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Adam et Clare Hitchens, un couple d’anglais ainsi que leur bébé s'installent au cœur d'une forêt irlandaise épargnée par le déboisement intensif probablement prôné par des promoteurs sans scrupule. Le mari est chargé d'étudier la zone pour un projet de recherche mais très vite, on sent que quelque chose ne va pas. Cela commence tout d’abord par le voisin d'à côté peu aimable les mettant en garde en proclamant haut et fort qu'ils profanent ce « sanctuaire » et les « Vénérables » qui y vivent. Forcément, le couple préfère rester et l’on pense alors que les locaux ont peur que les nouveaux arrivants participent à la déforestation et se servent ainsi du folklore irlandais pour les faire fuir. Mais des événements étranges vont toutefois survenir dans et aux alentours de leur grande bâtisse…



Le Sanctuaire (ou « The Hallow » dans sa version originale) nous plonge au cœur des légendes populaires irlandaises et pour le coup, nous change des films d’exorcisme et autres found footages qui actuellement pullulent et polluent nos salles de cinéma par leur médiocrité et leur manque d’inventivité. Pour son premier long-métrage qu’il a coécrit, Corin Hardy nous propose ici, un synopsis de départ pourtant pas forcément original. On se retrouve en effet avec une famille partie s’installer dans une forêt isolée et s'opposant à une population locale superstitieuse et inquiétante, mais qui, sur le long terme, semble avoir raison ! Cependant, comme tout bon fan qui se respecte, Corin Hardy nous livre un long-métrage empli de clins d’œil aux films de genre qui ont dû bercer sa jeunesse sans pour autant se limiter à un simple copier-coller mais plutôt en leur rendant hommage. Sont ainsi « honorés » pêle-mêle: "The thing", "Evil dead", "Rosemary's baby" et "La mouche", pas mal comme références, non !? Et puis il nous propose une œuvre célébrant le folklore Celtique et ses légendes ainsi que son bestiaire (les « changelings ») jusqu'à présent rarement mis en scène au cinéma, si on excepte bien évidemment son cousin ancien, cupide et méchant le « Leprechaun » (voir "Leprechaun : origins", notamment), alors ça vaut le coup d’essayer !



De plus, Le Sanctuaire propose un message écologique avec une charge certaine contre l'homme agressant, par une déforestation à outrance, la nature qui viendra se venger, ce qui n’est pas si courant que cela dans le cinéma d’horreur (exceptions faites de "Long week end" et "L’écorché", pour les chevronnés). En outre, Hardy part d'une mise en scène flegmatique et contemplative pour évoluer en une sorte de home invasion movie dynamique aux séquences fortes lors desquelles il alterne avec brio la suggestion ou bien le plan large lors de scènes aussi angoissantes les unes que les autres (celle où la famille est prise au piège dans une voiture et une autre dans un grenier avec la mère), pour conclure avec une fin bien ficelée qui n’appartient qu'au cinéaste.



Le casting, pour sa part, est relativement bon et l’on reconnaîtra pas mal d'acteurs habitués aux seconds rôles dans des séries télévisées à succès ("Game of thrones", " Luther", "Tunnel", "Sense8", pour ne citer que les plus connues). La plupart d’entre eux fait vraiment de la figuration et l’on ne retiendra exclusivement que le couple principal touchant de réalisme qui tient le film sur ses épaules. Joseph Mawle offre une belle prestation en pater familias avec tout ce que cela implique, virant parfois parano tel Jack Nicholson dans "Shining", il alterne avec brio gravité et moments plus intimes. Bojana Novakovic joue elle aussi tout en finesse en mère protectrice mais reste un peu en retrait, ce qui n'enlève rien à la justesse de son jeu.

Les plus exigeants d’entre nous pourront néanmoins sourciller devant le pitch de départ assez convenu et quelques rebondissements aux airs de déjà-vu (le sort du mari notamment) mais ceux-ci prennent tout leur sens, une fois le récit développé. Mais ce qui est fortement appréciable, c’est qu’ici, nul besoin d'attendre les sempiternelles dernières minutes du film pour espérer entrevoir ce qui menace notre famille, le réalisateur nous le dévoile assez rapidement tout en parvenant à bien le gérer jusqu'aux derniers instants du métrage. A ce sujet, louons d’ailleurs le travail sur les effets spéciaux et les costumes des monstres qui sont proprement parfaits et surtout ne semblant pas du tout numérique ! Une impression de réalisme se dégage alors et l'angoisse se fait de plus en plus présente. Mention spéciale également à la qualité de la photographie des décors et des jeux de lumières renforçant le côté sombre et inquiétant de la maison sise dans la forêt, pouvant, par moments, en faire un personnage à part entière.



Sans être révolutionnaire, ce petit film d'horreur avec son fond écolo et son décor en pleine forêt irlandaise avec ses légendes locales, nous change des éternels films de possession et autres longs-métrages tournés caméra à l’épaule estampillés « adapté d’une histoire vraie » qui inondent nos écrans ces derniers temps. Alors certes, quelques maladresses subsistent, car ce n'est après tout qu’un premier film, mais c’est bien joué, bien filmé et avec suffisamment de scènes prenantes pour se laisser tenter et se dire que l'on vient peut-être d'assister là à la naissance d'un réalisateur prometteur, respectueux de ses aînés et connaissant ses limites. On comprend alors pourquoi celui-ci a été pressenti pour revisiter très prochainement le long-métrage culte "The Crow" ! Souhaitons-lui alors autant de succès qu’à Alex Proyas !









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