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Réduite à une mince tribu de primitifs vivant dans des grottes, l’Humanité a bien changé. Prisonniers d’un chef qui abuse de ses pouvoirs soi-disant divins, une petite bande d’adolescents vont s’échapper de leur tribu et faire la connaissance de deux immortels. Entre sexe, drogues et découverte de ce que fut la vie jadis, nos adolescents fortement influençables vont se rendre compte que cette nouvelle vie en compagnie de ces deux personnes ayant connu l’Humanité telle que nous la connaissons a un prix. Les deux immortels comptent bien en effet contaminer leurs convives par le virus dont ils sont porteurs ! Un piège qui s’est refermé sur nos jeunes ados qui vont devenir des sujets d’expérimentation pour nos deux mutants…



Tout comme l’argentin Gaspar Noé, Larry Clark est l’un de ces enfants terribles du cinéma que les médias attendent au tournant à la moindre scène choc. Auteur de "kids" en 1995, film mettant en scène un monde adolescent en proie à la violence, aux drogues et au sexe, notre réalisateur américain nous balançait ensuite d’autre films interdits au jeune public tels que "another day in Paradise" en 1998, "bully" en 2001 ou encore le très controversé "ken park" en 2002 dans lequel sexe et débauche semblaient être les maîtres mots de ce film ayant fait scandale dans de nombreux pays où il est passé.

C’est d’ailleurs cette même année que Larry Clark nous pond contre toute attente un film de science-fiction intitulé "teenage caveman" (entendons par là « les hommes des cavernes adolescents »), produit entre autres par Stan Winston. Film post-apocalyptique, ce dernier ne ressemble cependant en rien à des "Mad Max", "waterworld", "the day" ou encore "le livre d’Eli" ! Larry Clark oblige, nous retrouvons de nouveau ici des thématiques chères à notre réalisateur (drogues, alcool, luxure, dérive du monde adolescent) mais, à l’inverse des films précédemment cités, sans grand artifice : peu d’action, des effets spéciaux présents mais se comptant sur les doigts d’une seule main et des décors minimalistes (la majeure partie du film se passe dans une bâtisse).



Remarque intéressante, nous sommes face ici à une production Creature Features. Cela ne vous dit peut-être rien mais les quelques films estampillés « Creature Features » sont en réalité des long-métrages inspirés de films plus anciens, des faux remakes dont ils reprennent l’idée de départ et le titre pour ensuite reconstruire une nouvelle histoire. Ici, nous avons donc une œuvre qui s’inspire de "teenage caveman" de Roger Corman datant de 1958, un film narrant les aventures d’êtres primitifs qui vont décider de quitter leur territoire et entrer en terres inconnues et hostiles pour trouver de la nourriture.
Vous aurez aisément compris que cette version de 2002 n’a plus grand-chose à voir avec son prédécesseur (éléments spatio-temporels changés, danger différent..) si ce n’est ce fil conducteur, cette idée de départ, axé sur des jeunes en quête de plus de liberté, de renouveau dans leur vie, et qui vont de ce fait quitter les leurs pour voir comment est la vie ailleurs.

Film peu connu par chez nous, ce "teenage caveman" de Larry Clark suscitait en moi beaucoup de curiosité, préférant bien souvent de nos jours faire confiance à des festivals ou à des sorties direct-to-video discrètes plutôt qu’à des salles obscures de cinéma pour découvrir de bons petits films (sortir des sentiers battus, sans pour autant dégueuler sur toutes ces vagues de blockbusters qui submergent le cinéma actuel, nous permet souvent de revenir au final avec de bien meilleurs souvenirs).

Alors certes, ne nous voilons pas la face, nous sommes ici en présence d’un film assez kitch. Décors risibles (ça sent bon le manque de budget par ici !), effets spéciaux tantôt réussis (les visages des mutants sont bien réalisés) tantôt cheap (une explosion de corps certes jouissive mais aux trucages approximatifs par exemple), personnages un peu fous-fous, raccourcis scénaristiques parfois un brin trop rapides… "Teenage caveman" est parsemé de petits défauts qui pour autant n’en font pas un mauvais film comme nous pouvons souvent le lire sur la toile dans les rares avis postés sur Internet sur ce film passé quasi inaperçu dans l’Hexagone (cela reste cependant mon opinion, libre à chacun de penser ce qu’il veut de ce film de Larry Clark boudé par le public).



Car même si le principal défaut de "teenage caveman" réside selon moi dans son casting (un jeu d’acteur fort médiocre, des réactions parfois peu crédibles, une héroïne qui court tel un pantin désarticulé…) qui ne vaut que pour les prestations de Richard Hillman dans la peau de Neil (l’un des deux mutants immortels, mystérieux et loufoque à la fois mais pouvant s’avérer sans pitié quand la jalousie l’emporte) et Stephen Jasso qui interprète le personnage de Vincent (un jeune garçon fortement influençable, à la recherche de repères et agissant bien souvent sur des coups de tête), le film de Larry Clark parvient toutefois à nous tenir en haleine jusqu’à la fin grâce à un rythme plutôt soutenu (les rebondissements et revirements de situations sont bien présents), un couple de mutants suscitant de la curiosité et une critique de la société contemporaine bienvenue (bien que prévisible étant donné l’identité du réalisateur) et fort présente tout au long de notre film.

Et c’est notamment sur ce dernier point que ce "teenage caveman" a retenu mon attention. Ayant vu les films majeurs de la filmographie de notre réalisateur américain, force est de constater que cette vision de l’adolescence crédule, fragile et influençable (véritable marque de fabrique de Larry Clark) est encore bien présente mais vient cette fois-ci se greffer à un contexte post-apocalyptique atypique pour ce genre de film (une façon originale de faire passer ce type de message).



Au final, ce "teenage caveman" ne parvient peut-être pas à cacher suffisamment ses défauts rendant le film quelque peu kitch mais réussit toutefois à nous faire passer un bon petit moment devant cette image de la jeunesse en pleine dépravation comme nous l’a déjà souvent montrée Larry Clark par le passé (et à laquelle il greffe cette fois-ci une critique du milieu scientifique, histoire de coller un peu au cinéma fantastique auquel il semble ici vouloir apporter sa petite contribution). Pas un grand film de science-fiction c’est certain mais pas non plus un film à bouder comme beaucoup semblent malheureusement l’avoir fait…








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