande son jazzy est à elle seule un facteur essentiel à la réussite de cette atmosphère calme et reposante), aux dialogues simples et si profonds à la fois, dans laquelle l’aspect psychologique prend le dessus sur l’horreur pure et tape-à-l’œil.

Entre hallucinations/cauchemars et réalité, les spectateurs naviguent lentement dans cette intrigue mystérieuse dans laquelle les personnages évoluent avec un naturel saisissant, dévoilant tour à tour leur personnalité et découvrant petit à petit celle des autres, pour progressivement les amener à un final quelque peu attendu au tournant mais heureusement ponctué par un faux-twist sympathique.



Une fin en demi-teinte donc (beaucoup d’éléments dans la narration ont rendu ce final un brin prévisible bien que nous apprécierons cette ambiance si mystérieuse et apaisante à la fois à laquelle nous étions alors habitués et qui semble soudainement s’estomper avec un Mason radicalement changé, une musique qui déraille et fait grincer les cuivres, des scènes plus énergiques…) qui vient clôturer un long-métrage plutôt original dans son ensemble, à la narration intelligente et au casting quasi irréprochable.








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