RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.8
(8 votes)
Kaylie est bien décidée à enquêter sur la mort violente de ses parents survenue onze ans auparavant. Placée en foyer, la jeune fille a attendu durant de nombreuses années que son frère cadet Tim sorte de l’institut psychiatrique dans lequel il a séjourné tout ce temps, coupable d’avoir tué son père jadis. Persuadée que ce drame familial est le fruit d’un miroir diabolique que ses parents avaient acheté peu de temps avant de succomber, Kaylie va tenter de refaire vivre l’entité maléfique qui selon elle vit à l’intérieur du mystérieux objet. Son objectif ? Prouver l’innocence de son frère, percer le secret de la mort de ses parents et empêcher le miroir de nuire à nouveau.



Après avoir paradé dans quelques festivals internationaux dont Toronto et Gérardmer (dans lequel il fit d’ailleurs le film de clôture de cette surprenante 22ème édition), le film de Mike Flanagan "the mirror" (dont nous préfèrerons le titre original "oculus") s’est offert une petite sortie direct-to-dvd en France en 2015 plutôt remarquée. Fruit d’une médiatisation sur le web ma fois réussie et placée sous le signe de l’amusement (petits jeux ludiques, quizz...), "the mirror" n’a pourtant pas fait l’unanimité auprès du public comme en témoignent les divers commentaires laissés par les internautes sur le Web.

Alors que vaut réellement ce petit film à faible budget propulsé si soudainement en haut de l’affiche et à tout-va dans les banderoles publicitaires de nombreux sites de cinéma fantastique ? En ce qui me concerne, je ne passerai pas par quatre chemin pour vous donner mon verdict plus que positif à l’égard de "the mirror", une très bonne surprise qui a clôturé de bien belle façon mon festival de Gérardmer en 2015. L’occasion, un peu plus d’un an après sa sortie dvd en France, de revenir le temps d’une rapide chronique sur ce phénomène certes éphémère mais mémorable pour ma part.



Alors certes, nous partons d’un postulat de départ assez classique : une histoire d’objet maléfique (ici un miroir, qui n’est pas sans rappeler un certain "into the mirror" ou encore son pseudo remake "mirrors") qui va donner lieu à de nombreuses apparitions survenant lors d’expériences menées dans une grande maison vidée de ses occupants... Rien de bien nouveau ici et pourtant ce long-métrage vient apporter une réelle fraîcheur alors que le public semble ces derniers temps submergé par des vagues de films paranormaux certes parfois intéressants pour ne pas dire réussis ("sinister", "conjuring : les dossiers warren", "insidious"...) mais malheureusement très souvent aussi râtés ("paranormal activity" et "ouija" en tête).

L’histoire, pour commencer, est bien plus travaillée qu’elle n’y paraissait sur le papier en lisant le résumé du film. Deux histoires, deux intrigues, deux époques : nous suivons les mésaventures de Tim et Kaylie tantôt dans le présent (tentative de détruire le miroir et l’empêcher de nuire à nouveau) tantôt onze années plus tôt (la descente aux enfers de toute une famille qui va se finir en massacre sanglant). Deux histoires qui s’entremêlent avec habileté, même s’il faut bien avouer que certains passages très brefs seront quelques peu destabilisants de par leur complexité narrative.

Après avoir pris son temps pour poser le décor et instaurer une ambiance, Mike Flanagan réussit le pari de nous plonger ensuite dans sa double-intrigue avec un rythme des plus haletants, alternant entre séquences du passé et séquences du présent avec beaucoup de réussite. Mieux encore, "the mirror" évite de tomber dans la facilité scénaristique consistant à nous abreuver de jumpscares en veux-tu en voilà ou encore à nous plonger systématiquement dans la pénombre ou l’obscurité pour soit disant mieux nous faire frissonner.
Ici, sans pour autant nous offrir de grandes frayeurs, Mike Flanagan et son équipe parviennent à installer une ambiance angoissante, allant crescendo dans l’horreur, le tout sans grand artifice. Une petite pièce mystérieuse faisant office de bureau dans laquelle trône cet inquiétant miroir, des parents basculant dans la folie pure et des spectres effrayants (certes peu présents à l’écran mais aux apparitions réussies) suffisent à maintenir une tension palpable tout au long du récit.



Une atmosphère pesante centralisée sur le fameux miroir, fruit de nos interrogations mais également de nos frissons. Souvent perçu comme une porte entre les deux Mondes pour une âme, le miroir reflète également dans le film de Mike Flanagan les peurs et les angoisses des protagonistes qui seront alors confrontés à leurs vieux démons (pour exemple cette cicatrice, témoignage d’une césarienne que semble vouloir oublier la mère de Tim et Kaylie, se rouvre soudainement devant le miroir). Par ailleurs, cet ennemi implacable s’avère également très sournois et est capable de donner à ses proies des images déformées de la réalité, si bien que Tim et sa soeur devront lutter pour savoir si ce qui les entoure est réel ou fictif, tout en essayant de sortir de ce piège que le miroir leur a tendu (les ondes électromagnétiques sont brouillés, les appels téléphoniques interceptés : nos malheureux héros se retrouvent piégés dans cette grande bâtisse).

Le casting contribue beaucoup également à la réussite de ce petit film. Car même si notre jeune Kaylie s’avère un brin trop intelligente du haut de ses 23 ans pour élaborer un dispositif tel que celui conçu pour piéger le miroir (appareillages et langages de médium sont de la partie dans une séquence quelque peu exagérée venant le temps d’un moment décrédibiliser cette partie féminine du casting), il faut bien avouer que le restant du casting est à la hauteur de nos attentes. D’un côté une mère qui sombre dans une folie et une paranoïa meurtrières (tel un chien enragé, cette dernière finira enchaînée au pied d’un lit) et de l’autre un père qui va progressivement devenir autoritaire, violent et sans pitié pour sa famille (ce qui n’est pas sans rappeler un certain "amityville"), le tout sous la surveillance et surtout le contrôle de ce miroir démoniaque qui s’accapare des esprits des vivants pour jouer avec eux et commettre des actes barbares et sanguinaires.



Sans jumpscares à gogo, sans nous plonger durant 1h30 dans le noir ou l’obscurité ou encore sans grosse effusion de sang, Mike Flanagan réussit le pari de nous plonger dans une histoire paranormale des plus convaincantes et ce avec un budget assez restreint.
Jouant habilement entre deux intrigues dont les époques s’entremêlent tout au long du récit, "the mirror" parviendra à vous surprendre ne serait-ce que pour la qualité et l’originalité de sa narration, les prestations des acteurs et actrices du film ou encore cette ambiance pesante et mystérieuse à la fois qui règne du début à la fin.
Un film à voir sans hésitation !








Du même réalisateur :

GERALD'S GAME
OUIJA LES ORIGINES